Archive jusqu'au 12/novembre/2005

Discus: ADRA : LES COMMENTAIRES D'HARISSA: Commentaires 2005: Commentaires Novembre 2005: Archive jusqu'au 12/novembre/2005
Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Davideden (Davideden) le vendredi 11 novembre 2005 - 16h11:

Sylvain Shalom, natif de la ville de Gabès viendrait visiter la Tunisie et des Tunisiens auraient la Chuzpah de protester.
Le droit a la terre natale s'appliqurait elle seulement aux Arabes nes dans l'occident?
Au lieu de donner des lecons a Israel, les Tunisiens devraient profiter de cette visite pour demander le pardon des Juifs de Tunisie pour leur spoliation et epuration.
Si Israel n'est pas une democratie parfaite, la Tunisie de tout pays est loin d'etre dans une position de superiorite morale.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Braham (Braham) le vendredi 11 novembre 2005 - 16h54:

Shabbat Shalom 11 11 05

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Douda (Douda) le vendredi 11 novembre 2005 - 15h13:

Douda :

Ca n'est pas de la PUB, puisque la Fée Verte Ducros à disparue (interdite) il y a presque un siècle, donc pas la peine de la sucrer,,, Quand à Bokobza, il s'occupe d'autres produits bien connus, mais pas de Fée Verte,,, donc,,, c'est toujours pas de la pub.

c:/


Douda du PTB

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Maurice (Maurice) le vendredi 11 novembre 2005 - 11h14:

Rébellion contre le «modèle français» Le bloc-notes d'Ivan Rioufol
[11 novembre 2005]

Cette fois, le pacte national est ébranlé. La rébellion des cités a révélé la gravité de la fracture identitaire, née d'un communautarisme ethnique. Le modèle français d'intégration a été la cible d'une tentative de subversion, empruntant aux techniques classiques de la déstabilisation. Elles consistent, s'appuyant sur des faiblesses socio-économiques indiscutables, à culpabiliser l'adversaire, à installer la discorde dans ses rangs, à surexploiter le moindre élément.

Ainsi, des mots de Sarkozy appliqués à des comportements précis ont été prétextes, pour les émeutiers, à exiger des excuses. Le tir d'une grenade lacrymogène près d'une mosquée a été assimilé à une agression. L'empressement de la gauche à alimenter ces polémiques est venu confirmer sa légèreté. D'autant qu'elle est restée muette devant la mort de Jean-Claude Irvoas, tué à Epinay-sur-Seine, et celle de Jean-Jacques Le Chenadec, qui a succombé lundi à Stains sous les coups d'une racaille.


L'apathie des consciences conduit les jobards à affirmer qu'ils «comprennent» les violences. Ils assurent que, non, rien n'a été fait pour les banlieues et que l'exigence de «respect» des casseurs est légitime. Certains accréditent l'idée que la police se comporte en «colonisateur». Ces adeptes de la repentance, assidus chez les sociologues et les animateurs de télévision, sont prêts à tous les renoncements pour obtenir les faveurs des révoltés sublimés.


Ce sont ces belles âmes que préfère entendre le monde politique, qui aimerait tant sous-estimer le désastre. Il se sait responsable des ghettos : il n'a cessé de chanter les mérites de l'immigration, en se désintéressant de l'accueil. Les gardiens du politiquement correct, qui monopolisent la parole, diabolisent encore ceux qui mettent en garde contre une arrivée trop massive de populations extra-européennes et l'emprise de l'intégrisme dans des quartiers.


Mais les faits sont têtus. Ce qu'ils donnent à voir est plus grave que le «mai 68 des cités», décrit par les crédules. C'est un terrorisme urbain qui est apparu. La désolation laissée par les razzias le prouve. Les écoles, bibliothèques et églises incendiées ou prises pour cible témoignent, plus précisément, d'un rejet de la France. Elle est devenue, pour de nombreux incendiaires, un pays haï. Les sourds ne veulent pas l'entendre.

