Archive jusqu'au 10/juillet/2006-2

Discus: ADRA : LES COMMENTAIRES D'HARISSA: Commentaires 2006: Commentaires Juillet 2006: Archive jusqu'au 10/juillet/2006-2
Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Claudia (Claudia) le lundi 10 juillet 2006 - 08h17:

Le Vatican affronte l'Islam
par Daniel Pipes
Jerusalem Post

Version originale anglaise: The Vatican Confronts Islam

Adaptation française: Alain Jean-Mairet

«Si tendre l'autre joue signifie renoncer à être soi-même, il y a un danger! L'autodéfense est un devoir.» Ces paroles sont celles de Mgr Velasio De Paolis, secrétaire du Tribunal suprême de la signature apostolique, au Vatican, et font référence aux Musulmans. Pour expliquer ce rejet apparent de l'exhortation de Jésus à ses fidèles de «tendre l'autre joue», De Paolis souligna que «cela fait plus d'un demi-siècle que l'Occident a des relations avec les pays arabes, (…) et il n'a jamais été capable d'obtenir la moindre concession sur les droits humains».

De Paolis n'est pas seul à penser de la sorte. En effet, l'Église catholique effectue actuellement à cet égard un revirement spectaculaire, après plusieurs décennies de politique de protection des Catholiques vivant sous le règne musulman. Les anciennes méthodes empreintes de diplomatie feutrée et d'apaisement ont clairement échoué. Patrick Sookhdeo, du Barnabas Fund, observe que les quelque 40 millions de Chrétiens vivant dans le Dar al-Islam constituent de plus en plus une minorité en difficulté, confrontée au déclin économique, à la perte de ses droits et à des dangers physiques. La plupart d'entre eux, poursuit-il, sont des citoyens de deuxième classe, méprisés et dédaignés, subissant des discriminations dans l'éducation, au travail et devant les tribunaux.

Devant cette situation critique, les Chrétiens fuient leurs terres ancestrales pour l'Occident, qui leur offre une meilleure hospitalité. En conséquence, les populations chrétiennes du monde musulman sont en chute libre. Deux exemples, modestes par la taille mais très évocateurs: pour la première fois depuis près de deux millénaires, Nazareth et Bethlehem n'ont plus de populations majoritairement chrétiennes.

Cette oppression et ce déclin bien réels contrastent fortement avec l'essor de la minorité musulmane en Occident. Bien que constituée pour l'essentiel de moins de 20 millions d'immigrés et de leurs descendants, cette minorité est de mieux en mieux établie et représentée, bénéficie de nombreux droits et protections et acquiert régulièrement de nouvelles prérogatives légales, culturelles et politiques.

Cette disparité croissante éveilla l'attention de l'Église, qui désigne pour la première fois l'Islam radical, plutôt que le comportement d'Israël, comme le principal problème des Chrétiens vivant avec des Musulmans.

De premiers présages en furent déjà perceptibles du temps de Jean-Paul II. Par exemple, le cardinal Jean-Louis Tauran, l'équivalent du ministre des affaires étrangères du Vatican, relevait à la fin 2003 que «trop de pays à majorité musulmane traitent leurs minorités chrétiennes comme des citoyens de seconde classe». Tauran demandait plus de réciprocité: «Les Musulmans peuvent bâtir leurs lieux de prière n'importe où dans le monde et les fidèles des autres religions devraient également en avoir la possibilité.»

Les exigences de réciprocité catholiques sont devenues plus pressantes notamment depuis l'intronisation, en avril 2005, du pape Benoît XVI, pour qui l'Islam est une question centrale. En février, le pape souligna la nécessité de respecter «les convictions et les pratiques religieuses d'autrui afin que, dans un esprit de réciprocité, le libre exercice d'une religion soit réellement assuré à tous». En mai, il insista à nouveau sur la nécessité de la réciprocité: les Chrétiens doivent aimer les immigrants et les Musulmans doivent traiter correctement les Chrétiens parmi eux.

