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CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE.

Envoyé par breitou 
CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE.
24 septembre 2014, 15:49
CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE. AOUT 2014.
Bââbouss el bled.

Pour une fois, cette narration ne parle pas du fameux CHÂÂ mais d’un certain Chloumou El Khfif natif de la Goulette.
En 1954, sans doute bien avant l’apparition des soucoupes volantes, par un mois d’été alors que la sieste et la canicule battaient son plein, Chloumou en saroual ( pantalon traditionnel tunisien) se met à hurler dans la rue….

‘…Yé ness CHOUFFOU ‘….BABOUSS EL BLED’…Regardez bonnes gens la queue de la ville… !’

Il court à travers les rues et ruelles comme un dingue tjs en hurlant sur cette apparition qui de détache dans le ciel bleu du coté de SIDI BOU SAID.

Intrigués, les goulettois qui sur leur balcon, terrasse ou fenêtres voient cette chose qui semble danser entre ciel, mer et terre.
En qqs minutes, une foule immense se forme sur l’avenue ROOSVELT ainsi que sur l’avenue AHMED BEY (devenue HABIB BOURGUIBA depuis).
On accourt de toutes parts et tout un chacun y va de son interprétation. Bcp pense à un signe divin, et les italiens de la Piccola Chichilia se signent devant l’apparition alors que d’autres tombent à genoux.

Pour peu, les cloches de l’église auraient sonné devant ce ‘miracle’.
Plus de 3000 personnes, agglutinées les uns contres les autres, prisent d’un élan fiévreux et guidés par notre sire, décident d’aller voir cela de plus prés.

La passerelle nord est franchie, le Kram est dépassé ainsi que Salammbô, Carthage, etc et à mesure de leur avancement vers ‘la chose divine’ la foule grossissait à vue d’œil. Bcp imploraient Marie et Jésus, d’autres ‘…Allah..’ et les Juifs ‘MOUCHI RABI’, Moise.

La colonne d’imbéciles était si longue que les premiers de tête étaient déjà sur la corniche de la MARSA tandis que le peloton à l’arrière était encore au KRAM.

Enfin, c’est la montée des flancs de la colline de SIDI BOU SAID, la falaise rouge là où trône le sémaphore. La montée était si pénible, sous le soleil ardent, que bcp d’entre eux s’assirent à même la terre, refusant de continuer l’ascension du mont ‘EL RIH’.

Les premiers arrivés, exténués avec à leur tête CHLOUMOU EL KHFIF ( le léger) ne purent que constater à leur grande déception que le fameux ‘babouss’ n’était rien d’autre qu’un cerf volant qui volait bien haut dans le ciel pur et tenu par un gamin en compagnie de son papa.
Pour toute compensation on surnomma l’idiot de CHLOUMOU EL BÂÂBOUSS.


CONTES ET LEGENDES. AOUT 2014.

Le 17 Avril 1902, vers les 14 Heures 30, Maïra Abitbol épouse Nathan, est debout devant sa dekhana (bâtit avec un fourneau) manque d’imagination pour bien honorer la fête de Hitro.

Comme chaque année, la famille s’accommode des qqs pâtisseries et confiseries que son mari, rabbin à la hara, apporte dans son couffin.
Maïra, devant sa pate pétrie, peine à imaginer ce qu’elle pourrait créer d’innovent pour surprendre son mari et ses enfants. Elle décide d’étaler sa miche de pâte sur le plan de travail tout en lui donnant une forme rectangulaire, mais très fine avec son rouleau, un bout de manche à balai.

Comme inspirée par une fée pâtissière, elle découpe des fines lamelles qu’elle laisse reposer. Son intention est de les plonger, plus tard, dans l’huile frite pour en faire des lamelles frites et ensuite les saupoudrer de sucre.

Elle verse une bonne quantité d’ huile d’olive vierge dans une casserole qu’elle pose sur la grille de sa dokhana.

, Puis elle va se reposer un moment sur le divan.

Elle s’assoupit tandis que l’huile chauffe.

Sa fille Khim’ché, âgée de 9 ans, rentre dans la cuisine et remarque ses lamelles de pates fines étalées en bon ordre.

Pour s’amuser un peu, elle se saisit de l’une d’elle. Elle l’enserre autour d’une cuillère en bois et la plonge dans l’huile bien chaude. Elle laisse la matière se dorer légèrement, puis retire la cuillère et voilà qu’une forme se crée, une pâtisserie ronde, aux lamelles bien serrées.