«Zizanie politique»


En décrétant, mardi, l'état d'urgence, Dominique de Villepin a donné la mesure de la menace de déstabilisation de la République. Sans doute le premier ministre a-t-il également pressenti le risque d'exaspération de la population, face à des actes aussi barbares que les deux agressions mortelles d'Epinay et de Stains, les incendies de bus transportant des usagers, les tirs à balle réelle contre les forces de l'ordre. Il n'y a pas lieu de parler de guerre civile. Mais l'hypothèse n'est plus invraisemblable.


Le chômage, la ségrégation et le repliement que vivent les jeunes issus de l'immigration maghrébine et africaine sont des réalités qui ne peuvent qu'inciter à poursuivre la nécessaire «discrimination positive» et le développement d'une politique sociale. Mais l'empressement du gouvernement à redistribuer, cette semaine, des subventions aux associations des cités et à disculper l'islam de toute responsabilité dans les émeutes n'aide pas à comprendre la complexité des motivations des insurgés.


Reviennent en mémoire les diatribes contre la France, tenues par les islamistes manifestant, à Paris, contre la décision du gouvernement d'interdire le voile à l'école. «Nous n'accepterons jamais une loi qui porte atteinte à notre dignité et à notre liberté ! Nous attendons des excuses ! Nous sommes capables de semer la zizanie politique» (bloc-notes du 23 janvier 2003). Lundi, le premier ministre turc a estimé que cette loi expliquait les violences. Une piste parmi d'autres.

Les enfants perdus, laissés sans éducation ni autre culture que celle de la rue, sont souvent devenus les instruments des dealers ou des fondamentalistes. Aussi n'est-ce pas leur rendre service que de leur dissimuler les manipulations qu'ils peuvent subir. Nombre de ces jeunes Français ne se réconcilieront jamais avec la nation si personne ne les aide à s'éveiller et à sortir d'un endoctrinement puisant dans une lecture sectaire du Coran, qui invite à combattre et soumettre juifs et chrétiens.

Premier pas

Le modèle d'intégration peut-il être sauvé ? Une totale assimilation semble être devenu un objectif irréaliste. Mais le risque d'éclatement du pays peut être évité, si les nouveaux venus retrouvent l'envie de s'identifier à la France. Ce qui n'est plus toujours le cas, tant il est vrai qu'un pays qui ne sait pas se faire respecter est un pays qui n'est plus respectable. La décision de Nicolas Sarkozy, mercredi, d'expulser les émeutiers étrangers est la mise en pratique d'une plus grande exigence de l'Etat. Mais ce ne peut être qu'un premier pas. Reste aussi aux politiques à considérer enfin l'immigration pour ce qu'elle est devenue : un problème pour l'identité du pays. Quand le ministre de l'Intérieur envoie dernièrement aux préfets une circulaire précisant que «la procédure du regroupement familial doit rester la règle», c'est justement cette philosophie de l'accueil imposé qui devrait être remise à plat

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Bazooka (Bazooka) le vendredi 11 novembre 2005 - 09h36:

Il n'y a pas que Ducros qui se decarcasse, il y a aussi LEAVI pour l'aliya en Israel, il faut saluer le dynamisme de cette equipe.

Qu'on se le dise.
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La Fondation Leavi vous invite a participer a la premiere d'un cycle de

videoconference qui se deroulera en duplex a Paris et a Jerusalem :

"Travailler et entreprendre a partir d'Israel"

Lundi 21 Novembre 2005 a 9h00

Conference organisee par La Fondation LEAVI

C'est un grand rendez-vous que lance chaque mois la Fondation LEAVI et qui interessera ceux qui ont fait leur Alyah ou qui en ont le projet.

Des professionnels de l'emploi et du business en Israel aborderont pour vous, des sujets concernant a la fois salaries et chefs d’entreprise :

- l’integration professionnelle en Israel,

- la delocalisation d'entreprise,

- le travail a distance,

Pour plus d'information, cliquez sur :

http://www.leavi.com/site/fr/accueil/video-conference/

Cordial Shalom.