Comme de juste, les ecclésiastiques de moindre rang sont plus explicites. «La radicalisation de l'Islam est la cause essentielle de l'exode chrétien», affirme Mgr Philippe Brizard, directeur général de l'Œuvre d'Orient, une institution française soutenant les Chrétiens orientaux. L'évêque Rino Fisichella, recteur de l'université pontificale du Latran, à Rome, recommande à l'Église de rompre son «silence diplomatique» et de «faire pression sur les organisations internationales pour mettre les sociétés et les États à majorité musulmane face à leurs responsabilités».

La crise des caricatures danoises offrit un exemple typique du désenchantement catholique. Les dirigeants ecclésiastiques critiquèrent la publication des dessins de Mahomet. Mais lorsque les Musulmans réagirent en assassinant des prêtres catholiques en Turquie et au Nigéria, sans parler des nombreux Chrétiens tués pendant les cinq jours d'émeute dans ce dernier pays, l'Église émit des avertissements. «Si nous disons à nos gens qu'ils n'ont pas le droit d'offenser, nous devons dire aux autres qu'ils n'ont pas le droit de nous détruire», déclara ainsi le cardinal Angelo Sodano, le secrétaire d'État du Vatican. «Nous devons rester fermes sur notre exigence de réciprocité dans les contacts politiques avec les autorités des pays islamiques, et davantage encore dans les contacts culturels», ajouta l'archevêque Giovanni Lajolo, son ministre des affaires étrangères.

L'obtention, pour les Chrétiens vivant en Islam, des mêmes droits que ceux dont jouissent les Musulmans installés dans la Chrétienté est devenue l'axe central de la diplomatie du Vatican envers les Musulmans. Cette nouvelle approche, sérieuse et équilibrée, reflète une compréhension sensiblement meilleure qui pourrait étendre son influence bien au-delà de l'Église, compte tenu du nombre de politiciens laïques qui s'alignent sur ses recommandations en matière de relations interreligieuses. Si les États occidentaux promouvaient à leur tour le principe de réciprocité, les résultats seraient sans doute intéressants.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Michka (Michka) le lundi 10 juillet 2006 - 01h34:

Arrêtez de broder sur l'insulte à la mère de Zidane.
Les Français n'en peuvent plus d'avoir perdu, et comme toujours dans de telles circonstances, c'est toujours de la faute des autres.
Zidane a montré son vrai visage alors qu'il a mis tant d'années à peaufiner son image.
C'est ce qu'on appelle une conduite d'échecs, après le zénith la chute.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Kinor (Kinor) le lundi 10 juillet 2006 - 00h21:

Toufiq
"sur un coup de tete,
zidane a perdu..... la tete. "
certains disent que l'italien a insulté sa mére et notre Zizou a vu rouge

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Soleil (Soleil) le lundi 10 juillet 2006 - 00h24:

Kassam perfectionné.
Des terroristes palestiniens ont tiré hier une
roquette qui a atterri tout près d'une école en
plein centre d'Ashkelon, ne faisant aucune
victime.

C'est la première fois qu'un projectile parvient
à atteindre le centre de la ville. Tsahal a
indiqué qu'il s'agissait d'un modèle amélioré de
Kassam équipé d'un double moteur ayant permis à
l'engin de parcourir une distance de plus de 15
kilomètres depuis le nord de la bande de Gaza.
Cette nouvelle attaque, revendiquée par la
branché armée du Hamas «Azadin el Kassam»,
continue d'aggraver la crise entre Israël et
Gaza, alors que le jeune caporal Guilad SHAVIT
est toujours retenu captif par des groupes
terroristes palestiniens. «Cet acte grave, cette
tentative criminelle de nuire aux citoyens
israéliens, aura des conséquences très sérieuses,
et le Hamas sera le premier à en payer le prix »,
a déclaré hier Ehoud OLMERT.
Le Ministre de la Défense Amir PERETZ a
d'ailleurs donné l'ordre d'amplifier les
opérations militaires contre le Hamas, et l'armée
de l'air a bombardé cette nuit une base
d'entraînement ainsi que les bâtiments de
l'université islamique, servant également de lieu
de réunion aux activistes du Hamas. Le cabinet
ministériel de la sécurité qui s'est réuni ce
matin, a également autorisé une riposte militaire
de grande envergure au nord de la bande de Gaza.
 Affaires intérieures

Visite surprise d'Ehoud OLMERT à Sdérot.
Le Premier ministre s'est rendu hier dans la
ville de manière imprévue.