Elle pose cette dernière sur une écuelle en bois pour l’égouttage. Elle récidive l’opération au moment où sa maman réveillée en sursaut, se précipite dans sa cuisine. Et là elle voit sa fille faire des ronds de pâtisseries.

‘…Ech’kââ’da tââ’mel ye benti… ? ‘Qu’est ce que tu fais ma fille… ?’
‘…Chey habit net’jabél ye mââ… ! Je voulais m’amuser… !’
‘…Kifféch ââmelt el fourmat e’dou… ? Comment a tu fais pour faire ces formes… ?’

Et de lui montrer la façon de procéder.

Maïra n’en revient pas. Elle s’exécute sur le champ, essaye de régulariser les formes tant bien que mal. Une heure plus tard, toutes les lamelles en forme rondes sont frites.

Avec un peu plus de maitrise, ces dernières se retrouvent bien régulières dans leur rondeur.

Un fois les formes égouttées, elle les saupoudre de sucre. Elle en goute une et trouve cela très délicieux.
Son mari rentre le soir et le voilà bien surpris de constater cette nouvelle pâtisserie trônée sur la table.

‘…Chnoué e’dou yé mrââ… ? Qu’est ce donc cela femme…?’
‘ …Basta m’douara ou mghel’fé bél soccor… ! Une forme de pate ronde saupoudrée de sucre… !’

Le lendemain, elle décide de faire gouter son œuvre à sa voisine. Cette dernière est enchantée tant par la forme que par ce gout croustillant et fondant.

En qqs jours, Maïra se fait connaitre, dans le quartier de la Hara pour ses ‘…Basta m’dourin … !’

Elle décide de commercialiser sa sucrerie pour deux demi sous la pièce.
Elle enchaine les commandes à tel point que sa cuisine ne suffit plus à contenir les plateaux et les paquets.
Faute d’espace, elle loue une petite grange, juste en face de chez elle, qu’elle aménage en atelier de fabrication. Sa renommée est faite.
‘…Ye mââ, loucen fi youd, el soccor tgha’dessem fél ââchel... ?’Maman, et si au lieu de saupoudrer avec du sucre tu ne les plonges pas dans un bain de miel… ?’

La Basta ‘mdoura… ! Prit ainsi le nom de DEBLA ( manicotte) grâce à l’idée géniale de la fille de Maïra.
Son arrière- petit- fils ouvrira sa première boutique au centre ville de Tunis sous l’enseigne de NATHAN.

A Paris, deux boutiques ‘…CHEZ NATHAN ‘voient le jour en 1950, une dans le quartier de Montmartre, l’autre sur le Bd de Belleville.



CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE. SEPTEMBRE 2014.PAR ALBERT S.
1946

Abdelmajid Nabli alias Bouscara (buveur de vin) de condition miséreuse, on pourrait dire aujourd’hui SDF, mendiant autrefois, vivaient de qqs subsides et surtout de ce qu’il trouvait dans les poubelles du coté de la Goulette.

Il disait à tout ceux et celles qui voulaient l’entendre qu’il était descendant de MAHOMET.

Il logeait dans un petit abri sous les murs du FORT CHARLES QUINT. Un tas de cartons lui servait de litière et pour se couvrir et se protégeait du froid hivernal, des journaux comme couverture venaient s’ajouter à son manteau usé.

Par un heureux hasard, alors qu’il fouinait dans une poubelle, il tombe nez à nez avec une petite bourse.
Curieux, il s’empresse de l’ouvrir et là ébahi, frémissant par tout son corps, il découvre des pièces d’argent. Il en compte 135.
Il enfouit ce petit trésor dans sa poche et s’en retourne vers son abri. Par sécurité, il planque sa fortune dans un trou creuser dans le sol et pour le repérer il pose par-dessus une grosse pierre.

Première chose qu’il fait, il se paye un bon hammam du coté de la RUE TAHOUNET EL RIH. Il se rase et notre homme change de vêtements, ces vieilles nippes sont remplacées par un costume modeste au grand étonnement des goulettois qui voit cette curieuse transformation.
Son allure a changé au fil du temps et le voilà rentrer à la mosquée pour prier, lui qui, du soir au matin invectivait D ieu et tous ses anges.

Abandonnant son abri, il achète un lopin de terre derrière la gare DE GOULETTE NEUVE. Un endroit désert, marécageux.

Il construit de ses mains, une modeste bicoque en bâtit. Une autre pièce viendra s’ajouter sur l’un des cotés de ce réduit de 15 M2.
Les goulettois se posent des questions quant à ce changement survenu du jour au lendemain.
Nabli se fait saluer même dans les rues de la Goulette par ses congénères.