Fondation Leavi

26a, Emek Refaim

Jerusalem - Israel

www.leavi.com

Jerusalem 972 (0)2 566 04 87

Paris 33 (0)1 70 36 74 00

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Bazooka (Bazooka) le vendredi 11 novembre 2005 - 09h32:

Emile,

Permettez-moi de penser et d'ecrire, que ce mouvement de protestation n'est pas que le reflet d'un mecontentement "anti sioniste" (voir la depeche AP de Citron).

Il est de notoriete qu'Israel, avant gardiste dans les Sciences de l'Information et des Telecommunications, excelle depuis des annees dans ces domaines.

Cela n'est pas du tout du gout de tous et fait meme de l'ombre a certains.

Shabbath Shalom.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Emile_Tubiana (Emile_Tubiana) le vendredi 11 novembre 2005 - 07h52:

L'hospitalité tunisienne?


Je trouve qu'il est regrettable que les enseignants tunisiens protestent l'arrivée de la délégation israélienne au Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI), prévu à Tunis du 16 au 18 novembre courant.

Il est aussi triste de savoir que dans un communiqué, le syndicat général de l'enseignement de base (primaire) et celui de l'enseignement secondaire expriment leur hostilité à "toute forme de normalisation avec l'entité sioniste" Ces paroles sont très déplacées et ne sont pas dignes d'un corps enseignant.

Qu'ils ne s'étonnent pas si ces syndicats seront critiqués par certains membres de l'ONU et de la Presse Internationale. "ai toujours cru que les Tunisiens seraient plutôt pour le rapprochement des peuples et non pas contre "toute forme de normalisation". Le fait de traiter Israël et son peuple d'"entité sioniste" est un manque de respect et laisse deviner le niveau de leur enseignement.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Emile_Tubiana (Emile_Tubiana) le vendredi 11 novembre 2005 - 06h14:

Le chemin du retour


Nous cherchons tous le retour des beaux jours.
Cherchons en nous-mêmes et pas tout autour!
Connaissez-vous les vibrations de votre âme
Que nous avons connues avant nos femmes?

Les vibrations dévoilées par nos prophètes,
Desquelles parlent philosophes et poètes,
Dont on lit dans les légendes et les contes
Et qui nous rapprochent en fin de compte.

L'état d'âme qui nous conduit sur le chemin
De nous-mêmes et de nos frères humains,
Celui de la paix, du silence et de la prière
Dans l'obscurité, le réveil et la lumière.

Avançons vers le chemin de notre retour,
De la gloire qui nous remplit d'amour.
C'est ainsi que nous créons des beaux jours
En oeuvrant et en restant actifs toujours.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Citron (Citron) le jeudi 10 novembre 2005 - 22h31:

Tunisie: grève des enseignants pour protester contre la venue d'une délégation israélienne au SMSI

TUNIS (AP) - Les enseignants tunisiens du primaire et du secondaire ont déclenché jeudi une grève en signe de protestation contre la venue d'une délégation israélienne pour assister au Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), prévu à Tunis du 16 au 18 novembre, a-t-on appris de source syndicale.

A la mi-journée, le débrayage était suivi à 80%, selon la même source, tandis que le ministère de l'Education et de la formation fait état d'une proportion beaucoup moindre qui "n'a pas dépassé les 19%".

Dans un communiqué, le syndicat général de l'enseignement de base (primaire) et celui de l'enseignement secondaire expriment leur hostilité à "toute forme de normalisation avec l'entité sioniste et leur refus de la visite du sanguinaire (Ariel) Sharon ou de ceux qui le représentent".

Selon le document, la grève a été décidée à la suite du refus du gouvernement tunisien de retirer l'invitation adressée à "l'entité sioniste".

Les officiels tunisiens rétorquent que la venue de la délégation israélienne ne s'inscrit pas à une échelle bilatérale, mais plutôt dans un cadre onusien, en rappelant que le SMSI est un sommet organisé par les Nations unies qui ont invité tous les pays membres de l'organisation internationale.

