Archive jusqu'au 31/mai/2005

Discus: ADRA : LES COMMENTAIRES D'HARISSA: Commentaires 2005: Commentaires Mai 2005: Archive jusqu'au 31/mai/2005
Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Admin (Admin) le mardi 31 mai 2005 - 07h27:

CONFUSION SUR LA DATE DE LA HAZKARA DE HENRI BELLICHA

Ayant recu deux differentes dates pour la hazkara de Henri Bellicha, j'ai voulu en avoir le coeur net.
J'ai donc telephone aux deux sommites rabbiniques sefarades de ma ville et leur ai donne les dates de deces et d'enterrement. Les deux m'ont donne des dates de hazkara differentes, l'un mardi soir, l'autre mercredi soir.
Comme je ne pouvais contester leurs edits, je ne savais que faire quand tout a coup, un rire connu retentit et une voix qui ressemblait etrangement a celle de mon ami Henri Bellicha dit :
- Mais quelle importance ou et quand prier ? N'importe qui peut prier la ou il veut et quand elle veut ! L'important c'est que vous soyez tous en paix !!!

Aussi je rappelle les deux annonces.

Nice :
Les prieres seront dites à la Grande Synagogue de Nice (rue Deloye) le mercredi 1 juin a 19 heures, et seront suivies d'une seouda.
C'est à 8h30 au cimetiere de la commune de Saint Andre de Nice que le rabbin dira les prieres le jeudi 2 juin.

Acco :
Une seouda sera organisee et des prieres seront dites en sa memoire a la Syna Tune de Acco, Israel le 31 mai a 19h.


Jaco

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Citron (Citron) le mardi 31 mai 2005 - 02h10:

Mr. Jacques Hutzinger (Ambasadeur de Dimension internationale de la Shoa)

« L'exemple de Djerba doit inspirer d'autres responsables »
Le Temps : Votre présence en ce lieu est symbolique, ce jour de pèlerinage....
Mr. Jacques Hutzinger : Les autorités françaises portent un intérêt particulier à cette manifestation, à ce pèlerinage de la Ghriba. C'est une rencontre remarquable sur cette terre d'accueil entre les juifs d'origine tunisienne, française ou israélienne, je me permets de le dire. C'est assez rare pour être souligné et encouragé. Par ailleurs, tout le monde se souvient de cet horrible attentat de 2002 à cet endroit. Il faut donc être là aujourd'hui.

Il y a beaucoup de sérénité et de fraternité ?

-Oh oui ! J'ai déjeuné ce midi avec les trois maires de l'île entourés des responsables des écoles « yashiva ».Un déjeuner très fraternel, qui exprime cette osmose palpable, cette cohabitation , qui existe entre les communautés.

Nous sommes sur le site considéré comme la plus vieille synagogue du monde. Il y a là une mémoire collective qu'on commémore, autrement que par des cérémonies pour se rappeler les horreurs subies dans les camps .

- Tout à fait. Dans le devoir de mémoire, il faut se souvenir bien sûr des drames de la Shoa, mais il faut également se souvenir de « l'histoire réussie », de la réussite de la cohabitation des juifs dans le monde avec différentes communautés, à commencer par ici. Berbères, juifs, musulmans se sont trouvés sur cette terre, et cela, il faut aussi s'en souvenir et le marquer.

C'est donc un exemple de paix qui peut être pris comme modèle ailleurs ?

-C'est un exemple qui doit inspirer d'autres responsables et d'autres peuples, ailleurs.

Propos recueillis par F.T

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Citron (Citron) le mardi 31 mai 2005 - 02h05:

le Temps/Tunisie

Ghriba 2005
La "Ziara", une tradition bien ancrée
La M'nara décorée de foulards
Un afflux beaucoup plus important que celui de l'année dernière pour ce pèlerinage 2005. Il faut dire aussi que le Comité organisateur a multiplié les efforts pour faire la promo nécessaire. Les services de sécurité tunisiens sont omni-présents, en alerte, et renforcés depuis un bout de temps déjà à Djerba, pour parer à toute éventualité.

Rappel rapide : le pèlerinage de la Griba correspond au 33ème jour de l'omer, après Pessah 5725 c'est le « Youm hiloula » commémoration de la mort de deux Kabbalistes respectés : Rabbi Meyer Baïl Heness et Rabbi Shimon Bar Yohaï. Ce dernier est considéré comme le commentateur, l'inspirateur ou l'auteur du Sépher du Zohar, le Livre des Splendeurs. C'est pour les kabbalistiques, un ouvrage primordial, incontournable de la mystique juive. Il était « tana », répétiteur .C'est le commentaire du Pentateuque ( les cinq Livres de l'Ancien Testament ) .La lecture du Zohar se fait debout, symbole de quelqu'un qui est en mouvement, en voyage, et non assis comme pour lire les autres textes sacrés.

Entouré d'oliviers, le site est constitué d'une synagogue, la plus vieille du monde, et cela doit créer quelques jalousies, puisqu'on construit ailleurs des copies de ces monuments religieux, et de deux énormes caravansérails, composés de chambres autour des patios , que les pèlerins d'antan louaient pour la durée du séjour. Il en venait, de partout, même de Tripolitaine, en charrettes. Les taleths (châles de prières en laine de mouton) de réputation mondiale, on en exportait en Yougoslavie et en Egypte, étaient tissés à Hara Sghira. Les habitants de ce village, construit autour du temple, sont selon la tradition orale, des Cohanims, c'est-à-dire des descendants directs des fils d'Aaron, le frère de Moïse, issus donc de la tribu des Lévy (les lévites).