Assis devant le seuil de sa bicoque, Nabli pense à fructifier son petit trésor. Il engage un jeune manœuvre et lui propose de défricher le lopin de terre qui se trouve devant sa maison.

Une semaine plus tard, le petit terrain est défriché.

Errant parmi les ronces, il voit des graines brunes sur des bourgeons de ‘…HORIC... !’ Curieux, il en prend qqs unes dans sa paume et les porte à sa bouche. Il trouve le gout un peu sec et amer. Une idée lui vient en tête, faire griller cette dizaine de matière. Mieux encore pour lui donner un peu plus de ‘piquant’ il rajoute un peu de sel sur ce qu’il est entrain de griller.

L’opération terminée, il re-goutte ses graines et trouvent qu’elles sont comestibles et apaisantes.

Muni d’un couffin, il s’en va cueillir tous les bourgeons secs des ronces et trois heures plus tard, son tas de graines pèse 3 kgs.
Fort de cela, il se met au travail. Son tas de graines brunes est grillé et salé. Il confectionne des petits cornets qu’il remplit de cette denrée et s’en va dans l’après midi se poster juste devant le café ‘…Au petit Pompon Rouge.. !’ Café bar tenue par une française, pas loin du Casino. La patronne trouve ce sans gêne, en gandoura, mal placé et elle le lui fait savoir.

Nabli se poste alors juste en face. Agenouillé devant son couffin, il guette son premier client et pour mieux appâter les passants, il leur offre qqs graines de sa fabrication.

Enfin, après deux heures d’attente, un premier curieux lui achète un paquet de sa production. Pour 5 centimes. Puis un second et en fin de journée, ses trente paquets sont partis. Il compte sa recette, 150 centimes.

Il est heureux notre NABLI qui chaque jour se postera face au bar en question.

Le matin, il s’active à récolter toutes les graines ( de lin) issues des ronces sauvages qui tombent entre ses mains allant même faire la quête dans les champs abandonnés bien loin de la Goulette…Le Kram, Salammbô, Carthage, etc…Et vers le midi c’est par kgs qu’il rentre bien chargé chez lui.

Une semaine plus tard, c’est 100 qu’il commercialise devant les cafés, brasseries et devant le cinéma REX. Toute la goulette en raffole de ces graines pépites brunes et salées.

La MELHA BNINE est née sous les mains de très connu NABLI, originaire de FOUM TATAOUINE.

Voulant diversifier son petit commerce, des graines de GROSSE COURGE. Trois mois plus tard, il en récolte les graines blanches, les fameuses pépites qu’il fait encore griller et saler. Les ‘gloubes’ apparaissent dans son panier d’osier tjs en cornets.

Au mois de Mai 1947, il se rend dans sa ville d’origine pour retrouver sa famille mais aussi avec une idée derrière la tête. Acheter des sacs de cacahuètes.

Sa livraison arrive jusqu’à chez lui et notre ingénieux monsieur se met à l’ouvrage. La cacahuète grillée est née aussi avec ou sans son écorce. Les amandes grillées, les pépites noires et tout cela sera exposé dans sa vitrine ambulante garée un peu partout dans la grande avenue principale de la Goulette.

Il achètera, plus tard dans sa ville d’origine des terrains que ses cousins ensemenceront de toutes sortes de plants.

Sa fortune est faite grâce à ces condiments très appréciés par les tunisois et les banlieusards.

Sur les plages, il se fera connaitre par son cri devenu célèbre, autrefois ‘…JE SUIS LA…Bonnes gens… !’
A sa mort en 1969, ses enfants prendront la relève de son commerce fleurissant sous les pseudonymes de la ‘…Perche…’ ‘…OUI…OUI… !’ et ‘…VOILA …VOILA… !’

Vous les verrez encore, aujourd’hui, écumer les grandes plages de la cote nord avec des blouses différentes, blanches ou grises.



CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE. Par Albert S.

Un vieil agriculteur sentant sa mort prochaine appela son fils Anouar à son chevet…..

Sidi Ahmed, petit agriculteur dans son village situé à qqs centaines de mètres de l’Ariana, était au petit soin de son jeune jasmin. Il le voyait grandir tous les printemps que D ieu fait. Il en appréciait la blancheur et surtout son odeur qui errait dans sa petite maison, aux murs blanchis à la chaux et faits de briques et d’argile.
Il pouvait rester des heures entières à admirer son arbuste sans dire un mot.

Son unique fils Anouar s’occupait de son lopin de terre tandis que son épouse n’avait que pour toutes occupations, à entretenir la maisonnée. Aller chercher de l’eau dans l’oued, battre le linge sur les bords de cette dernière.