Israël sera représenté à ce sommet par une délégation conduite par le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvain Shalom, natif de la ville de Gabès, sud tunisien, qui sera accompagné notamment de Dalia Isaac, ministre des Télécommunications.

La Tunisie n'entretient pas actuellement de relations diplomatiques avec Israël. Des bureaux d'intérêt ouverts en 1994 à la faveur des accords de paix d'Oslo, avaient fermées à l'initiative de Tunis pour protester contre la répression de la deuxième Intifada. AP

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Sarel (Sarel) le jeudi 10 novembre 2005 - 22h04:

Cher Mr Juffa
J'ai lu votre article et j'ai remarque que vous avez renfloue une certaine ideologie dans les partis politiques /.
Vous n'avez pas remarque que Sharon a deja prouve qu'elle n'existait deja plus dans aucun parti
Il restait d'apres lui seuleument"" ces rabbins ""qui voulaient le gener
On pouvait acheter tout le reste
Merci et shalom

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Mena (Mena) le jeudi 10 novembre 2005 - 18h45:

La couleur rouge (info # 011011/5) [analyse]

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

Coup de tonnerre dans le ciel politique d’Israël. Vers trois heures ce matin, on apprenait l’élection d’Amir Peretz au poste de chef de file du parti travailliste à l’issue de la consultation nationale des membres de cette formation. Peretz l’a emporté avec 42% des suffrages exprimés, contre 40% au favori des sondages Shimon Pérès et 17% au ministre des Infrastructures nationales, Benjamin Ben Eliezer. C’est d’ailleurs le score élevé obtenu par (Fouad) Ben Eliezer, ponctionnant des électeurs dans la base traditionnelle du parti qu’il partageait avec Pérès, qui a permis le succès d’Amir Peretz.

Autant le dire tout de suite, cette élection change tout dans l’horizon politicien de l’Etat hébreu, et ce, pour de nombreuses raisons. Pour les comprendre, on suivra l’hyperbole qu’a dessinée dans l’air le nouveau leader travailliste lors de sa première interview télévisée suivant sa victoire ; elle s’articule sur trois axes : l’économie doit servir l’homme, l’homme doit rechercher la paix, la paix favorise l’économie. Le cercle parfait, en quelque sorte ?

Peut-être, mais qui marque un très net coup de barre vers le retour au socialisme classique, avec lequel le parti avait pris ses distances ces dernières années. Certes, Shimon Pérès, le Raymond Poulidor de la politique israélienne, avait qualifié l’orientation économique dictée par le pénultième ministre des Finances du Likoud Benjamin Netannyahou de capitalisme de cochons mais sa remarque était restée sans suite. Le Maarakh, le parti travailliste, avait pris ses habitudes dans la coalition Sharon dans laquelle il occupe huit ministères sur vingt et se faisait à l’idée de demeurer la seconde formation du pays, sans trop se fatiguer.

Cela faisait effectivement fort longtemps que l’on avait pas vu les socialistes dans la rue, et il n’est pas excessif de parler à leur égard de "gauche caviar", tant le terme seyait à définir à leur (in)action. C’est par là qu’a toujours péché Shimon Pérès, sa distance à la rue, son incapacité à se mobiliser pour mobiliser les électeurs.

Amir Peretz, c’est tout son contraire. Il est la rue ! Peretz est jusqu’à maintenant le secrétaire national de la très puissante fédération syndicale Histadrouth, une centrale qu’on situerait en France, osons un transfert à des fins explicatives, entre la CGT et la CFDT, et qui ne souffre d’aucune concurrence sérieuse dans le monde du travail.