Une affluence remarquée cette année, 4000 pèlerins en tout me dit-on, nette amélioration en comparaison des années précédentes, mais très loin des 8000 visiteurs venus en 2000, lorsque les lueurs d'un règlement plus juste du problème israélo-palestinien commençaient à apparaître. Mais les inconditionnels sont là. Ils ne ratent pas un pèlerinage, la Ziara. En général des familles installées en France et qui ont encore un tissu parental solide ici : ils profitent de ce séjour pour retrouver d'autres personnes souvent perdues de vue. La Ghriba continue de jouer ce rôle unificateur. Ne pas oublier que la population de confession musulmane « rend visite » à la sainte aussi, et pas seulement au moment du pèlerinage.. On constate que les rites sont les mêmes : on allume des bougies, la veille, près de l'endroit où est gardée la Thora. Dépôts d'œufs pour une fertilité souhaitée, pour mettre fin à une stérilité tenace, un mariage en vue à bénir, une descendance mâle souhaitée. Remerciements en ex-voto: on trouve tous les noms des familles juives,d'origine livournaise , ibérique ou locale , les Bismuth, Scemama, Parienté, Sitbon, Slama, Memmi, Pérez, Haddad,Lellouche, Naccache, en souvenir d'un être cher perdu, ou simplement pour la bénédiction d'une descendance..

Excursion vers El Hamma

On profite souvent de ce moment pour faire un saut sur le continent. Et de Paris, des sorties complémentaires sont prévues en ce sens. Ainsi, mardi , six cars et quelques voitures particulières, sont partis pour El Hamma, rendre hommage au Saint vénéré de tous, Sidi Youssef El Moôraabi. L'expédition, organisée par Azria Gozlan (et son fils Guy) , figure incontournable du judaïsme gabésien, s'est arrêtée un moment à Gabès, pour faire une prière à la synagogue , entretenue par le vieux Mahmoud. Quelques uns en ont profité pour faire un tour en ville, et montrer à leurs enfants(ou petits enfants) les quartiers où ils ont vécu et grandi, saluer quelques familles amies, retrouver des voisins, acheter quelques souvenirs. Puis direction El Hamma : reçus par les officiels, discours de bienvenue, recueillements, prières, bénédictions, et puis retour vers les hôtels de Djerba. Tous se disent enchantés par ce petit voyage à travers cette partie du sud et à travers le temps aussi.

Un rite immuable

Vendredi, jour prévu de la Ziara, moment attendu : la M'nara, est décorée de foulards, vendus aux enchères. Les prix flambent, chacun apporte ainsi sa contribution financière, pour la gestion et l'entretien des bâtiments du temple et de ce qui l'entoure. De la même façon on achète des photos de la Ghriba, et même le droit de « guider » la M'nara pendant le trajet prévu : aller à travers les ruelles du village de Hara Sghira, s'arrêter devant l'autre synagogue et revenir. « L'Aroussa », précédée de B'chiri et de l'orchestre local, chants et refrains connus, youyous, est adulée,vénérée de tous. Chose tout à fait nouvelle depuis quelques année : les jeunes filles, à qui il était strictement interdit de s'en approcher d', l'entourent , la touchent même et forment une haie compacte...Les temps changent....Et la fête bien sûr. Le religieux jouxte le profane. Bien manger et bien boire : boutargue, merguez, grillades, briks, gâteaux à profusion, toutes sortes de boissons. Glibettes et amandes fraîches, cris d'enfants, des corps qui ondulent au rythme des percussions tunisiennes. A l'intérieur de la synagogue, beaucoup de femmes assises. On reconnaît de suite les djerbiennes, tenues sobres, longues robes ou tailleurs amples, souvent accompagnées d'une petite famille nombreuse, de celles venues d'ailleurs, ostentatoirement plus « in », et souvent juste le couple. Un orchestre, le « Pirhel »,composé de très jeunes éléments, venu spécialement de Jérusalem, chante des mélodies religieuses, des classiques et parfois enflamme la salle par des chants plus entraînants. L'un d'eux, Ben Sion, me dit dans un anglais hésitant : « avant de venir on avait une idée plutôt négative d'ici, mais maintenant, on se rend compte de ce qu'est réellement la Tunisie, et je le dirai et répèterai à tous mes amis, ma famille, mes parents » .On reconnaît quelques personnalités, invitées ou venues simplement en amis .Une très forte délégation officielle française : Mr Jacques Hutzinger, Ambassadeur de la Dimension Internationale de la Shoah, des spoliations et du devoir de mémoire, Mr Jean Pierre Filiu, Ministre conseiller auprès de l'Ambassade de France à Tunis, Mr Jacques Gascuel, Consul de France à Sfax, Mme El Kaar Consul Honoraire à Djerba. On reconnaissait aussi le Pr Hassine Fantar, Mr Alexandre Adler, spécialiste de l'histoire juive, qui découvre pour la première fois la Ghriba. Une douzaine de journalistes américains venus de Washington à cette occasion , qui ont visité tout le pays, ainsi que des correspondants de plusieurs journaux et de quelques chaînes de télévision.

Vers 19 heures, retour de la M'nara, et juste après, l'arrivée des officiels : Mr Tijani Haddad, Ministre du tourisme accompagné du Gouverneur de Médenine, de l'ensemble des autorités locales et régionales, les membres du Comité de la Ghriba, le Grand rabbin de Paris et celui de Tunis, qui vient à peine de prendre ses fonctions. Discours de bienvenue, hommages, reconnaissances, et toujours les termes de fraternité, de solidarité, d'appartenance aux mêmes racines, de tolérance bien comprise. Des applaudissements plus que nourris à chaque fois. Une fête d'importance, ancrée, maintenue, présente. La Ghriba continue de créer cette ambiance magique, unique. D'autres doivent en prendre de la graine.