En 1945, SIDI AHMED décède. Son fils âgé de 25 ans lui succède. Son papa avant de s’éteindre lui fait donc la recommandation de bien s’occuper de sa maman et de son arbuste.

Tout comme son papa, Anouar ne quitte pas des yeux le jasmin de son feu papa. Tous les matins et soirs, il l’arrose comme le faisait son défunt père.

Il observe toutes ces pétales de fleurs qui jonchent le sol et une idée germe dans sa tête.

Il cueille un bourgeon non éclos et s’amuse à l’enfiler dans un petit morceau de bois. Il n’y parvient pas. Il recommence l’opération le lendemain en remplaçant ce support de bois par un brin de pin. Là, sa fleur tient à son extrémité. Il en fait une seconde, puis une troisième et ainsi de suite. Il a entre les mains une dizaine de bougeons qu’il attache bien serrés et noués par un brin d’ Alfa. Il offre ce premier bouquet à sa maman qui trouve ce cadeau génial.

L’idée lui vient de commercialiser sa trouvaille et pour cela, il se rend au marché de l’Ariana. Avec dans son couffin une quinzaine de petits bouquets mais bien plus encore, dans son couffin des pétales de jasmins dorment dans une feuille humide de KARMOUS( feuille de figues). L’ensemble attaché par un brin de pin.

Le succès de sa fleur ne se fait pas attendre.

Les passants en redemandent et ainsi tous les soirs à la tombée de la nuit, il rentre chez lui le couffin vide.

Mais le succès ne va pas lui sourire longtemps pour la bonne raison, que d’autres agriculteurs, ses voisins vont s’emparer de sa création.
Si Anouar Meddani reste dans les annales tunisiennes comme celui qui fut le premier fabricant du bouquet de jasmin, celui qui embaume encore aujourd’hui l’air de la Tunisie. Et qui donna son nom à une révolution qui a tout chamboule.

CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE PAR ALBERT S. SEPTEMBRE 2014.
(Les dates et les années qui situent ces événements ne sont pas importantes, on ne connait pas la date de Naissance de Zeus et des autres D ieux et pourtant la mythologie en parle.)

Un droit d’ainesse fut vendu pour un plat de lentilles, la bible nous l’apprend. Sans doute qu’à cette époque les BIJILOUCHS (petits pois ou jelbena) n’existaient pas.

Par un jour rigoureux d’hiver en 1915, Chedli Bou Hassira, un jeune désœuvré , les algériens diront un HISTISTE ( celui qui tient le mur avec son dos) mendie.

Passe devant lui, un portefaix portant un sac de pois chiches. Qqs grains s’échappent de son sac de jute et Chedli ramasse une poignée qu’il met dans la poche de son seroual.

Il rentre chez lui et affamé comme il est, il les fait bouillir dans une casserole crasseuse. Il en ressent un bien intérieur d’autant plus qu’il met dedans qqs morceaux de pain rassis.

Le bouillon est fade mais qu’importe, son estomac est rassasié.
Le lendemain matin, idem, le même portefaix juif passe et essaime ses pois chiches derrière lui.

Chedli aux aguets, le suit et comme la veille, ce n’est plus une poignée mais trois bonnes poignées qu’il récolte.

Son diner est encore une fois assuré.

Le surlendemain, même scénario et là il lui vient une idée géniale. Il se plante dans son petit coin habituel, devant le marché de la Hafsia, allume un petit feu, pose sa casserole sur le feu. S’étant privé la veille de son diner de pois chiche, il fait bouillir sa matière au vu et au su de tout le monde.

Sa bouillie est prête et là il harangue la foule par son cri ‘…E’li bred, homsi i sekhen… ! Celui qui sent froid, mes pois chiches le réchaufferont…. !’

Il sert son premier client dans une petite timbale en bois. A consommer sur place. Un sceau d’eau lui sert d’évier

Ce jour là, notre ingénieux Chedli écoule une dizaine de petits bols pour la coquette somme de 5 sourdis.

Au lieu d’attendre, le sac troué, il se rend au souk des Attarine et achète trois kilos de cette denrée.

Au bout d’une semaine, son petit commerce sur rue se fait connaitre. Pour mieux épicer son breuvage, il rajoute un peu d’huile, de l’harissa pour ceux qui le demandent, et une pincée de Hraouar( Cumin, épice).
Le gout de sa mixture s’en trouve relevé à la grande joie de ses clients. Quelques croutons secs et voilà son bol prendre de la valeur.
Sa position agenouillée le fatigue, il pense à fabriquer de ses propres mains, une BAROUITA( une petite charrette) et plus tard, sa brouette devient une petit stand, une vitrine ambulante munie de 4 roues qui supporte marmite et bols en bois.