Mais cela n’est pas le seul contraste entre les deux hommes que tout sépare. L’âge : Pérès a quatre-vingt-deux ans, Peretz cinquante-quatre. Les origines : Pérès est né en Pologne et Peretz au Maroc, d’où il a émigré avec ses parents à l’âge de quatre ans. Le milieu : Pérès, Prix Nobel, président d’instituts, habite et fréquente le Nord bourgeois de Tel-Aviv et est un familier estimé de l’environnement des affaires. Peretz quant à lui vient de la petite cité de développement de Sdérot, rendue célèbre par les missiles Qassam que lui envoient ses voisins immédiats de Gaza. Le chef syndicaliste n’a jamais quitté Sdérot, dont il fut maire et où il demeure en famille avec ses quatre enfants.

Il est facile d’imaginer que l’irruption de cette wilde khayé (terme yddish à caractère humoristico-raciste jadis utilisé par les Juifs originaires d’Europe pour qualifier leurs coreligionnaires africains et signifiant littéralement animal sauvage) dans le sérail feutré du parti ex-socialiste d’Israël ne fait pas que des heureux. Ce d’autant plus que Peretz a déjà trouvé le temps d’annoncer qu’il allait s’entretenir avec le premier ministre Sharon afin de convenir du démembrement de la coalition ainsi que d’une date pour des élections générales anticipées. Les ministres rose pâle ont été pris de court.

Et au niveau national aussi, l’élection de ce socialo du Néguev, voisin géographique du ranch des Sycomores, dynamise tous les enjeux. Alors que le parti travailliste se préparait, résigné, à une défaite honorable sous la conduite de Shimon Pérès lors des prochaines élections prévues dans la première moitié 2006, l’avènement de Peretz fait en sorte que le Maarakh, presque à son corps défendant, possède désormais des chances réelles de revenir aux affaires.

Deux raisons simples à cela : l’une tient à la politique de réformes économiques hyper libérale du Likoud ; si elle a sans aucun doute assaini l’économie d’Israël et renforcé la classe moyenne, elle a, tout aussi sûrement, précipité un bon tiers des habitants de ce pays sous, ou à proximité, du seuil de pauvreté. Des centaines de milliers d’Israéliens vivent aujourd’hui dans la misère et ils ont l’impression, à juste raison, que leurs problèmes n’intéressent pas les élites politiques du gouvernement et de la Knesset. Pour cette plèbe, et pour les très nombreux Israéliens que cette incurie exaspère, l’accession d’un syndicaliste aux accents populeux, qui place la question sociale au centre de son programme de gouvernement, à la présidence du Conseil constitue une option tentante. Deuxièmement, Amir Peretz serait le premier premier ministre sépharade d’Israël, et pour beaucoup de Likoudniks fanatiques d’Afrique du Nord, cette vision surpasse dans l’ordre des priorités leur fidélité traditionnelle au parti de Menahem Bégin.

On ajoutera à ces considérations le fait que le nouveau candidat socialiste ne fait pas partie de l’oligarchie des politiciens issus de l’armée, comme Sharon, Netannyahou, Rabin, Weizmann, Dayan etc. ni du creuset des anciennes familles dirigeantes de l’époque d’avant l’indépendance, dite du "Foyer national", du Yshouv. Et, pour dire les choses crûment, une grande partie des Israéliens peu éduqués, exclus des milieux d’affaires et peu friqués en ont ras-le-bol d’être continuellement dirigés par des personnes appartenant au même cercle et dont ils sont exclus. Pour risquer un second parallèle avec la France, ce sentiment ressemble à celui qui fait florès dans l’Hexagone à l’égard de la caste des promus des grandes écoles. Quelque part, le peuple ressent que ses oligarques rament d’abord pour leur paroisse, qu’ils se soucient de leurs intérêts et qu’ils manichéisent à dessein le débat politique afin de s’assurer que, alternance ou pas alternance, c’est toujours la même manière de penser et les mêmes "profiteurs" qui restent en place.