Fatah THABET


http://www.letemps.com.tn/

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Mailroom (Mailroom) le mardi 31 mai 2005 - 01h15:

Chers amis,

Voila déjà onze mois que notre ami Henri Bellicha nous a quitté.

Comme nous le commandent nos textes, l'année de deuil se termine a la fin du onzième mois pour que notre peine intense se transforme en souvenir éternel.

D'après notre calendrier, l 'HESGUER aura lieu le Mercredi 1 Juin 2005 à 19h, à la grande synagogue de la rue Deloye (une séouda sera offerte après l'office), et nous nous retrouverons le lendemain Jeudi 2 Juin à 8h30 au cimetière de la commune de St André.

Henri aimera beaucoup retrouver ses amis...pour discuter des résultats du réferendum.

affectueusement,

Lucien Samak

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Albert (Albert) le lundi 30 mai 2005 - 21h24:

Baz,

On attend le PLAN T.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Sarel (Sarel) le lundi 30 mai 2005 - 20h43:

Bonjour a tout le monde
Je viens de lire un article sur Israel decrivant
la vie et l'expansion dans tous les domaines
Cela fait plaisir
LE TOUT ET L"INDIVIDU
C'est une immense propriete avec des terres a perte de vue On cultive de tout en accord avec les saisons .les ouvriers travaillent pour leur gagne pain tout en ayant leur ambition personnelle.Chacun aurait bien voulu avoir un petit lopin de terre dans ce monde
La terre attire 'elle vit' elle produit.
Et puis cela se voit 'ce n'est pas comme l'argent .Tout le monde peut la mesurer du regard et l'evaluer On est fier de la montrer
pour prouver sa capacite.L'argent est puissant
mais est cache et inconnu On ne peut jamais savoir le chiffre exact On est attire par la terre du fait qu'on est oblige d'y arriver un jour Quand on montre une jolie fleur de son jardin on veut louer la terre qui l'a fait fleurir.A'la fin de la journee de travail les ouvriers se reunissent pour bavarder et echanger des idees
Toutes leur discussion etait autour du travail de la journee et de la terre .
Le dirigeant de cet immense domaine aime sortir
apres le crepuscule .C'est le moment du calme
Les couleurs et les dimensions changent et tout
devient autre chose .La terre aussi se repose
Au fond dans l'obscurite les faibles lumieres des batiments des ouvriers C'est le seul signe de vie .On entend meme certains bruits
Cela aurait ete interressant de savoir de pres ce que les ouvriers pensent
{Si j'avais pu avoir un bout de terre a moi 'il y a tellement ici !!
Comment veux tu avoir ca ? lui repond son proche ami .Tu sais ce que cela coute?
{je sais mais c;est injuste qu'il y ait ceux qui ont tout et d'autres qui n'ont rien
Chacun a son sort 'il faut savoir vivre avec ce qui se presente et l'ammelliorer si possible
{je sais mais je sens en moi une force de changer ma vie
Subitement un bruit 'tout le monde regarde vers la porte et reste sidere !!Il est la en personne car ils ne l'avaient jamais connu
auparavant.ILs avaient a faire avec le chef des comptes .ILs se sont tous redresses
{Asseyez vous s.v.p. j'ai entendu quelqu'un
qui desirait avoir un lopin de terre ;cela fait plaisir de vouloir changer son avenir
Et pour cela je suis pret a lui accorder ce qu'il veut
{NON NON monsieur on parlait entre nous
""JE sais et j'imagine ce que tu est pret a faire .Je propose de venir te chercher demain au lever du soleil et on partira ensemble
{NON NON je ne peux pas j;ai bavarde avec mes amis .Je n'ai pas des mauvaises intentions
""Je sais mais sois pret 'a demain
TOUte la nuit l'individu n'a pas pu fermer les yeux et des l'aube etait la a attendre
Bonjour est tu pret ?Bientot tu vas te mettre
en marche et quand tu voudras tu pourras t/arreter et reprendre par la suite .Et chaque bout de terre que tu auras foule t;appartiendra.
Tu as toute la journee devant toi .Rien ne presse Et la l'ouvrier devant le defi
porte en lui un probleme individuel .Il est
responsable directement de son sort >il est pret et d accord et se met en route en vitesse .Il ne marche pas 'il court Le TOUT assis sur son cheval essaye de lui parler et de le calmer
Combien de terre veux tu? AUtant que possible
Pourqoi il 't'en faut tellement ?
Pour etre sur de mon avenir .Ceux qui ont beaucoup de terre sont surs d'apres toi ?
J'imagine parce que moi je n'ai rien !
je veux avancer 'je veux arriver .Je dois posseder pour m'assurer !
{Quand tu avances tu es sur d;aller droit ?
Peut'etre que tu tournes en rond en fin de compte ?ET qant a "arriver" comme tu le penses
C'est vers ou ?As tu un point de repere dans la vie ou la nature ?
Je n'ai pas toutes les reponses parce que je ne sais pas et je n'ai pas etudie !1
{Tu ne voudrais pas faire un arret pour te reposer et reprendre des forces ?Il comence a faire chaud .TU voudrais boire?nON c est dommage pour le temps .Je dois accaparrer le maximum .Apres je pourrais me reposer .
{tu penses que avoir des biens c'est avoir du repos ?Tu connais des riches qui vivent
tranquillement ?
J'imagine mais ca n'a pas d'importance .Ce que je veux c'esr profiter de cette occasion qui s;est presentee a moi .
{Il y a deja quelques heures que tu marches et il faudrait que tu t'arretes pour ta sante
Ecoute moi .Tu pourras continuer
"Jamais chaque minute esr importante pour moi
Je tiendrai le coup .J'ai une vonlonte dure et forte .{Ce qui me fait de la peine c'est que tu n'as pas de preuves sur les resultats que tu penses obtenir Tout cela n'est pas fonde
Et tous ces efforts sont bases sur une illusion
.Alors contente toi de ce que tu as obtenu jusque la .Vis avec ca et ne sois pas esclave
de tes envies et avidites.
"Ne m'embrouillez pas je suis sur de ce que je fais 'Et puis je sens bientot la fin de la journee et j'ai besoin de reunir toutes les forces qui me restent pour arriver au but
{D accord mais repose toi pour les rammasser .C;est dommage 'tu es a bout de force
"NON NON NON je peux encore .encore encore
et sur ces mots il s'arreta !!!!!
sarel