Ses premiers clients sont juifs et ils se délectent de ce bol bien chaud tous les matins, car notre homme ne rechigne pas à ouvrir son petit commerce, tôt le matin.

Deux mois plus tard, un œuf à la coque apparait au dessus de ces homs et son cri a changé ‘…E’li hab i lebleb, EL LEBLABI ( Et celui qui veut se piquer la langue, LE LEBLABI)

Si Chedli, ouvre sa première échoppe place BAB SOUIKA en 1943.
Les allemands durant l’occupation y gouteront aussi.
Sa fortune est faite grâce à son invention.

Pour une fois un arabe musulman tunisien a crée une potion magique.
Si vous passez par la Hafsia, vous lirez une plaque commémorative
‘…Ici est né le LABLABI par SI CHEDLI BOU HARISSA en l’an 1915. Paix à son âme et à ses pois chiches.


CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE PAR ALBERT S. SEPTEMBRE 2014.
(Les dates et les années qui situent ces événements ne sont pas importantes, on ne connait pas la date de Naissance de Zeus et des autres D ieux et pourtant la mythologie en parle.)

Naissance d’une petite pâte.

Zaira, à l’inverse des créateurs et créatrices du casse-croute tunisien, Banoun, de Maïra pour sa debla, de Bouscara pour sa melha ou bniné, De Bou Hassira pour son LEBLABI etc… qui leur a permis de sortir de la misère ne mourra pas riche comme vous allez le lire.
Assise devant sa fenêtre qui donne sur cour, Zaïra, après avoir pétri sa pâte pour fabriquer son pain du shabbat, voit sa fille âgée de 5 ans gambader sur le sol carrelé et ébréché de ce qu’on peut appelait le salon, à l’époque beit el ftour, la salle à manger puisque son logis comptait que deux pièces et un patio. Plus une petite cuisine.

‘…Yé mââ…’ Lui dit sa fille….’…Aâméli hajé béch nel’yab…. !’
‘..Maman, fais- moi quelque chose pour distraire mon ennui… !’

Zaïra, pour satisfaire l’envie de sa fille lui façonne des petites boules de pâtes qu’elle jette devant elle. La petite, assise sur le sol, s’empare des qqs petites pâtes que sa maman lui lance à la volée. La petite s’en saisit pour leur donner une petite forme allongée entre ses paumes.

‘…Loucen tkha’liém i chihou, tnej’em telyab biyem ghadoua… ! Ou tet’ââlem lah’cheb…!’’
(Si tu les laisse sécher, tu pourras demain apprendre à compter, et je t’y aiderai… !’)

La petite fille obéit et le lendemain matin, Joulie en compagnie de sa maman apprend à compter jusqu’à 10 les petites pâtes séchées sous le soleil.

Zaïra trouve que sa fille apprend vite grâce à ce système, elle lui fabrique une centaine d’autres le lendemain afin qu’elle apprenne à calculer encore plus loin mais là une idée lui vient à l’esprit.

‘…El bereh yé benti… ! Hlamt é’li qadda en tayeb’lec el li kââda tel’yeb bi… !’

(…Hier, ma fille j’ai rêvé que je te cuisinais ce à quoi tu joues… !’
Sans perdre de temps, Zaïra respectant son rêve faire cuire dans une grande casserole un demi- kilo de petites pâtes de formes oblongues, qu’elle laisse séchée au soleil sous l’œil de sa voisine Houita.
Cette dernière découvre au pas de la ‘bitta’ de sa voisine, un tamis sur lequel sont parsemées ces petites formes. Elle ne dit rien mais surveille Zaïra.

Après le séchage de ces petites pâtes, décide d’en faire un bouillon en y ajoutant des lentilles pour mieux coaguler sa fabrication et y rajoute une demi-tomate et un piment doux.

Houita, la voisine suit la manœuvre de loin et surtout note ce qu’elle voit. Elle copie la recette de sa voisine.

Après une heure de cuisson, Zaïra obtient une mixture épaisse. Elle fait gouter à sa fille sa création. Cette dernière lèche son plat.
‘…Ka’déch bnin el HLELEM é’dè…. ! Comme il est bon ce plat maman… !’
Le mot de HLELEM est donc sorti de la bouche de la petite en rapport avec le mot A’HLEM….Rêve.

Le plat de rêve est né.

Zaïra fait gouter son plat à sa voisine, celle là le trouve très appétissant et d’un gout exquis.

