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A Tunis, le Lycée Carnot: on était les Rois du Monde! par Andre Mamou

 

A Tunis, le Lycée Carnot: on était les Rois du Monde!

 

 

 

Nous habitions rue de Rome dans un bel immeuble construit par la compagnie d'assurances Trieste et Venise. À 50 mètres, sur la place, il y avait une Église Orthodoxe qui ravissait mon père par son architecture élégante et par la précision de ses sonneries. Il appréciait surtout la sonnerie des moins le quart qui avait un son plus grêle et il ne l'avait jamais prise en défaut bien qu'il en surveillât l'exactitude avec un gros réveil matin et une montre gousset de grande marque.

J'y arrivais trois ou quatre minutes après être sorti et j'attendais qu'arrivent les élèves normaux, ceux qui n'habitaient  pas si près du Lycée et dont les pères n'étaient pas des maniaques de l'heure. Sept heures moins le quart, il réveillait tout le monde et bousculait tout pour que je sois prêt à  aller dès 7 heures 20 au Lycée  Carnot qui était à cent mètres et dont le premier cours était à huit heures.

Musulmans, chrétiens, juifs  les élèves et "Français de France " les professeurs. Le Lycée : cours, leçons, interrogations écrites, travail à la maison, retenues, quatre heure de colle samedi après midi et carnet scolaire redouté. Tous les élèves de la classe étaient des copains de jeux : foot avec une petite balle de tennis , noyaux d'abricot farcis de plomb, courses, batailles , billes en terre et agates  de verre..,basket, volley, baseball et toutes les parties se poursuivaient dans les rues après les classes.

A 10 heures, il y avait la récréation. On pouvait sortir par la porte de l'avenue de Paris, juste en face du magasin de maroquinerie "Lilette".Le Lycée : de grands bâtiments blancs avec une architecture hésitant entre le mauresque et le Bauhaus , de grandes cours fleuries et partout les copains, les rires et la joie de vivre au soleil  ou sous la pluie, la joie de vivre tout simplement.

C'est cela mon Lycée Carnot, c'était un endroit magique avec tous les jeux possibles, on y travaillait bien , on réussissait et on était les rois du Monde !

Tout a changé : les Français sont partis , un libérateur, un despote, des islamistes se sont succédés et le Lycée a changé de nom : c'est le Lycée Bourguiba mais il est trop grand pour l'usage qu'on en fait et il allait disparaître .Nous sommes tous passés par le Lycée, nous les "Tunes" et les souvenirs d'un pays fraternel ," les feux mal éteints" de notre jeunesse sont toujours  très près de nous, pas enfouis du tout , en nous.

Salut mes Maîtres, salut mes copains du Lycée de tous les bords et salut au petit garçon que j'étais, vexé d'arriver le premier devant la porte du Lycée.Mais non , mais non, l' Ambassade de France va y installer ses services culturels dans l'aile droite et le Lycée est sauvé.

Par André Mamou

A Tunis, le Lycée Carnot: on était les Rois du Monde!

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Tout simplement : E-MOU-VANT !!!!!!!! Bravo, André......hamadi khammar

des générations entières sont passées par le lycée carnot . Ce lycée prestigieux qui a donné l'essentiel de l'elite tunisienne répartie aujourd'hui à travers le monde . L'association des anciens de carnot créée depuis les années 1970 a gardé le nom de carnot , malgré l'insistance du ministre de l'education de cette période de changer le nom . Elle a même comme président d'honneur , dès sa creation, le président habib bourguiba. Cette association continue ses activités à ce jour et a même une antenne à PARIS .
CARNOT vivra toujours par ses anciens qui seront toujours là pour raconter ses mémoires aux nouvelles générations et tisser des relations entre eux à travers le monde
Salem KILANI
1950-1957

Je pense que pour la plupart nous avons surtout la nostalgie de la vie que nous avons connue dans notre jeunesse et c'est vrai qu'elle était belle notre vie d'alors. Mais aimer Tunis, c'est aimer aussi le Tunis d'aujourd'hui, qui a conservé tout son charme. Certes Tunis de 2016 n'est pas Tunis des années 50, mais les tunisiens, demeurent des êtres exceptionnels qui se caractérisent par leur gentillesse, leur caractère chaleureux, leur esprit famille. Si nous aimons vraiment la Tunisie, arrêtons de nous lamenter sur notre passé, allons à Tunis, au moins une fois par an, en toute saison, respirer son air, ses parfums, ses odeurs, nous baigner dans sa lumière, nous laisser éblouir par sa beauté, écouter son bruit, circuler dans ses embouteillages, voir les plus belles filles au monde, allons nous promener le long de toutes ces rues ; au lieu de les rêver, vivons les, et puis, Tunis nous a tout donné sans jamais rien nous demander, aujourd'hui Tunis a besoin de nous ne l'abandonnons pas !