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Mounia (Mounia) le lundi 30 mai 2005 - 20h37:

Un penseur tunisien réformateur : La laïcité est vitale pour l’avenir du monde arabe et musulman

Par: Aluma Dankowitz

Sur plusieurs sites progressistes de langue arabe, le penseur tunisien Lafif Lakhdar a publié une analyse sur la nécessité de réformes dans le monde arabe et musulman, concluant que la laïcité est vitale pour l’avenir de ce dernier. (1) La laïcisation et la modernisation, assure-t-il, sont des étapes dans l’évolution du monde et ne pourront être évitées à la longue. Il estime en outre que la laïcité est la clé d’une pleine citoyenneté pour les hommes, les femmes, les musulmans comme les non-musulmans, la clé d’une bonne entente de tous les éléments d’une société.
Selon Lafif Lakhdar, la pensée islamiste, primitive, est incapable de donner la priorité à la raison sur les décrets divins. Il note que si le combat des islamistes est voué à l’échec, il peut toutefois s’avérer impossible pour certains régimes de sauter les étapes, et les pays musulmans devront alors subir le pouvoir islamique avant de désespérer face à ses promesses non tenues et d’adopter un régime laïque.

Lakhdar souligne que la laïcité ne s’oppose pas à la religion : rien n’empêche un Etat laïque d’autoriser l’enseignement religieux - à condition que ce dernier soit moderne et réformé. En exemple de pays ayant instauré des réformes de l’enseignement, il cite la Tunisie, où l’on enseigne la philosophie moderne parallèlement à la philosophie islamique.

Il explique en outre que la laïcité permettra aux pays musulmans de se détacher des aspects négatifs de l’islam, tels que l’autocratie et la théocratie, et de se rapprocher de ses aspects positifs, tels que la pensée rationaliste et philosophique. A ce propos, Lafif Lakhdar évoque les éléments laïques de l’héritage culturel de l’islam, affirmant que pendant près de 1 400 ans d’histoire musulmane, les oulémas et les califes se départageaient naturellement les pouvoirs.

Notant que dans la pratique, le processus de laïcisation s’adaptera à la situation des différents pays musulmans, Lafif Lakhdar estime toutefois que ce seront les femmes et les minorités qui constitueront le moteur de ce processus, vu qu’elles sont les principales victimes des théocraties musulmanes.

Il appelle le monde à condamner l’enseignement et les médias islamistes, souhaitant une Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sanctionnant l’intervention militaire dans les cas où les islamistes recourent à la force contre les éléments vulnérables de la société ou s’emparent des rennes d’un régime contre la volonté des citoyens. Il appelle les organisations internationales à « considérer l’instruction religieuse dans la plupart des pays arabes et islamiques comme de l’incitation au terrorisme, et les médias religieux comme incitant à la haine et à la discrimination religieuse ».

La plupart des pays islamiques se laïcisent progressivement

Lafif Lakhdar commence par définir le terme « laïque » comme la séparation du religieux et du politique. Il distingue trois sortes de pays : les théocraties, les Etats laïques et les Etats en voie de laïcisation. Les théocraties étaient nombreuses au Moyen-Age, note-il, ajoutant qu’aujourd’hui, le Vatican en est le seul vestige dans le monde chrétien. Dans le monde islamique toutefois, il reste un certain nombre de théocraties : la République islamique d’Iran, l’Arabie Saoudite, le Soudan et, jusqu’en 2002, l’Etat taliban. La plupart des pays islamiques, souligne-t-il, ont entamé leur processus de laïcisation.

Il remarque en outre qu’aujourd’hui, neuf pays sur dix limitent la religion au domaine privé et spirituel, laissant l’Etat gérer les affaires politiques - l’Etat qui est régi par des institutions, des lois et des valeurs morales. Il remarque qu’ « une théocratie en voie de laïcisation possède une constitution qui stipule que la charia [loi islamique] est la première source de législation. Elle n’accorde pas l’égalité des droits et des devoirs civiques aux hommes, aux femmes, aux musulmans et aux non-musulmans.