Le mari de Houita (tebekh- gargottier) surpris par l’originalité de ce plat décide de le commercialiser dans sa gargote à l’insu de sa voisine.

Zaïra voulant aussi le commercialiser, se rend donc dans l’échoppe de Chouilem avec son plat bien chaud de HLELEM relevé avec un morceau de merguez.

‘…Ye Chouilem, jeb’tlec shan mta’kif, loucen thab en’ji en tayeblec el LAHLEM fél coujiné ou netcher’kou…Fil biye… !’
(‘………………..je t’apporte un plat délicieux, si tu veux je viens dans ta cuisine pour le servir et nous partagerons ce que nous vendrons… !’
‘…Ye Zâira, él shan mta’yac marrouf… !’ Lui répond-il d’un air goguenard… !’

Zaïra déçue s’en retourne avec son plat invendable.
Qqs années plus tard, Zaïra avant de clore les yeux, et dans un dernier souffle alors que sa voisine est à son chevet dira…
‘…Yé okhti e’li tâ’yeb’tou chubéli béch en teg’ne bi mellé âin chefet’ni … !’
(‘..Ma sœur, j’ai cru devenir riche avec ce que j’ai cuisiné mais un œil m’a surpris… !’)

Elle s’éteint dans les bras de celle qui a contribué à l’espionner.
Grâce à la création de Zaïra, Houité et Chouilém eurent des jours heureux.
Nous étions en 1948. Année de naissance des H’lalém.

CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE PAR ALBERT S. SEPTEMBRE 2014.
(Les dates et les années qui situent ces événements ne sont pas importantes, on ne connait pas la date de Naissance de Zeus et des autres D ieux et pourtant la mythologie en parle.)

Personne ne l’attendait et pourtant elle est née d’une façon très bizarre, presque miraculeuse si le hasard n’en était pas mêlé.
Hnina dans sa coujina bien étroite laisse tomber une petite quiche de pâte pétrie.

Elle se penche pour le relever et par inattention, son ‘tmac’ (chaussure plate) vient écraser sa rondeur plaquée au sol.

Elle lève son pied et là elle voit une petite forme triangulaire. Presque trapézoïdale. Elle la ramasse avec précaution la remet sur son bâtit en faïence et essaye de l’étirer par ses extrémités, hélas la boule trop petite se déchire.

Elle recommence en pétrissant cette fois çi trois quiches de pâtes ensemble et là, la forme devient plus grande, elle étire à droite à gauche les extrémités de sa pâte et voilà qu’elle a devant elle, une feuille bien mince, ayant la même forme géométrique que sa première tentative.

Elle a l’idée de repliée l’un des coté, le sommet, vers le centre de sa figure, elle la fait frire et obtient une feuille dorée bien cuite, bien dorée.

Le craquant lui plait. Elle réfléchit encore. Une idée lui vient à l esprit, elle rajoute un œuf au centre de ce qui sera appelé plus tard LA BREIKH A L ŒUF. Pour mieux relever l’ensemble, elle rajoute un hachis d’oignons et de persil.

L’ensemble cuit est délicieux.

Pour faire connaitre sa trouvaille, elle pend au linteau de sa porte qui donne sur sa petite ruelle de la Hara, un squelette de sa BREIKA qui se balance au gré du courant d’air.
Intrigués, les voisins, demandent à gouter cette forme.
En moins d’une semaine, aidée par ses enfants, Hnina ne sait plus où donner de la tête, sa création fait fureur.

Tout le quartier veut sa breikha. Même les GRENES (livournais) veulent y gouter.

Son mari Khlifa devant le succès de cette pièce, il ouvrira en 1949, une échoppe à la Goulette. Son enseigne portera ‘…CHEZ KHLIFA…LE ROI DES BREIKS… !’

Plus tard, du thon et des câpres viendront s’ajouter à l’oignon et au persil à sa feuille frite, mondialement connue à travers le monde.



CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE. SEPTEMBRE 2014. PAR ALBERT.S.
(Les dates et les années qui situent ces événements ne sont pas importantes, on ne connait pas la date de Naissance de Zeus et des autres D ieux et pourtant la mythologie en parle.)

Dans une école de l’Alliance Israelite de Tunis, le jeune Elie baillait aux corneilles au fond de la classe.

Le jeune homme s’endormait souvent sur son pupitre, sa tête posée sur ses bras croisés.

Le maitre Mr Habib, las de cet enfant endormi, baissa les bras et le laissa pour compte.

Par contre durant les récréations, le petit bonhomme aimait amuser ses amis en mimant qqs attitudes, des moues, des grimaces et surtout des tours de passe-passe.