Alors qu'OLMERT avait sévèrement été désapprouvé
pour ne pas s'être plus souvent rendu à Sdérot,
victime principale des Kassams ces derniers mois,
sa visite inattendue dans la localité n'a pas
pour autant enthousiasmé les habitants qui lui
ont réservé un accueil distant.  Cette visite
n'avait d'ailleurs pas été rendue publique par le
gouvernement et le maire de Sdérot, Elie MOYAL,
n'en avait été averti que le matin même.
Les chefs des conseils régionaux du Néguev
occidental ont exposé au Premier Ministre leurs
attentes concernant la protection des localités
et MOYAL a demandé que le gouvernement se
mobilise  et agisse avec détermination pour
assurer la sécurité des habitants. « Le Premier
ministre nous a entendus. J'estime que le plus
important est que cette réunion ait enfin eu
lieu», a-t-il déclaré à l'issue de la rencontre.
 
 Affaires extérieures

La Pologne demande pardon 60 ans après.
Le gouvernement polonais s'est officiellement
excusé pour le pogrom de Kielce perpétré en 1946
contre des juifs rescapés de la Shoah.

Le 4 juillet 1946, un pogrom éclatait visant  les
143 juifs habitant cette ville de Pologne,
accusés de crime rituel. Quarante-deux personnes,
dont des femmes et des enfants, avaient été
lapidées et battues à mort.
Pour marquer la 60ème commémoration de ces actes
de barbarie, une sculpture à la mémoire des
victimes a été inaugurée et un chêne a été
planté. Le gouvernement polonais a adressé ses
excuses officielles au peuple juif par la voix du
vice-ministre des Affaires étrangères qui  a
déclaré: «Ce qui s'est produit il y a 60 ans est
un acte ignoble, d'une grande honte, une tragédie
pour les Juifs mais aussi pour les polonais.
Aucune justification ne pourrait pardonner ce
massacre». Appelant son peuple à un examen de
conscience, il a ajouté : «Nous n'avons pas le
droit de fuir la vérité».
 
 Economie et Finances

Les jeux de hasard et le Mondial.
La société nationale des jeux enregistre une
hausse considérable des ventes.

Alors que les estimations prévoyaient une baisse
de la participation des joueurs à cause du
Mondial de football, le «Mifal Hapaïs» - Société
nationale des jeux en Israël - a vu au contraire
accroître ses ventes de billets de loterie et de 
tickets à gratter au courant du mois de juin. Le
président de la société Shaul SOTNIC a déclaré
: « Alors que chacun avait les yeux tournés sur
les matchs et que beaucoup de personnes pariaient
sur les résultas, nos anticipations et notre
travail créatif ont transformé ce «risque» en
occasion unique d'accroître nos bénéfices». Les
recettes enregistrées, qui n'avaient d'ailleurs
jamais atteint un tel plafond avec 319 millions
de shekels en un mois, s'expliquent notamment par
le budget important consacré aux campagnes
publicitaires et offres promotionnelles  - d'un
montant de 17 millions de shekels - afin de
préserver le volume des ventes lors du Mondial.
 
 Société

Le lourd bilan du Goush Katif
Un Forum juridique a été mis en place afin
d'évaluer la détresse des familles expulsées.

Il semblerait que la jeunesse soit la population
la plus touchée par le retrait des implantations
avec douze tentatives de suicide parmi les
adolescents, depuis le mois d'août 2005. Les
assistants sociaux ont fait part de données
alarmantes concernant  des handicaps
d'intégration, mentionnant  que 30% des jeunes
gens n'avaient pas réussi à s'intégrer dans leur
nouvelle école et échoué aux examens de fin
d'année. De plus, une tendance inquiétante à la
consommation de drogue et d'alcool a été
signalée.
Des cas de divorces  ont également été
enregistrés semblant résulter de difficultés
financières rencontrées par les couples. Enfin,
 51 % des expulsés n'ont toujours pas retrouvé
d'emploi.   

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Mena (Mena) le lundi 10 juillet 2006 - 00h07:

Darfour : origines et bilans d’un génocide (1ère partie) (info # 020907/6) [analyse]
Par Serge Farnel © Metula News Agency



Depuis 2003, au Darfour, 200'000 personnes ont été massacrées par des milices armées du gouvernement soudanais, tandis que deux millions de personnes ont été déplacées contre leur gré.