Les femmes et les non-musulmans sont, dans cet Etat de transition, des citoyens de deuxième classe, et parfois même de classe zéro. Par exemple, les femmes n’ont pas le droit de se porter candidates à la présidence où à des postes de moindre envergure, du fait que dans de nombreux pays islamiques, les femmes sont encore considérées comme dotées de trop peu d’intelligence pour gouverner, et comme ne bénéficiant pas du statut religieux requis pour exécuter les rituels religieux. Les citoyens non-musulmans sont encore traités comme des dhimmis [non musulmans sous la direction et la protection de l’Etat musulman] (…) L’Etat en transition applique les lois humaines dans certains domaines et les lois de la charia dans d’autres. »

Les musulmans adopteront tôt ou tard la laïcité

Les pays arabes et musulmans ne pourront se soustraire au processus de laïcisation, estime Lakhdar : « L’histoire nous apprend que le mode laïque, très répandu dans le monde, ne s’arrêtera pas à la frontière du monde arabe et musulman, dont l’avenir ne se distingue pas de celui du reste de l’humanité. L’histoire ne connaît pas d’exception culturelle assez forte pour aller longtemps à contre-courant de son évolution contemporaine. C’est ainsi que les musulmans finiront, comme le reste de l’humanité, par adopter la modernité et donc, la laïcité. »

La séparation des domaines religieux et politique, explique Lakhdar, découle de la modernité. Il estime que les islamistes ont encore une pensée primitive incapable de faire la distinction entre ces deux sphères : « La contradiction entre logique scientifique et logique religieuse, entre les droits de l’individu (c'est-à-dire ses libertés) et les droits d’Allah sur l’Homme (c’est-à-dire les rituels d’Allah, Ses commandements et Ses interdits) est ce qui a conduit l’Occident – et par la suite, le monde entier – à la laïcité, à séparer le religieux du profane – séparation qui est une condition au progrès de la civilisation (…)

La séparation entre le sacré et le profane découle de la modernité. Plus nous remontons le cours de l’histoire, plus les cas de séparation de ce type se font rares, la règle étant que le sacré et le profane étaient autrefois liés l’un à l’autre, notamment au sein des tribus primitives, pour lesquelles tout est sacré : l’histoire, les ancêtres, la grossesse, la naissance, l’accouplement, les rites de la chasse, le comportement quotidien des membres de la tribu (…), les violations étant punies de mort. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que seul un esprit logique développé est capable de relativiser le concept de sacré (…) tandis que l’esprit primitif n’est pas suffisamment développé pour (…) accepter la supériorité de la logique humaine sur la logique divine (…)

Le fait que les islamistes soient psychologiquement esclaves de leurs ancêtres – du Prophète, de ses Compagnons et de ses disciples – paralyse leurs esprits autant que l’adoration des ancêtres celui des tribus primitives. La logique divine héritée des ancêtres est tout, tandis que la pensée rationnelle de nos esprits n’est rien (…)

En remontant le cours de l’histoire, nous nous apercevons que le sacré envahit tout (…) Tout est sacré, l’homme n’étant plus qu’un jouet dans la main des dieux, lesquels dirigent arbitrairement tous les aspects de la vie, des plus minimes aux plus importants. Pourquoi cela ? Parce que la pensée rationnelle, qui se base sur la science et la technologie, en était encore à ses premiers balbutiements et n’était pas en mesure de comprendre, d’interpréter et de changer le monde (…)

Toutefois, l’histoire en progrès a toujours cherché à élargir le monde appréhendé par l’esprit humain (…) En limitant le règne absolu des rois, la raison humaine a également limité le règne – alors absolu - de la logique divine, la confinant aux affaires spirituelles (…)

Comment la pensée rationnelle a-t-elle pu entraîner ces victoires de la laïcité dans notre monde moderne ? Au moyen de la science et de la technologie, lesquelles ont aidé l’esprit logique de l’homme à apporter une interprétation [scientifique] à ce qui était jusqu’alors considéré comme un miracle [appréhendé religieusement] (…) »

Contrairement au judaïsme et au christianisme, l’islam n’a pas encore connu de réforme.

La laïcité comme système politique n’a jamais encore pénétré le monde arabe, souligne Lafif Lakhdar. La rencontre du monde arabe avec l’Europe, à travers le colonialisme, lui a conféré un certain degré de modernité, le poussant à abandonner plusieurs aspects de l’Etat islamique théocratique, tels que le châtiment corporel et l’impôt [Jizyia] prélevé sur les non musulmans. [En Arabie Saoudite, qui n’a jamais été colonisée, le châtiment corporel existe toujours.]

Jusqu’à présent, la laïcité n’a pas réussi à pénétrer le monde arabe parce que l’islam n’a pas encore connu la réforme religieuse nécessaire, contrairement au judaïsme et au christianisme en Europe. Une religion qui subit des réformes est une religion moderne qui reconnaît la séparation de la religion et de l’Etat et accepte de se limiter à la sphère religieuse, cédant à l’Etat la responsabilité des affaires profanes.

La deuxième raison pour laquelle la laïcité comme système politique n’a pas réussi à pénétrer [le monde arabe] est la lâcheté des dirigeants politiques. L’islam n’a pas connu de réforme en Turquie (…) et malgré cela, sous la direction du musulman Kamal Atatürk est venue la fin de la théocratie ottomane – le califat –, et sur ses ruines s’est érigé un Etat qui n’a pas honte de son identité laïque. »

La laïcité n’est pas anti-religieuse

Lafif Lakhdar refuse l’argument qui veut que la laïcité soit anti-religieuse : « Pour affirmer que la laïcité est anti-religieuse, il faut être ignorant de la définition du terme, telle qu’elle figure dans tous les dictionnaires d’Europe – foyer de la laïcité – ou bien il faut être malintentionné, comme le sont en effet plusieurs dirigeants de l’islam politique. » Ainsi, remarque-t-il, l’approche de la religion de la France laïque n’empêche pas la construction de mosquées sur son sol. De même, il prédit que la laïcité de l’Etat arabe à venir ne l’empêchera pas d’accorder une aide égale à tous ses citoyens, à l’instar de la Turquie laïque, dont la constitution autorise la création de lieux de culte pour les citoyens de toutes les religions.