Ce ras-le-bol est fort répandu en terre sainte, au point, avec les autres facteurs que j’ai brièvement évoqués, de menacer la suprématie d’Ariel Sharon aux prochaines élections générales. Tenez, je m’aventure même à faire une prévision (ce qui en étonnera plus d’un parmi mes amis et mes confrères) : lors d’un duel électoral mettant aux prises Sharon en tant que leader du Likoud et Peretz en tant que chef de file de la Avoda [1], à moins que n’éclate entre-temps un conflit armé majeur dans lequel Israël serait partie prenante, c’est Amir Peretz qui l’emporterait.

Croyez bien que j’ai pris en compte, pour aboutir à cette prévision, tous les critères scientifiques à disposition d’un analyste stratégique. Non, je n’ai pas changé de job, je ne suis pas devenu Monsieur Soleil !

Est-ce à dire que les dés sont jetés ?

- Non ! Il y a encore une variante à intégrer et vous aller voir qu’elle n’est pas négligeable. Ariel Sharon fait actuellement face à une fronde ouverte à l’intérieur de son parti. En dépit de leur défaite au sein du comité central du Likoud, lors de leur tentative de renverser l’homme des Sycomores, les "rebelles", les mordim, sous la conduite de Bibi Netannyahou et d’Uzi Landau ont refusé la semaine dernière de se plier à la discipline de vote du parti, rejetant la nomination de deux des trois nouveaux ministres proposés par Sharon. Du coup, la majorité de la Knesset a refusé la proposition du premier ministre, qui a essuyé un revers non seulement cuisant, mais également annonciateur d’orages au sein du Likoud.

Au Likoud où l’on assiste à un schisme de facto comme tous les observateurs l’admettent ; on prêtait de plus en plus sûrement, ces tous derniers jours, à Ariel Sharon l’intention de créer un nouveau parti de centre-droit et de laisser le Likoud aux rebelles, qui seraient immédiatement et de ce fait marqués très à droite sur l’échiquier politique israélien, loin des préoccupations de la majorité écrasante de nos compatriotes.

Mais l’élection d’Amir Peretz à l’investiture travailliste menace à son tour l’intégrité du Maarakh. Premier test : les ministres roses accepteront-ils de remettre leurs portefeuilles comme l’exigera l’homme de Sdérot ? Oui pour certains, comme Ophir Pines-Paz, le ministre de l’Intérieur, très attaché à l’image du parti et au choix démocratique de ses membres. Beaucoup moins sûr en ce qui concerne la vieille garde et les péressiens, qui seront tentés, c’est certain, de s’associer à Ariel Sharon dans la fondation de ce qui deviendrait alors un parti commun, dans lequel se rejoindraient les exilés du Likoud et ceux de la Avoda.

On obtiendrait ainsi un paysage politique reconstitué, qui refléterait plus adéquatement la réalité des courants, des forces et des alliances dans ce pays. Les extrêmes perdraient des points, de même, dans une moindre mesure, que les formations religieuses et le parti laïc Shinouï, représentant les classes bourgeoises. On se retrouverait avec Peretz à gauche et un parti qui deviendrait probablement social-démocrate, le parti Sharon-Pérès au centre de l’échiquier, sorte de parti républicain, et le New Likoud de Netannyahou et Landau sur l’aile droite.

L’issue d’élections entre ces trois courants, pour l’instant virtuels, dépendra du taux de migration vers le parti centriste en provenance du Likoud et des travaillistes. La victoire pour le siège de premier ministre devrait alors se disputer entre Sharon et Peretz et elle serait fort serrée.

Je vois d’ici les arguments des uns et des autres… Les travaillistes migrateurs reprocheront à Amir Peretz son absence d’expérience ministérielle et militaire. Peretz jouera sur l’âge de ses contempteurs, leur moindre sens démocratique et la nécessité de changement. Bref, la surprise issue des primaires d’hier nous a injecté une bonne dose d’adrénaline, de quoi animer le débat politique durant les longues veillées de cet hiver, qui, et c’est ma dernière confidence du jour, commençait à lasser.

Notes :

[1] Le parti travailliste ou mifleget ha-avoda, parti du travail, ou simplement Avoda, Travail, et encore Maarakh, abréviation formée par ses courants constituants.