Afin de permettre aux lecteurs de la Ména de prendre la pleine mesure de cette tragédie, les articles qui suivront sur ce conflit auront pour objet d’en fournir les clés de compréhension ainsi que celles nécessaires à le placer dans son contexte historico-politique.



A la poursuite de ce second objectif, je me suis notamment appuyé sur le très riche ouvrage de Gérard Prunier : Le Darfour, un génocide ambigu (La Table ronde ; novembre 2005 ; 19,50 €). Un ouvrage, dont il convient de garder à l’esprit l’extrait suivant : « Le fait de savoir qu’il s’agit d’un génocide ou pas est très largement un problème d’étrangers pour lesquels le vocabulaire utilisé semble parfois plus important que l’objet auquel ce vocabulaire se réfère ».



Il importe également de mentionner que, pour les géographes arabes médiévaux, le bilad al-Sudan (« Terre des noirs ») allait de l’actuel Sénégal à l’Abyssinie. Le Darfour se situe dans la région la plus occidentale du Soudan. Dar Four signifie pays des Fours. Les Fours constituent l’une des trois grandes tribus à avoir peuplé le Darfour, avec les Masalit et les Zaghawa.




c:/

Le Soudan et le Darfour…

et les voisins problématiques




C’est au début du XVème siècle que naquit le sultanat du Darfour. Au milieu du XVIIème, l’islam servit à asseoir le pouvoir du sultan. La dichotomie musulmane du dar al-islam (soumission) et du dar al-harb (conversion ou esclavage) fit que les Fertit, qui étaient ceux qui refusèrent de se convertir à l’islam, furent contraints de fuir vers le Sud, faisant du dar Fertit un endroit de chasse à l’esclave.



Au XVIIIème siècle, la population pluriethnique était gouvernée sur la base d’un agrégat de légitimité musulmane et de rituels sacrés africains.



Durant ce centenaire, le dernier groupe ethnique, les awlad al-Bahar (enfants du fleuve), s’installa au Darfour. Il s’agissait de marchands et de prédicateurs religieux que les populations locales désignaient comme étant « les gens de Khartoum ». Lorsqu’au milieu du XIXème, ils se répandirent dans le pays, le sud Soudan était alors négro-païen, tandis que le Darfour était déjà islamisé.



Se succédèrent ensuite sur ces contrées les grandes périodes de la Turkiyya (« Le temps des Turcs ») (1821-1840), puis de l’Umm Kwakiyya (« Le temps des bandits ») (1874-1881).



En 1885, trois ans après que les Anglais eurent pris possession de l’Egypte, les Mahdistes conquirent Khartoum, faisant entrer le Soudan dans l’ère de « Mahdiyya » (« Le temps du Mahdi »). Le Mahdisme était un régime théocratique millénariste qui ambitionnait de conquérir les lieux saints de l’islam, puis d’islamiser le monde [en savoir plus sur cette tradition].



En 1898, les Anglais évitèrent, de peu, une confrontation avec les Français sur le point de conquérir le Tchad. C’est pourquoi, la même année, alors que le régime mahdiste au Soudan venait pourtant d’être renversé par les Anglais, le gouverneur de l’Egypte, Lord Cromer, victime de ce que l’on appelle aujourd’hui le syndrome de Fachoda, décida de se désintéresser du Darfour. Un cheikh local du nom d’Al Dinar saisit cette occasion pour y restaurer le sultanat. Un royaume laïcisant, suivant l’exaltation mahdiste, fut instauré par le nouveau sultan.



Craignant qu’Al Dinar ne succombât, pendant la Première Guerre Mondiale, à la tentative de déstabilisation engagée par les Turco-Allemands, les Anglais s’emparèrent d’El-Fashir, la plus grande ville du Darfour. Le 6 novembre 1916, Al Dinar fut tué dans sa fuite. Le sultanat du Darfour perdit son indépendance et passa sous le contrôle du Condominium anglo-égyptien.