D’autre part, rien n’empêche un Etat laïque de divulguer un enseignement religieux - s’il s’agit d’un enseignement religieux réformé. Dans le cadre d’un enseignement religieux moderne et réformé, « l’élève étudie les religions à la lumière des sciences modernes : l’histoire comparée des religions, la sociologie des religions, la psychologie, l’anthropologie, l’interprétation des textes sacrés et la philosophie – afin de développer l’esprit critique des générations à venir. »

« En Tunisie », souligne Lakhdar, « les étudiants de l’université religieuse Al-Zaitouna apprennent la philosophie moderne et islamique pendant leurs quatre années d’études. Ceux qui se spécialisent dans les sciences, y compris les sciences médicales, étudient la philosophie tout au long de leurs études. Rien de tel que la philosophie et les sciences humaines pour approfondir la réflexion face à la propagande politico-religieuse des islamistes. Ce type d’enseignement moderne religieux, réformé, n’est pas seulement souhaitable (…) ; il est indispensable pour consolider la conscience islamique traditionnelle de l’Etat laïque et celle des générations futures contre le fanatisme, le terrorisme et la discrimination religieuse (…) »

La laïcité permet de se détacher des aspects négatifs de l’islam et de renouer avec ses aspects positifs

La laïcité implique le détachement de l’islam ? A cette question, Lakhdar répond qu’il s’agit en vérité de se débarrasser des aspects négatifs que sont l’autocratie et la théocratie dans le monde musulman, pour renouer avec d’autres éléments de l’islam – comme la pensée muatazila [rationaliste] et philosophique qui soumet à l’interprétation les écritures saintes sur lesquelles se base la religion, comme dans l’islam druze et soufi, qui, au Moyen-Age, avait aboli le châtiment corporel et instauré la séparation des pouvoirs.

D’après Lafif Lakhdar, l’héritage musulman contient des enseignements qui distinguent la religion des affaires profanes, et constituent un ferment laïque. Il rapporte notamment l’histoire du Prophète Mahomet qui, apercevant des agriculteurs occupés à féconder leurs dattiers avec du pollen, leur suggéra de mettre fin à cette activité. Ils l’écoutèrent, et les dattiers s’en trouvèrent endommagés. Ils allèrent s’en plaindre au Prophète, qui répondit : « Je suis votre prophète pour les affaires religieuses uniquement. Pour les affaires profanes, vous et moi sommes égaux. » Lakhdar explique que le Prophète a reconnu par là la distinction entre religion et agriculture.

Il relate en outre l’histoire du Prophète demandant à son armée, lors de la Bataille de Badr [en l’an 624], de camper à un endroit donné, qu’il croyait fortifié. Un expert militaire faisant parmi les Compagnons voulut savoir s’il se basait sur une inspiration divine ou sur des considérations stratégiques. Le Prophète répondit qu’il se basait sur des considérations militaires. Là-dessus, l’expert lui demanda d’emprunter un autre sentier qui garantirait aux troupes l’accès à une source d’eau, et en priverait l’ennemi. Le Prophète suivit son conseil et en effet, la tribu Quraysh vint à manquer d’eau, ce qui explique en partie sa défaite. Ainsi, conclut Lafif Lakhdar, le Prophète a aussi reconnu la nécessité de séparer le religieux du stratégique.

Depuis l’époque des premiers califes omeyyades, Muawiyya [661-680], poursuit Lakhdar, les califes n’officient plus, mais nomment des imams à cet effet – sauf en Iran, où les présidents de la République islamique dirigent encore la prière. Lakhdar explique que pendant 1400 ans, le rôle des oulémas, responsables des affaires religieuses de la nation musulmane, était distinct de celui des califes, responsables des affaires profanes – sauf dans l’islam wahhabite, qui ne reconnaît pas la séparation naturelle entre religion et politique, ou dans l’islam politique, représenté par les Frères musulmans et leurs semblables, lesquels ont institué un parti politique religieux dont le but est de réhabiliter le califat et d’instaurer un régime d’oulémas pour la première fois de l’histoire de l’islam sunnite.

Les islamistes pourraient devenir (à leur insu) les importateurs de la laïcité dans le monde arabe

Lafif Lakhdar affirme que les islamistes combattent la modernité et considèrent la laïcité comme une forme d’hérésie parce qu’elle est « un ingrédient de la modernité, qui est le summum du rationalisme démocratique ». Les islamistes redoutent la modernisation mondiale et son infiltration dans les pays islamiques. D’après Lafif Lakhdar, leurs craintes sont justifiées car « aujourd’hui, la modernisation est un courant historique impossible à stopper, et elle finira par arriver jusqu’à nous, comme elle est arrivée jusqu’aux Eskimos. » En outre, ajoute Lakhdar, les islamistes pourraient devenir (à leur insu) les importateurs de la laïcité dans le monde arabe : il remarque qu’en Iran, après 25 ans de République islamique, 75% de la population générale et 86% des étudiants n’assistent plus aux prières. Aujourd’hui, seuls 2% jeûnent pendant le Ramadan, alors qu’ils étaient bien plus nombreux à jeûner avant la Révolution islamique. Toutefois, l’auteur redoute que « certains pays ne sachent devenir laïques en un temps raisonnable, ne soient capables de sauter l’étape de l’islam politique djihadiste et fondamentaliste, [et n’entament le processus de laïcisation qu’après] avoir institué l’islam politique, goûté à son amertume et avoir connu le désespoir. »

Seule la laïcité peut assurer la coexistence pacifique de tous les éléments d'une société

La laïcité est essentielle pour les sociétés arabes, écrit Lakhdar, vu qu’elle permet la coexistence pacifique de tous ses éléments : « La plupart des sociétés se composent d’un grand nombre de religions, de groupes ethniques et d’écoles de pensée religieuses qui se contredisent, et parfois luttent les unes contre les autres. Si un pays adopte une religion, un groupe ethnique ou une école de pensée, les autres citoyens se sentiront écartés et déçus, car ils ne se retrouveront pas dans la religion ou le groupe ethnique de l’Etat. C’est ainsi qu’ils demeureront hors du cadre d’une pleine citoyenneté.

