Share |

Souvenirs

La Goulette est dans un état fébrile... Les jeunes s'agitent entre le Café Vert, le chalet et le Casino... Que se passe-t-il? Comment, vous ne savez pas? Henri Tibi chante ce soir au Lido...

Mon père était musulman intégral et surtout pas intégriste. Il tenait une modeste librairie arabe à la Kutubia. Il m’avait un jour, quand j’avais l’âge de l’école primaire, acheté des lunettes de vue. Je m’en souviens comme si c’était maintenant. Juste en face de la Porte de France, un certain Lumbroso, opticien de son métier, juif de son obédience, tunisien de sa souche nationale.

Le Takrouri de mon temps années 30-40-50 et plus, était en vente libre dans tous les bureaux de Tabac en Tunisie en petit paquets de 2cm sur 3cm environ, a l'état naturel, trop gros pour etre fumé directement du paquet, il fallait pour cela le hacher plus petit que le tabac des cigarettes.

Bâtisseur prolifique et homme d'affaires avisé, Olivier Clément Cacoub, décédé le 27 avril à Paris à l'âge de 88 ans, aura marqué de son empreinte l'Afrique des palais présidentiels et des grands bâtiments publics, dont il fut longtemps l'un des réalisateurs favoris. 

 

Il était une fois, dans un petit village,

Un père de dix enfants, pauvre et sage.

Pour subvenir aux besoins de sa famille,

Tous les matins, même sous un ciel gris,

Il courait toujours, dans le vent et sous la pluie.

Dans une pièce sombre, faiblement éclairée par un puits de lumière, des hommes, assis à même le sol, fondent de l'argent et le versent dans des moules en argile. Sur sa carte de visite bariolée, Douini Barzouk, patron de la boutique, indique "fabrication de bijoux" et "anciens objets d'art".

Etre un enfant qui a grandi pas loin de la mer c'est comme un marin qui a passé toute sa vie à naviguer sur les flots. Les flots ont cette musique douce et rugissante, une symphonie que seul les 'plagistes' savent reconnaître. Ma plage était belle autrefois. Plus maintenant.

DISCOURS PRONONCE LE 11 DECEMBRE 2011 A L’OCCASION DE LA CEREMONIE ORGANISEE PAR LA SOCIETE D’HISTOIRE DES JUIFS DE TUNISIE AU MEMORIAL DE LA SHOAH A LA MEMOIRE DES JUIFS DE TUNISIE VICTIMES DES NAZIS.

"J’ai assisté ce 7 décembre à la 69eme commémoration des victimes juives sous l’occupation allemande de la Tunisie qui s'est tenue à "Yad Vashem" . Durant cette émouvante cérémonie, furent entendus de nombreux témoignages de rescapés de cette période tragique qu’a connue le Judaïsme tunisien. 

Du coté de la PICCOLA SICILIA, les italiens et les maltais adorateurs de la bière et du vin, de la bonne chaire fraiche du poisson en tout genre sentaient la bonne marée de notre pays de cocagne. Ils avaient le monopole du poisson sur les quais de la Goulette. 

Le 20 novembre 1949, deux avions « Dakota » d’une compagnie hollandaise décollent de l’aéroport de Tunis, à leur bord, des enfants juifs entre 10 et 15 ans et leurs accompagnatrices dont la destination prévue est la Norvège. La communauté juive et l’Agence juive se sont entendues avec les autorités norvégiennes pour accueillir, pour quelques mois, ces enfants de santé fragile dans des sanatoriums se refaire une santé en vue de leur alya.

Les relations mère/enfants, père/fils ont été souvent marquées par des conflits. Des conflits qui reposent pour la plupart du temps sur des quiproquos, des incompréhensions, des malentendus, des mots blessants, des remarques insupportables à un age ou une maman se doit d’être sage et compréhensible.

Un ami m'a demandé d'un gentil ton:

Pourquoi écrire sur le saumon,

Alors qu'en Tunisie on a le thon?

Il y a deux marches dont je garde un souvenir impérissable, les deux marches du TAKKET’S. Une courte et une autre plus grande, la première en montant aux extrémités arrondies. Elles n’avaient rien de spéciales ces deux marches mais à force de s’asseoir dessus, nos pantalons et shorts ont fini par les user à tel point que les nez prenaient la forme de lames de rasoir. 

Naceur, le photographe se projetait à haute voix son cinéma, Nourredine le silencieux, plein de son accent des misérables pentes de la Croix-Rousse et enfin, ceux plus âgés jouant aux cartes ou se prêtant à rêver d’un soleil imaginaire.

Commencée sous les Beys en 1860 avec Haï - Abraham Chemla, l'histoire se poursuit avec le protectorat en 1881 quand Jacob Chemla fonde la poterie El Qallaline puis, aidé des ses fils (Victor, Albert et Mouche) celle des " fils de J. Chemla " ; de 1938 à 1954 Victor (ou Haï) et Mouche (ou encore Moshe), travaillent ensemble à la poterie située sur la route du Bardo. 

Les hirondelles n’ont point attendu ce mois pour s’installer dans leur précédente demeure.  Les bougainvilliers avaient déjà prévu d’étoffer leurs habits verts dans les jardins privés bien avant ce mois et l’air sans rater son rendez vous s’est paré d’autres senteurs. Tout ce qui était caché sous le sol, sous le sable se retrouve à la fête bien loin de l’humidité de la saison froide et pluvieuse. 

OULED EL BAYOUT, les enfants du Pyout, étaient une chorale d'enfants du Ghetto de Tunis, créée (je crois) et dirigée, par le musicien mythique Asher Mizrah'i. Je les ai connus durant les années 1940 et 1950, je ne crois pas qu'ils aient survécu le grand exode des années 1960.

Nous sommes au mois de juin 1955. La Tunisie vit une profonde mutation avec le passage vers l'Indépendance qui se profile à l'horizon après l'interminable et oppressante nuit coloniale.

‘…Yah’qiou fél bled él tmar, ‘ on raconte dans la ville des dattes Deglaoued’ qu’un pauvre paysan avait une tortue, fakroun, du sobriquet de Allila.
Il était fier de sa compagnon qu’il avait élevée depuis de nombreuses années.

Je m’en souviens encore.
De sa charrette ( qorita) à bras pour les mieux lotis ou de la brouette ( bariuta) pour les vendeurs d’occasion. Des vendeurs ambulants au même faciès, presque toujours les même qui changeaient de métier au grès des saisons.

En ce temps-là tout le monde circulait à pied dans Tunis, rares étaient ceux qui avaient des voitures. Certains qui avaient des courses importantes à faire ou devaient se rendre à des places éloignées circulait en tram ou en carrosse. J'avais des cousins à Bab El Khadra, d'autres dans l'avenue de Madrid.

Notre appartement avait une grande terrasse, avec une magnifique vue sur les remparts de la ville arabe de Sfax. On pouvait apercevoir au bas de l’immeuble coté terrasse un magnifique boulevard bordé de palmiers tout le long des trottoirs.

Quelque soit le témoignage, si infime que l’on puisse apporter au sujet de la manifestation religieuse chrétienne qui se déroulait, tous les 15 août, jour de l’Assomption à la Goulette, cette dernière reste gravèe dans les mémoires de tous les goulettois et autres survivants de cette époque toutes confessions confondues.