La période qui s’ouvrit alors fut celle de la négligence coloniale. De 1899 à 1939, 315 hommes servaient au Sudan Political Service, huit seulement parmi eux étant affectés au Darfour. C’est sans doute à cause de ce désintérêt de la part de la puissance coloniale que l’immense territoire du Soudan fut divisé en dar (foyers tribaux), et la gestion effective du pays laissée entre les mains des chefs tribaux. C’est parmi les tribus sans dar que sera recrutée, en 2003, une grande partie des miliciens janjawid que l’on aura à évoquer par la suite.



Une dizaine de soulèvements « néo-mahdistes » eurent lieu jusqu’en 1914. Les Soudanais finirent cependant par se rallier aux Anglais durant la première guerre mondiale. En 1920, le mouvement néo-mahdiste s’implanta au Darfour et se présenta comme une alternative à la négligence du pouvoir colonial. Mais le fils du Mahdi, Sayed Abd-el Rahman, fut expulsé du Darfour en 1921, suite à un soulèvement mené dans la cité de Nyala, pour des raisons économiques.



La vie politique soudanaise était alors partagée entre les Mahdistes (du parti de la "nation arabe" – Oumma –, souhaitant l’indépendance du Soudan) et les Khatmiyyistes (parti unioniste, prônant « l’unité de la vallée du Nil »).



De leur côté, les Anglais tenaient avant tout au contrôle militaire du canal de Suez et se trouvaient soudain pris dans une situation conflictuelle menaçante avec ses anciennes colonies arabes du fait de la création du Foyer National Juif en Palestine. Les diplomates britanniques trouvèrent cependant dans les Mahdistes, opposés au Caire, un allié de circonstance. Les premières élections qui eurent lieu au Soudan en 1953 furent toutefois remportées par les unionistes. Le Darfour, acquis à la cause mahdiste, ne représentait aucun enjeu électoral, et fut ainsi à nouveau totalement négligé.



L’indépendance du Soudan fut proclamée le 1er janvier 1956. Deux ans plus tard, ce fut l’Oumma mahdiste et indépendantiste qui remporta les élections.



En novembre 1958, une forte crise nationale ébranla le Soudan. Le général Ibrahim Abboud prit le pouvoir, en accord avec les partis politiques, et instaura une « dictature consensuelle », tout en s’alignant précisément sur la politique menée par le chef d’Etat égyptien Gamal Abd-el-Nasser.



Abboud fut renversé par un soulèvement civil en octobre 1964, et les élections qui suivirent cette révolution, en 1965, furent à nouveau remportées par l’Oumma, à la tête de laquelle avait pris place un certain Sadiq al-Mahdi depuis quelques années. Les élections suivantes de 1968 virent la naissance d’une rhétorique raciale, les « Arabes » d’entre la population étant accusés d’être favorisés par Khartoum. Ainsi, au sein même de l’Oumma s’affrontèrent deux tendances : celle de l’imam al-Hadi, qui tentait de se rallier aux tribus arabes, et celle de son neveu Sadiq al-Mahdi, qui courtisait le Four Ibrahim Diraige, fondateur du Darfour Development Front (DDF), dans le but de se rallier la majorité noire de cette région. Cette alliance permit effectivement à Sadiq al-Mahdi de remporter les élections au Darfour, et d’obtenir une marge d’avance suffisante pour former un gouvernement national.



Or, en mai 1969, le gouvernement de Sadiq al-Mahdi fut renversé par un coup d’Etat militaire fomenté par le colonel Jaafar al-Nimeiry. L’imam al-Hadi fut tué, Sadiq al-Mahdi et Diraige furent faits prisonniers. Les Mahdistes entreprirent de lutter contre le pouvoir en jouant dangereusement avec l’argument ethnique, qui avait déjà été utilisé au cours des élections de 1968.



Au Tchad voisin, sévissait depuis 1965 une guerre civile. Le Nord, musulman, y était en lutte contre les Chrétiens du Sud. Ces affrontements interethniques ne tardèrent pas à déteindre sur l’assemblage démographique fort sensible du Darfour. Ainsi, ce fut non pas au Tchad mais au Darfour, qu’en juin 1966, fut fondé le Front de Libération National du Tchad (Frolinat).