Miracle à la sortie vers midi, le garçon de café avait terminé la mise place de la terrasse du restaurant et descendait le store pour qu'elle soit à l'ombre. Au dernier étage une nounou qui portait un bébé et l'agitait pour qu'il arrête de pleurer, le lâche des mains ils tombent...
Grand silence, les italiens font le signe de croix, tous regardent en direction du garçon et le bébé tombe dans la tente qui se referme avec le poids. Un jeune monte sur une table et récupère le bébé qui éblouis recommence à pleurer de plus belle.

Mes oncles ont eux leurs bac au lycée Carnot avant l indépendance
Ils étaient 3 et depuis 1964 nous sommes à 3 mn du lycée
Toujours musulmans de Tunisie respectueuse des autres religions

M. Mamou dit une vérité que beaucoup veulent ignorer:... l'arrivée d'un libérateur despote a tout changé dans cet établissement et ailleurs. J'étais dans cet établissement du Petit Lycée jusqu'au Grand. Je fus le plus jeune bachelier à 16 ans et demi. Il y avait toutes les confessions y compris des musulmans qui n'étaient pas du tout cantonnés à quelques classes comme il est écrit. Il n'y avait aucune différenciation de confession. Les élèves et leurs parents de toute confession se connaissaient et se respectaient. Le Tunis de cette époque était unique...
La première fois de ma vie où je fus outré par la différenciation ce fut à Paris où j'avais continué mes études quand bien même la présence de mon oncle et de quelques cousins.
L'époque du Lycée Carnot de Tunis, de la Goulette, de la Marsa, de Korbous et d'Enfidaville restera mon jardin secret à jamais!

le plus jeune bachelier de quelle année ? parce que moi aussi :) et tout ça est très vrai... cette atmosphère est enfouie à jamais en nous !

Y'avait quand même très peu de Musulmans. J'ai fréquenté tous les collèges et lycée de Tun, même chose, des chrétiens, des juifs, trois ou quatre musulmans par classe. Ils étaient concentrés dans les sections dites tunisiennes où on ne trouvait qu'eux. Dommage, on aurait appris l'arabe et on aurait pu espionner Daech. Le Lycée, minghia comme il est devenu beau! Jdid neuf, institut français, on voit que lui. Je reviens de Tunis, qu'est ce que ça a changé! C'est devenu un pays... comment dire...un pays... je trouve pas le mot... un pays... voilà, un pays arabe. Deux heures assis à une terrasse sur l'Avenue, les gens passent et repassent, pas un visage qui le soit pas. Zob, ça fait une drôle d'impression. Alors qu'à Paris y'a de tout. Paris d'aujourd'hui c'est notre Tunis. Ne le dites pas à Marine, ça va encore la fâcher. André, on se voit quand?

Très touché par ton évocation d'un temps malheureusement révolu.J'ai 70 ans et ai quitté ce merveilleux lycée en 1965.J'habitais au colisée ou mon Père était régisseur.
Les profs,dont parfois nous nous moquions parce qu'ils étaient Français...étaient super.Il y en avait qui étaient là depuis longtemps et d'autres parfois dans le cadre de la coopération.Je ne pourrai jamais oublier la Tunisie et ce lycée,mes amis chrétiens,juifs et musulmans.J'amais le moindre souci d'aucune sorte,parfaite harmonie des cultures.
J'ai parlé de temps révolu quand on voit ce qui se passe de nos jours.
Ce lycée Carnot a engendré des gars super bien,comme tu es et comme je suis,ne soyons pas avares de compliments.
PS.J'ai bien connu Mamou Jean Luc,peut etre que toi aussi.
A+ MON AMI

