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A Ouman, le nouvel an juif plein à craquer

A Ouman, le nouvel an juif plein à craquer

 
 
 
 

 

Ils étaient 30 000 juifs orthodoxes réunis autour d’un lac de la ville d’Ouman, dans le centre de l’Ukraine, pour y célébrer Roch Hachana, le nouvel an juif. «En se lavant symboliquement, nous nous purifions pour accueillir le changement d’une année nouvelle. Ici, c’est une atmosphère unique»,s’exclame Ruben, venu de Paris. Petite ville d’environ 85 000 habitants, Ouman est le centre du mouvement hassidique de Bratslav, créé par le rabbin Nahman à la fin du XVIIIe siècle. Le pèlerinage attire des milliers de visiteurs, notamment d’Israël, des Etats-Unis et de France. «Le rabbin avait souhaité que les juifs se rendent en pèlerinage ici pour honorer la mémoire des morts et se retrouver en communauté»,continue Ruben.

Alors que la cérémonie s’achève, chants, danses, prières résonnent encore dans la rue Pouchkine, artère principale d’un quartier juif improvisé, entre les synagogues et les stands de nourriture. Ici, l’hébreu est la lingua franca, même parmi les commerçants ukrainiens qui vendent produits casher et souvenirs. Des joailliers proposent des «bijoux pour les veuves d’Ouman», le surnom donné aux épouses restées au pays. Le pèlerinage est quasi exclusivement réservé aux hommes.

L’hébergement reste un problème crucial. «De nombreux pèlerins ont acheté des appartements, même s’ils ne viennent ici que quelques jours par an. Pour ceux qui louent, les prix montent jusqu’à 350 dollars par semaine pour un simple lit !»explique Israël Barzel. Ce rabbin est en charge d’une association qui prévoit de construire des logements pour 5 000 personnes, et une synagogue pour 22 000 croyants. Celle-ci deviendrait ainsi la plus grande du monde. «Les autorités ont bien compris que c’était un bon business», assure le rabbin Michaël Baron, venu d’une synagogue du XIXe arrondissement parisien. Quelque 440 policiers, dont 12 venus d’Israël, sont déployés sur le site. Une telle ambition n’est pas du goût de tout le monde en Ukraine. Mais les nationalistes ne pourront pas défiler avant le jeudi 12 septembre.

Sébastien GOBERT

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