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Quand deux jeunes filles lancent le premier festival israélo-palestinien à Paris

Quand deux jeunes filles lancent le premier festival israélo-palestinien à Paris

 

Par Emmanuel Chirache

 

 

Kenza Aloui et Inès Weill-Rochant sont-elles inconscientes, ultra optimistes ou juste des jeunes filles qui refusent de perdre leurs illusions ? En plein regain de tension entre Israël et la Palestine sur la bande de Gaza en 2014 (un peu avant pour être précis), ces deux anciennes camarades de Sciences Po ont créé le premier festival Pèlerinage en décalage, qui invite des artistes des deux pays. L'initiative est unique en France et la première se déroule finalement sans heurts à la Bellevilloise. « Pour une première édition, on a reçu 1114 personnes, raconte Inès, on ne s’y attendait vraiment pas, ça fait 500-600 par jour ! Des soirées très remplies, le forum était blindé et surtout il n’y a pas eu de violences, pas même de débat houleux alors qu’on s’attendait à ça. » Et Kenza d'ajouter : « Nous sommes totalement indépendants des institutions gouvernementales et financés via le crowdfunding, donc les artistes ont tout de suite adhéré au projet ! »  

En 2015, les deux amies remettent le couvert et enfoncent le clou : trente artistes bénévoles israéliens et palestiniens sont réunis autour de huit disciplines : poésie, cinéma, musique, slam, danse, mode, photographie et sculpture. A force de documentaires, de concerts survoltés, d'expos frappantes, de performances étonnantes et de rencontres éclectiques, Pèlerinage en décalage a réussi la prouesse de convaincre jusqu'à ses détracteurs les plus sceptiques, dont la curiosité est immanquablement piquée par la programmation. Surtout, Kenza et Inès n'ont pas la prétention d'expliquer un conflit complexe, encore moins de le résoudre. Il s'agit davantage d'ouvrir les perspectives des Parisiens sur un sujet trop souvent épidermique, traité avec une passion pas toujours salutaire, bien qu'inévitable. « Le but, c’est de donner la parole à des artistes et non à des hommes politiques, conclut Inès, pour que le lien avec les sociétés israélienne et palestinienne soit le plus direct et honnête possible. C’est une invitation au voyage. »

Quoi ? • Festival Pèlerinage en décalage. L'événement sur FacebookLe programme en détails.
Où ? • La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer Paris 20e.

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