C'est très beau ce que tu as écrit sur ce beau souvenir d'enfance et du Lycée Carnot à Tunis. Ma mère me parlait beaucoup de la rue de Rome et de son père qui allait un peu partout prier même à l'église à côté. C'est vrai, j'aurais bien aimé connaître cet homme, je l'ai aperçu une fois à Marseille et après Laura et moi nous sommes parties à la porte Pouchet voir Mémé pour sa veillée funèbre. Ma mère l'adorait il lui a appris à lire le journal, il s’intéressait à tout et il avait une très grand mémoire. Un grand autodidacte, je crois que sa mort fut pour ma mère l'écroulement de toutes ses attaches familiales. Bisous et merci pour cette jolie photo, c'est bien de se rappeler des jolies choses de sa vie. Ma mère, elle nous en parlait jamais, juste un peu vers le dernier mois de sa vie. Maintenant, si elle voit le monde et les quatre années que l'on passe depuis qu'il y a Hollande au pouvoir, elle ne demanderait pas à revenir. Il y a trop de misère et de cruauté Hélas. Mon frère Philippe est à Jérusalem avec sa femme et sa fille aînée Noëmie jusqu'à dimanche. Il est en plein intifada, sa fille va faire son aliah et il n'est pas content du tout. Pauvre philippe, j'espère qu'il reviendra vite sain et sauf.
Bisous, mon livre n'a pas été encore édité et je patiente avec un autre "New-York, 5ème Avenue". Je n'ai pas trop les moyens financiers pour les imprimer et les envoyer alors je les envoie au fur et à mesure dans les petites maisons d'édition de France. Le moral, toujours timide et nerveuse et je pense beaucoup alors je m'échappe de la maison.
Ta nièce Isabelle Labé chana tova une bonne santé à toi et Fabienne.

Je suis une femme,à l'époque le lycéeCarnot était réservé aux garçons;mais je suis allée au lycée Armand Fallières puis lycée de Jeunes Filles jusqu'aubombardement de I943 qui a détruit une aile du lycée et qui nous a mises en vacances jusqu'au mois d'octobre suivant.

J'allais au lycée Carnot tous les jours chercher mes enfants au petit lycée.C'était le rendez vous de toues les mamans et les grands mères devant la porte de l'Avenue de Paris où on faisait la causette en attendant la sortie.Il y avait une belle ambiance détendue dans les années 1956-1966,puis les enfants passaient au grand lycée et on les attendait de moins en moins parce que ils rentraient seuls,ou bien on les emmenait prendre le gouter qu'on leur avait apporté au petit jardin en face de l'hotel Majestic. Quels souvenirs heureux!

Madame AndréD

Ancien élève du Lycée Carnot de Tunis, je me souviendrai toujours du dernier
cours avant les grandes vacances scolaires qui duraient du 12 juin, au 1er
Octobre.
Nous étions en classe de 5e ou de 4e je ne me souviens plus.Ce dernier cours
était un cours de sciences naturelles. Nous étions en 45 ou en 1946.
Au moment où la cloche a sonné, un élève se lève et va en direction du professeur Monsieur Borde pour lui murmurer des propos inaudibles.
Monsieur Borde, prend l’élève par les épaules,et se tourne vers nous pour
nous dire: Votre petit camarade nous quitte,il rentre en France puisque la
guerre est finie....
Je lui ai dit qu'il n'avait rien à craindre,que les élèves du Lycée Carnot
étaient au même niveau que ceux des meilleurs lycées de France...
Que je lui souhaitais qu'il poursuive ses études, que tous mes vœux de réussites l'accompagnait.
Monsieur Borde ne se trompait pas, exilés en France, nous étions au moins égaux aux meilleurs.
Georges Bismuth

Je connais très bien cet immeuble,il fait angle avec la rue des tanneurs.Un immeuble du type haussmanien,il se prolonge jusqu'à l'ectuelle place de la monnaie.Sur le devant de la porte d'entrée une
plaque noire en marbre me semble t'il. Une inscription gravée:Propriété de la compagnie d'assurance Trieste et Venise.
Au bas de l'immeuble une Pharmacie autrefois Bouachour.J'ai la photographie de cet immeuble et de la plaque de propriété.Je suis un ancien élève du lycée Carnot.Ce lycée, j'y ai usé mes fonds de culotte
La plus part des professeurs à mon époque étaient des anciens combattant 14/18.J'ai chanté Maréchal nous voilà.Je n'oublierai jamais
l'instituteur que j'ai eu en 7e en 1942 Monsieur Brouet qui portait
fièrement son beret sur lequel on pouvait lire Service d'Ordre de la
Légion S.O.L mouvement petainiste.Le portrait de Petain dans la salle de classe..ses discours encadrés
Georges Bismuth

Bonjour

Moi aussi j'habitais 20 Rue de Rome au 3éme étage en face d'un couple d'origine italienne Mr Roger au 1er étage il y'avait une famille française et au 2 éme une autre famille française nous avons enmmenagés en 1969
une parfaite cohabitation à l'époque BOURGUIBA était en bonne santé et la TUNISIE AUSSI
ya hasra

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