Pour sortir de cette impasse – impasse qui provoque des guerres de religion, un pays doit être laïque. Dans un pays laïque, le lien du citoyen [à l’Etat] ne se base pas sur la religion, l’appartenance ethnique ou sur une école de pensée donnée, mais sur le lien social – c’est-à-dire qu’il repose sur l’esprit rationnel et le meilleur intérêt des citoyens (…) Ainsi, le pays laïque tire sa légitimité du lien social, non de la religion, en organisant la vie de la société et en instaurant la paix entre ses différentes religions et cultures (…) La raison, ou l’intérêt commun, est ce qui peut constituer la base de la vie publique, aussi bien au sein de la société d’une nation que de la société des nations (…)

L’Etat laïque intervient quand des individus ou des groupes enfreignent les lois des hommes au nom de leurs croyances. L’Etat n’autorise pas l’excision commise au nom de traditions pharaoniques, ni la lapidation pour adultère, ni les autres châtiments barbares infligés au nom de la charia. L’application de la charia (…) susciterait sans aucun doute des protestations de la part des adeptes d’autres religions, débouchant sur une guerre civile. En outre, les lois et les peines contenues dans la charia sont anciennes, et entrent en conflit avec l’esprit des lois modernes qui refusent le châtiment corporel, c’est-à-dire les coups, l’amputation de la main, la lapidation et l’élimination des apostats.

De même, il n’y a d’autre alternative que le recours aux lois humaines pour empêcher de tels dangers. Le choix d’une éducation islamique djihadiste traditionnelle par un gouvernement donné représente une provocation des citoyens non-musulmans, ainsi que des musulmans laïques et éclairés. L’adoption des anciennes ‘sciences de la charia’, plutôt que d’une éducation moderne, est une forme de masochisme, de complaisance dans l’auto-châtiment, en ce que l’on s’impose de demeurer au plus bas (…) Il n’y a pas d’alternative à l’adoption de l’approche morale mondiale (…) »

De la nécessité d’une éducation moderne et de médias laïques

« La laïcité est la clé de la modernité politique (…) La foi du croyant ne concerne que lui-même et sa conscience, et n’affecte pas ses droits et ses devoirs de citoyen. Le croyant exerce sa foi à la mosquée, à la synagogue ou à l’église, et le citoyen exerce ses droits et ses devoirs de citoyen dans tout le pays (…)

La question est de savoir comment parvenir à cette séparation vitale entre l’homme de foi et le citoyen : comment parvenir à une citoyenneté moderne, qui ne reconnaît que l’appartenance à la nation ? Comment faire en sorte que les pays de la région arabe et islamique jugent leurs citoyens conformément aux lois humaines et aux critères internationaux ? Avant tout, par un enseignement moderne, en réformant l’islam à travers la réforme de l’enseignement religieux (…) Deuxièmement, en acquerrant une chaîne satellite laïque qui sera en mesure de concurrencer la télévision islamique djihadiste Al-Jazira (…) En attendant d’en arriver là, il faut user abondamment de tous les médias et d’Internet (…)

La première tâche à accomplir consiste à réformer l’islam par la réforme de l’enseignement et du discours religieux (…) La deuxième tâche consiste à se débarrasser du narcissisme religieux qui fait de l’islam la seule religion [valable]. Le judaïsme et le christianisme ne seraient rien de plus que deux lois religieuses ayant précédé la loi islamique, et l’islam les auraient abrogés et remplacés (…) Cette attitude (…) explique en grande partie le terrorisme islamique et la résistance d’un nombre important de musulmans d’Occident au mode laïque des sociétés de tradition chrétienne où ils vivent. (…) Il incombe à toutes les écoles religieuses qui prônent la réforme de rendre obligatoire le dialogue interreligieux (…)

[Il convient ensuite] d’approfondir le dialogue religieux avec le judaïsme et le christianisme au moyen de conférences religieuses et scientifiques et de chaînes télé satellite - par des débats médiatisés. Cela permettrait d’assurer la mise en place d’un discours interreligieux susceptible de renforcer la conscience chez les musulmans que l’islam n’est qu’une religion parmi d’autres – et non la seule religion, celle qui abroge toutes les religions et les lois religieuses qui ont précédé. Les traductions d’études portant sur d’autres religions (…) élargiront l’horizon des musulmans en leur permettant d’appréhender leur propre religion dans son contexte historique, où elle sera perçue – et relativisée - comme participant du phénomène religieux mondial. »

Le processus de laïcisation sera adapté à la situation des différents pays musulmans

Dans son analyse de la laïcité, Lafif Lakhdar ne passe pas sous silence les différences qui existent entre pays islamiques, et explique que le processus de laïcisation tient compte de ces différences : « Chaque pays musulman acquerra les principes laïques conformément à sa situation cultuelle et sociale (…) »

Le premier principe est la reconnaissance d’une pleine citoyenneté permettant aux femmes de se porter candidates à une fonction qui consiste à diriger les hommes, et aux non-musulmans de se porter candidats à une fonction qui consiste à diriger des musulmans. Ce droit sera sans doute inapplicable au début, mais au fur et à mesure que la laïcité infiltrera la conscience islamique, il prendra toute sa place (…)

Le deuxième principe est le droit de tous les citoyens à pratiquer leurs rituels religieux (…) et à construire des mosquées, des églises et des lieux de culte sans discrimination (…)

Le troisième principe est l’application des lois humaines dans tous les domaines de la société (…)

En outre, je suggère que les intellectuels du monde arabe exigent que la société civile internationale, les Nations unies, les médias internationaux et la diplomatie internationale considèrent comme un crime le châtiment corporel islamique. C’est déjà ce que j’avais demandé en 2001, sur Al-Jazira ; en conséquence Amir Khaled Ben Sultan a donné l’ordre de ne plus publier mes articles dans Al-Hayat [dont il est propriétaire].