Cette organisation nordiste musulmane allait-elle pouvoir compter sur le soutien de Khartoum pour lutter contre le régime chrétien sudiste du président tchadien Tombalbaye ? On venait d’entrer ainsi dans l’ère d’un conflit triangulaire entre le Soudan, le Tchad et la Libye. Libye, dont le dictateur Kadhafi, qui avait pris le pouvoir en novembre 1969, avait, deux mois à peine après son coup d’Etat, permis au Frolinat de déployer ses bases arrières sur son territoire. Ce faisant, Kadhafi espérait qu’un jour, il parviendrait à prendre le contrôle du Tchad. D’ailleurs, il l’espère encore. Dès novembre 1971, le Darfour commença à être le théâtre de violents combats entre factions tchadiennes, attisés par les appétits territoriaux de l’autocrate libyen.



Durant ces années, Kadhafi prônait le panarabisme et la suprématie culturelle arabe en Afrique. Mais, fin 1971, il se heurta au refus sans appel de Nimeiry de fusionner avec la Libye aux fins de créer son « noyau révolutionnaire arabe ». Au lieu de cela, le dictateur soudanais opta, au contraire, en 1972, pour la négociation d’un accord de paix avec ses compatriotes soudanais chrétiens du Sud.



C’est cette même année 1971 que le guide libyen créa la légion islamique, en même temps qu’il soutint, au Darfour, l’Union arabe. Il s’agissait d’une organisation ouvertement raciste dont l’objectif était l’arabisation du Darfour ainsi que la réduction des tribus noires à un statut d’êtres inférieurs.



A sa sortie de prison, Sadiq al-Mahdi s’allia avec Kadhafi afin de reconquérir le pouvoir au Soudan. Il créa à cet effet le Front du Salut National. Nimeiry regardait d’un mauvais œil cette connivence entre les deux hommes, si bien que, lorsque Félix Malloum remplaça Tombalbaye au Tchad, assassiné par un de ses proches officiers, Nimeiry s’en rapprocha aussitôt.



En juillet 1976, 1’200 miliciens, recrutés parmi les tribus arabes du Darfour, partirent de Libye et prirent Khartoum, dont Nimeiry recouvra néanmoins le contrôle à peine trois jours plus tard. La répression fut sanglante contre les populations originaires du Darfour considérées par Nimeiry comme un bloc sympathisant de Sadiq al-Mahdi.



La haine implacable qui s’ensuivit entre Nimeiry et Kadhafi explique le soutien du dictateur soudanais au plus anti-libyen des leaders tchadiens : le nordiste Hissène Habré. Celui-ci se vit dès lors et à son tour offrir le Darfour comme base arrière à ses Forces armées du Nord (FAN).



En 1979, Hissène Habré fut nommé premier ministre par Malloum, mais l’invasion du Tchad par la Libye, l’année suivante, le contraignit à s’exiler au Darfour soudanais.



En janvier 1980, Ibrahim Diraige fut nommé gouverneur du Darfour et mit en place un cabinet provincial quasi exclusivement issu du Darfour Development Front. Son administration, héritant de la gestion catastrophique de ses prédécesseurs, s’attela immédiatement à trouver une solution au problème endémique autant que dramatique du manque d’eau. Mais Diraige n’était en fait qu’une espèce d’homme politique de vitrine sans réel pouvoir. L’événement prévalant, c’était qu’au Darfour, les manœuvres politiques conjointes entre Khartoum, la CIA et Hissène Habré, finirent, en juin 1982, par permettre à Habré de prendre le pouvoir au Tchad tout en chassant les Libyens.



En 1983, devant l’aggravation de la situation du Darfour, Diraige écrivit au président Nimeiry une lettre d’avertissement, connue aujourd’hui sous le nom de « lettre de la famine ». Il y mentionnait qu’il prévoyait une famine en 1984, à moins de recourir à l’aide alimentaire internationale. C’était sans compter sur le désintérêt que représentait à nouveau le Darfour pour Khartoum, maintenant qu’Hissène Habré était parvenu à s’emparer de N’Djamena. Et puis Nimeiry n’avait-il pas, pour attirer les investisseurs du Golfe, présenté son pays comme le « futur grenier du monde arabe » ? La « lettre de la famine » ne devait donc jamais être révélée. C’est pourquoi Diraige fut arrêté alors qu’il s’apprêtait à prendre un avion pour l’Arabie Saoudite.