Les instituteurs s’en amusaient drôlement durant cette pause.
Il créait de l’illusion sous les regards admiratifs de ces petits copains qui lui en demandaient d’autres.
A 13 ans, il se retrouve à la maison sans école, caracolant entre les jupes de sa maman qui ne savait trop faire de lui.
‘…Ye Ouldi, él ascoula qalcét ménèc barra chouff khdimé… !’ Mon fils l’école en a eu marre de toi, essaye de trouver un petit job pour ne pas top t’ennuyer… !’)

Le jeune garçon avait son idée en tête, pourquoi ne pas faire de son ‘art’, un métier… ?

Sur la place de la Hafsia, Elie le natif de la Hara, se fait une petite place d’entre les marchands ambulants et les vendeurs à la sauvette. Habillé modestement, un béret entre les mains et une canne posée par terre, notre débrouillard se fait comique et étale ses petits tours de magie.

Un petit attroupement se crée et une galerie de gens hétéroclites se forment et trouvent ses numéros magiques….

Elle applaudit à ses drôleries et chacun y va de son dourou.
Il rentre le soir, et remet sa petite cagnotte à sa maman qui lui pose un tas de questions sur cette petite manne.

Elie se fait expliquer au grand bonheur de sa maman enfin rassurée.
Elie fait ce qu’on appelle communément le Prestidigitateur. Il fidélise un petit public tout acquis à ses forfanteries

Son béret se mua en chapeau et là apparait autant d’œufs que le public en demande, il bouffe des petites billes qui ressortent de ses manches, des cartes disparaissent et réapparaissent et sa canne se plie à volonté devant les Kiki et les Tita.

Il change de quartier et le voilà à présent debout en costume noir et cravate rouge en plein centre de l’avenue Jules Ferry.
Il se fait construire une petite baraque en bois pour mieux préparer ses tours de magie. Les enfants sont fascinés par ses numéros aussi divers qu’amusants et les adultes ne sont pas en reste.

Il a la bonne idée de prospecter du coté des écoles et là le succès ne se fait pas attendre.

On le demande de partout et les contrats affluent.
Vous avez reconnu bien sur RIBIBI.
CHALLOM.




CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE PAR ALBERT S. SEPTEMBRE 2014.
(Les dates et les années qui situent ces événements ne sont pas importantes, on ne connait pas la date de Naissance de Zeus et des autres D ieux et pourtant la mythologie en parle.)

Le jeune Eliahou, 13 ans à peine sorti de sa bar mitswa et de ses courtes études….Il habite avec ses parents à la rue SIDI EL SERDOUK du coté de la HARA…

Un beau matin son père Mridekh handicapé lui dit

‘…Ye Ouldi…Tewé eli lbecht tfeliméq, oullit rajél allaish mé temchich tel’ca khdimé béch tââ’wéna… !
‘…Mon fils, à présent que tu es devenu un homme, pourquoi ne pas chercher du travail pour nous aider financièrement… ?)

Le jeune homme répond an baissant les yeux..

‘…Eye yé ba, ghadoué méchi en chouff Moumou el haouèt… !’
(…Oui papa, demain j’irais voir Maurice le poissonnier.. !’)
Son papa hoche la tête et donne sa bénédiction à son ainé.
Maurice est connu à la Hara comme un homme bon et généreux et surtout humain.

Eliahou se présente donc de bon matin chez celui qui va l’embaucher.
Le jeune homme se montre assidu et très discipliné. Trois mois plus tard, il apprend toutes les ficelles du métier. A la grande satisfaction de son patron.

Il remarque que son patron n’utilise pas les œufs de mulet et de thon, ces deux matières vont dans la poubelle et avec bcp de timidité Elhiahou demande à son patron s’il peut les prendre avec lui.
Maurice ne trouve rien à redire.

Le jeune homme rentre chaque soir avec qqs paires de boutargue et la famille se régale de ce nouveau met. La maman le prépare dans toutes les sauces et surtout le soir de grands froid en relevant l’ASSIDA (plat à base de semoule).

Mais voilà que le jeune homme se dit mais pourquoi ne pas en faire un assaisonnement. Il parle à son papa qui lui conseille dans ce cas là de les laisser tremper dans du gros sel.

Il teste une paire. Il la couvre de sel et note l’heure. Hélas, ce premier test échoue. Son papa lui souffle d’enlever le sang des veines afin que celui ci ne pourrisse pas l’ensemble et surtout de donner au sel le temps de bien imprégner la poutargue.

L’ainé recommence et là au bout de 8 heures, la paire est parfaite, il ne lui reste plus qu’à la faire sécher.