Le quatrième principe est la liberté de conscience et de religion. La liberté de conscience signifie qu’un individu a le droit d’appartenir à la religion qui lui convient ou de n’appartenir à aucune religion (…)

Le cinquième principe est la réforme de l’éducation religieuse (…)

La laïcité dans les pays islamique se concrétise par l’application de ces cinq principes, ajoutée à l’étude des droits de l’Homme, comme en Tunisie (…) »

Ceux que la théocratie musulmane a bafoués propageront la laïcité dans le monde arabe

Se demandant qui pourrait se charger de promouvoir la laïcité dans le monde arabe, Lafif Lakhdar estime que c'est là une responsabilité qui ne peut incomber aux régimes arabes, mais plutôt aux personnes qui auraient intérêt à voir la société se laïciser. C’est par elles que le changement peut intervenir, estime Lakhdar. Il s’agit, affirme-t-il, « des minorités ethniques, des minorités religieuses et des femmes, qui se voient privées de leur pleine citoyenneté par les théocraties. »

A cette liste, il ajoute les écrivains, les scientifiques, les chercheurs, les artistes et ceux qui entendent la voix de ces derniers, c'est-à-dire le secteur instruit et éclairé des sociétés arabes et islamiques.

Lafif Lakhdar n'ignore pas que ces forces sont encore faibles dans la société musulmane et insiste donc sur la nécessité de créer « un front mondial de propagation de la laïcité dans les pays islamiques. » Il souligne que le monde entier a en effet intérêt à la création d'un tel front, vu que le monde souhaite « assécher les puits du terrorisme ».

Lakhdar appelle donc les organisations internationales à « considérer l'instruction religieuse de la plupart des pays arabes et islamiques comme de l'incitation au terrorisme, et les medias religieux comme incitant à la haine et à la discrimination religieuse. » En outre, il estime que « les accords de coopération entre l'Europe et les pays arabes, entre les Etats-Unis et les pays arabes, devraient comporter des clauses interdisant la discrimination religieuse à l’encontre des femmes et des non-musulmans. »

Afin de laïciser les pays islamiques, Lafif Lakhdar suggère une Résolution du Conseil de sécurité de l’ONU pour l'intervention militaire en pays musulmans dans les quatre cas
suivants :

a) si les islamistes entreprennent de lapider les femmes
b) s'ils organisent des massacres de minorités religieuses ou ethniques
c) s'ils démantèlent l'armée nationale pour la remplacer par des milices islamistes
d) s'ils s'opposent à une passation des pouvoirs pacifique [conforme à la volonté des citoyens]

* Aluma Dankowitz est directrice du projet de documentation sur la Réforme de MEMRI

[1] http://www.elaph.com/ElaphWriter/2005/4/57653.htm, le 24 avril 2005
http://www.metransparent.com/texts/lafif_lakhdar_secularism_key_to_full_citizenship.htm, le 25 avril 2005 ; Al-Ahdath Al-Maghribiyya (Maroc), le 25 avril 2005.


memri.org

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Toufiq (Toufiq) le lundi 30 mai 2005 - 20h30:

referendum: raffarin down.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Henri (Henri) le lundi 30 mai 2005 - 15h21:

La famille d'Henri Bellicha me fait savoir ce qui suit.
Les prières pour Henri auront lieu le 1 juin a 19heures a la grande synagogue de Nice, et le rabbin Lelouche viendra au cimetiere le lendemain 2 juin a 8h30.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Bazooka (Bazooka) le lundi 30 mai 2005 - 11h15:

Vive le plan B !!!

Boutargue + Bkheila + Boukha + Boulou + Breitou + ............

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Maxiton (Maxiton) le lundi 30 mai 2005 - 10h29:

Traduction des propos attribués à Abraham Lincoln :


Vous ne pouvez créer la prospérité en décourageant l'épargne.

Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.

Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur.

Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes.

Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.

Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous gagnez.

Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l'initiative et l'indépendance.

Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu'ils devraient et pourraient faire eux-mêmes.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Braham (Braham) le lundi 30 mai 2005 - 09h33:

un coup de pied au C..hirac}

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Henri (Henri) le lundi 30 mai 2005 - 08h02:

Emile chalom,
Qu'est ce qui pousse tant de gens a vouloir etre EUX en tete du gouvernement?
Charone, Bibi, Barak, Perez......,chacun d'eux a certe une explication, mais surtout une grande partie de "gaava"(de fierte dans le sens negatif)
C'est MOI qui ait apporte la paix.Et pour cela il sont pret a jouer au poker,et donner ce qui ne leur appartient pas.
Si il y a un accord secret entre Charone et Bush,comme tu le penses, je me mefie car ce qui est secret cache toujours qqchose de mal, car sinon pourquoi le cacherait-on.
Froidement Charone sous la pression de Bush veut chasser des juifs de leurs maison, et Bush continue et parle d'accorder de plus en plus de concessions aux palestinniens sans quils ne donnent qqchose en contrepartie.
Si Charone ne peut pas resister a ces pressions, en homme courageux, qu'il se retire et laisse sa place a d'autres.