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Tradition typiquement juive tunisienne Keimane El-Sfarim Ou La Levée des Sefarim, par Dr. Victor Hayoun

Tradition typiquement juive tunisienne

 

"Keimane El-Sfarim"Ou "La Levée des Séfarim"

Dr. Victor Hayoun

 

En Tunisie, comme ailleurs, les Sifré-Tora étaient sortis pour la fête de Simh'at-Tora. Les fidèles les prenaient dans leurs bras et dansaient dans la synagogue, en chantant des chansons liturgiques ("Pyoutim"). Cependant, en Tunisie il y avait une tradition particulière et, contrairement aux autres communautés, à l'issue de la fête, les Séfarim n'étaient pas remis à leur place dans le Tabernacle ("Eikhal"), mais étaient disposés sur des bancs ou des tables que l'on adossait au Eikhal, et recouverts de belles tentures, des rideaux et des foulards de toutes les couleurs. Ils restaient là pendant une dizaine de jours.

Durant cette période pendant laquelle les Séfarim étaient à l'extérieur de l'Eikhal, lorsqu'il fallait prendre un Séfèr-Tora pour en lire les versets de la semaine, les fidèles retiraient les rideaux et foulards qui les recouvraient et emmenaient le Séfèr-Tora jusqu'au pupitre du ministre officiant (la "Téva"). A la fin de la lecture de la Tora, ils le remettaient sur le banc, toujours à l'extérieur de l'Eikhal. C'était surtout sensible le Chabbat quand les synagogues étaient pleines.

La première raisonde cette cérémonie de "La levée des Séfarim" est d'apporter de la joie dans la communauté. Cela pourrait se trouver en rapport avec la date à laquelle les Séfarim étaient rentrés dans l'Eikhal car la coutume voulait que les Séfarim soient remis à l'intérieur de l'Eikhal quelques jours après Roch-H'odèch H'èchvane (début du mois hébraïque deH'èchvane). Or, le mois de H'èchvane qui suit immédiatement celui deTichréi, est un mois dans lequel il n'y a aucune festivité et c'est la raison pour laquelle il est aussi nommé "Mar-H'èchvane" c.à.d. "H'èchvane le mois amère". Mais pour le juif tunisien festif, c'est une occasion de rentrer un peu d'allégresse et de douceur dans ce mois qui est nommé "amère".

La seconde raisonest que cette cérémonie est une occasion qui permet aux mères de famille d'assister à une festivité avec les Sifré-Tora. Car, dans le passé, dans la diaspora, elles restaient à la maison pour préparer le repas de Simh'at-Tora et ne pouvait pas assister aux Hakafot à la synagogue. Ainsi, bien que nous ne faisons pas de Hakafot lors de la "Levée des Séfarim", cette cérémonie, ses chants, ses Pyoutim et ses danses avec les Séfarim, est pour les femmes, une compensation à leur absence le jour de Simh'at-Tora. 

Certains prétendent qu'il existe une troisième raisonqui serait financière mais aussi la moins importante des trois. Il est de coutume, dans presque toutes les synagogues de Tunisie, d'inviter tous les fidèles et les petits enfants à lire la Tora, et pour cela on ne vendait pas de Mitzvot aux enchères le jour de Simh'at-Tora. Ainsi, lors de la "Levée des Séfarim", les dons des fidèles viennent compenser l'absence de revenus de Simh'at-Tora.

Dans sa brochure calendrier de 5771 (2010-2011), le Mohel Gaston Sayada rappelle cette coutume et ajoute que : "Dans son livre Ich Matsliah' (tome I, Yoré Dé'a page 40a), Rebbi Matsliah' Mazouz s'est interrogé sur la validité de cette coutume et en a conclu qu'elle ne pouvait être que licite, compte tenu de son ancienneté qui remonte aux Grands Géonim de Tunis." 

 

 

La Synagogue Keter Tora de Natanya

organise une soirée de "Kèimane El-Sfarim",

avec des Paytanim et un orchestre.

 

Cette cérémonie aura lieu, avec l'aide de D…,

Lundi    17 novembre 2014    à   19:00 h.

à la synagogue Keter Tora,

6 rue Gad Makhness à Natanya.

 

Entrée libre.

Venez nombreux.

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