Trois jours plus tard, mise au soleil, la paire se trouve dorée et bien appétissante dans son palais. Par contre, le temps de séchage lui parait court, et pour le troisième test il laissera sa nouvelle paire une semaine, sur la terrasse, à sécher.

Fort de sa trouvaille, il fait gouter à son patron sa création, ce dernier tombe des nues, il trouve cela si délicat et si bon qu’il en redemande.

Au bout de trois semaines, dix paires de poutargue se trouvent exposées chez MAURICE. Ce dernier au vu du succès de cette nouvelle chose auprès de sa clientèle, lui propose une association et lui souffle de cirer les paires afin qu’elles se conservent plus longtemps. Ce qui fut fait.
En 1948, Maurice célibataire décède et laisse son fond de commerce à Eliahou.

Tout Tunis viendra chez lui acheter ce qui sera plus tard, les œufs séchés de mulet et de thon les plus courus par la gente juive tunisienne.
Son fils Henri poursuivra l’aventure.



CONTES ET LEGENDES DE TUNISIE PAR ALBERT S. SEPTEMBRE 2014.

(Les dates et les années qui situent ces événements ne sont pas importantes, on ne connait pas la date de Naissance de Zeus et des autres D ieux et pourtant la mythologie en parle.)
Une invention est le fruit du hasard.

Une découverte n’échappe pas à cette règle, on connait l’histoire de la pomme et de tout corps plongé dans un liquide reçoit de la part de ce dernier une poussée. D (Archimède )

Il en est ainsi de nos plats, de nos ragouts. Comme ont pu le lire certains( es) internautes curieux sur nos saveurs d’antan en voici une autre de légende qui fait les délices de nos palais depuis des années.
Maïra, une dame courte sur pattes, mère de 6 ans, excellente cuisinière, demeurant à la Hara, pose une marmite remplie d’eau sur un canoun. Le feu est doux.

Une botte d’Epinards est sur son bâtit, elle ne sait quoi en faire lorsque son mari lui dit ‘…Ekliém.. !’ (fait les frire) ‘…Oubyad… ?’ ( Et après… ?’) ‘..Rabi teoué yatik ray… !’ ( D ieu t’inspirera… !). Elle prend des feuilles bien lavées qu’elle fait sècher et les pose dans une poêle à frire. Elle remue l’ensemble en y ajoutant un peu d’huile.
Elle laisse le soin à son mari de continuer l’opération tandis que Maïra ‘mchet T’kail (partie faire un petit somme).

Au bout de qqs minutes une odeur bizarre vient titiller ses narines, elle se lève et elle voit sa mixture bruler. Elle est hors d’elle. Elle en fait le reproche à son mari qui s’est ennuyé à force de remuer. Elle recommence l’opération. Une demi-heure plus tard, elle obtient une mélasse noire. Elle verse la mélasse dans le ‘bouillon chaud ’ en y ajoutant un grand reste d’haricots. Une heure plus tard, elle goute. Elle trouve que c’est fade, elle y ajoute du sel et qqs épices pour relever le tout. Mais comme elle trouve que son met est trop liquide,elle laisse l’ensemble prendre un peu de consistance.

Au bout de deux heures d’attente et tout en surveillant le feu, son ‘ragout’ commence à mijoter. Elle re-goute et là elle trouve son met au poil. Elle rajoute une tomate, un morceau de peau qui traine depuis la veille dans une assiette. Elle le rajoute et enfin sa mixture est au point. Son mari goute et il n’en revient pas. La famille s’y met et les enfants lèchent les plats. Moelleux et surtout appétissant.

Elle fait gouter à ses voisins sa trouvaille. Ils n’en reviennent pas. Chacune d’elle lui conseille de trouver autre chose pour donner à son ragout encore plus de consistance. Et là trois semaines plus tard, passant devant son boucher habituel, elle remarque que ce dernier jette les abats et les intestins de sa bête.

Chlomo, le boucher, les lui offre et une fois rentrée chez elle, Maïra a l’idée de souffler dans ces boyaux et de les rembourrer avec ses abats. Elle a devant une elle, une saucisse qu’elle rajoute à sa P’kaila….Un chef d’oeuvre qu’elle va commercialiser chez Moumou le gargotier.
Elle ne livrera jamais sa recette jusqu’au jour où enfin, avant de s’éteindre, elle livre à son associé sa façon de faire.
C’est son mari qui donnera le nom de P’KAILA pour la bonne raison que ce ragout ‘…I KAIEL… !’ Il fait la sieste…Il se repose, il prend tout son temps pour cuire.


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