Diraige sous les verrous, cela n’empêcha pas ses prédictions de s’avérer cependant et malheureusement exactes. En août 1984, l’état d’urgence fut proclamé au Darfour ! Khartoum réclama bientôt la bagatelle de 160'000 tonnes de nourriture d’aide à la communauté internationale.



L’administration Reagan vola au secours de son allié dans la région, Bush père se déplaçant même personnellement au Soudan pour annoncer le déblocage par les USA d’une somme de 192 millions de dollars d’aide.



Mais une grève générale éclata après la visite du président américain, et un comité insurrectionnel se retrouva bientôt maître de Khartoum. Le lendemain du putsch, une junte menée par le général Swar el-Dahab prit le pouvoir, tout en annonçant la tenue d’élections libres à l’issue d’une année de gouvernement provisoire.



En prévision de la campagne électorale de 1986, Sadiq reçut de l’argent de Kadhafi en échange d’une promesse de sa part de lui remettre le Darfour s’il parvenait à gagner les élections.







A suivre…

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Toufiq (Toufiq) le dimanche 09 juillet 2006 - 23h56:

la colere est mauvaise conseillere.
sur un coup de tete,
zidane a perdu..... la tete.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Hajkloufette (Hajkloufette) le dimanche 09 juillet 2006 - 20h46:

Un tres bel elan de solidarite internationale des communautes juives et de ceux qui soutiennent Israel pour exiger la liberation de Guilaad ... du Chili au Canada , de Paris a Washington et New York , d Australie a l Argentine ... Meme quelques manifestants ( que D les protege ) en Syrie appeleront a la liberation de Guilaad ...

En Hebreu on dit ... Im eyn any li ... mi li ??? si je ne le fais pas personne ne le fera pour moi ... ce sera exactement ca ... Nous n avons que tres peu a attendre de la communaute internationale qui s apitoient sur d autres sujets ... Seule la communaute Juive du monde entier doit se lever comme un seul homme pour faire pression ... et exiger que Guilaad revienne a la maison sain et sauf

Que D le protege !!!

Voila l appel lance a Paris !!!

Lundi 10 juillet 2006 à 19h30 au BATACLAN
50, boulevard Voltaire 75011 Paris
Après l'ignoble assassinat d'Eliahou Asheri,
Malgré le lâche enlèvement de Guilad Shalit…
Malgré les bombardements incessants sur Sdérot et maintenant au cœur d'Ashkélon…
C'est une fois encore le droit légitime de Tsahal à défendre son territoire et ses habitants qui est montré du doigt…

CELA SUFFIT !

Nous nous devons de réagir fortement et montrer avec détermination notre soutien envers nos frères israéliens et Tsahal.

Entrée gratuite - Venez nombreux
SOUTIEN COLLECTIF TRES IMPORTANT PAR VOTRE PRESENCE


A l'initiative de l'UPJF, Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France et du LIBI France
Avec le concours du Consistoire Central, des CCJ 93, de la FOSF, du KKL

Voici une image : mon image

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Lalla (Lalla) le dimanche 09 juillet 2006 - 18h30:

un sourire de Gerard;de Gerard QUI?Je connais ce tres beau et subtil poeme;

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Lalla (Lalla) le dimanche 09 juillet 2006 - 18h16:

A propos de cet editorial,
Heureux les simples pour ne pas dire les simplets. Ce monsieur semble avoir oublie qu'une roquette a ete lancee et a atteint Ashekelon. Ce monsieur semble aussi avoir oublie que depuis que le Hamas est au pouvoir 600 roquettes ont ete lancees contre Israel. Tant qu'Israel ne dormira pas tranqille, les Palestiniens ne dormiront pas tranquilles non plus.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Girelle (Girelle) le dimanche 09 juillet 2006 - 17h11:

Séguillon a publié lui même son édito sur le site de France 2 en se plaignant de s'être fait copieusement engu...,(mais aussi féliciter)
je lui ai répondu, je vous invite à en faire autant, au moins la direction de la chaine en profite et ça ne laisse pas la majorité aux félicitations.