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Discus: ADRA : LES COMMENTAIRES D'HARISSA: Commentaires 2005: Commentaires Mai 2005: Archive jusqu'au 27/mai/2005
Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Emma (Emma) le vendredi 27 mai 2005 - 19h08:

Les Israéliens nombreux à Djerba pour le pèlerinage juif de la Ghriba

Plus d'un millier d'Israéliens, originaires de la Tunisie pour la plupart, ont fait le déplacement jeudi à Djerba, île du sud tunisien, pour assister au pèlerinage juif de la Ghriba, plus ancienne synagogue d'Afrique, ont annoncé les organisateurs.
Leurs vols ont transité par Malte, la Turquie, la France où encore l'Italie, et ils ont retrouvé sur place quelque 3.000 autres pèlerins venus d'Europe ou habitants de l'île.

»Le nombre des Israéliens aurait été beaucoup plus important si les vols directs envisagés au début avaient été maintenus», a déclaré à l'AFP Haïm Demri, venu d'Israël à la tête d'un groupe d'une cinquantaine de personnes.

M. Demri, qui s'est dit »copain de l'ambassadeur de Tunisie à Ghaza», a quitté sa ville natale de Gabès (sud de la Tunisie) en 1962 pour s'installer en Israël.

»Plus de 300 Israéliens étaient inscrits sur ma liste mais la plupart ont renoncé à faire le voyage après l'annulation des vols directs prévus par (la compagnie tunisienne privée) Karthago Airlines», a-t-il dit.

Le nombre de pèlerins »m'a agréablement surpris», s'est réjoui René Trabelsi, fils du président de la communauté juive de Djerba et organisateur de voyages pour un millier de pèlerins -dont 300 Israéliens-, parmi lesquels une chorale d'enfants qui se produiront samedi soir dans un hôtel de l'île.

Pour lui, il s'agit »d'un réveil remarquable» du pèlerinage, après la morosité des années ayant suivi les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et celui perpétré contre la Synagogue de la Ghriba en 2002 qui avait fait 21 morts (14 touristes allemands, deux Français et cinq Tunisiens».

»Djerba est devenu le centre mondial de la tolérance», a-t-il affirmé, se félicitant du soutien des autorités tunisiennes et de »la sécurité qui prévaut dans ce pays».

D'importantes forces de l'ordre étaient visibles dans toute l'île, et principalement aux abords de la synagogue, proche de la petite ville d'Houmt-souk, où ont débuté jeudi après-midi, les premiers rites.

Le ministre tunisien du Tourisme, Tijani Haddad, devait souhaiter la bienvenue aux quelque 4.000 pélerins juifs de Djerba qui accompliront leur pèlerinage deux jours durant.

Le rituel consiste à allumer des bougies dans la synagogue tout en formulant un voeu et en se faisant bénir par les rabbins, le tout accompagné de rasades de boukha, l'alcool de figue tunisien.

Il est également prévu une vente aux enchères au profit de la communauté juive de Djerba dans une ambiance de kermesse et une procession dans les rues avoisinant la synagogue.

La communauté juive de Tunisie reste l'une des plus importantes du monde arabe, mais elle a considérablement diminué au fil des ans.

De cent mille à l'Indépendance de la Tunisie, les juifs ont quitté le pays pour aller s'établir en France et en Israël notamment, et ils ne seraient plus aujourd'hui qu'environ 2.000, selon Gabriel Cabla, président de l'association des juifs tunisiens en France.

Ceux qui sont demeurés en Tunisie sont, pour moitié établis à Djerba, qui fut le théâtre en 2002 d'un attentat revendiqué par Al-Qaïda, devant la synagogue de l'île, tuant 21 personnes, (14 touristes allemands, deux Français et cinq Tunisiens).

La participation d'un nombre important d'Israéliens au pèlerinage de la Ghriba précéde la visite du premier ministre israélien, Ariel Sharon, invité en Tunisie pour assister au Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), en novembre prochain.

Cette visite a été vivement critiquée par des formations d'opposition qui ont appelé ces dernières semaines à des rassemblements de protestation à Tunis, interdits par les autorités.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Emma (Emma) le vendredi 27 mai 2005 - 19h07:

Liesse et ferveur au pèlerinage juif de la Ghriba (A.P. 27/05/2005)

DJERBA, Tunisie (AP) - Le pèlerinage juif de la Ghriba, dans l'île tunisienne de Djerba, a été célébré jeudi dans une atmosphère de ferveur et de liesse par quelque 4.000 fidèles venus de divers pays, dont plus d'un millier d'Israël, fait sans précédent.

"Je suis ému", a déclaré l'écrivain et analyste français Alexandre Adler, qui y assistait pour la première fois.

A ses yeux, le pèlerinage de la Ghriba constitue "un symbole" et dégage "un message vital d'espoir et d'optimisme".

Il s'est persuadé qu'avec un tel esprit de tolérance, "la Tunisie ne risque pas de basculer dans le camp des extrémistes et des intégristes".

Moment fort de ce pèlerinage qu'abrite la synagogue de la Ghriba, l'une des plus anciennes au monde, la procession de la "Menara", une relique de la Thora, le livre saint hébraïque, s'est déroulée par un temps ensoleillé, en présence d'une grande foule. On a pu voir des personnalités venues notamment des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Autriche, ainsi qu'un représentant de l'ambassade de France.

Pour le voyagiste René Trabelsi, "organiser de nos jours un pèlerinage aussi important, aussi médiatisé dans un pays arabe et musulman, relève de l'exploit. C'est là un exemple édifiant que donne la Tunisie en matière de tolérance et de liberté de culte".

"La paix peut venir aussi de la Ghriba, à Djerba, cette île tunisienne où depuis longtemps et jusqu'à nos jours, cohabitent harmonieusement des communautés musulmanes et juives", a-t-il analysé.

Israélien d'origine tunisienne, Haïm Demri, 52 ans, s'est dit, lui, ravi de retrouver sa terre natale qu'il a quittée en 1962. Ce patron d'une agence d'assurances à Ahsdod, en Israël, est venu avec un groupe de 48 personnes.

"On aime la Tunisie et on y est toujours attaché", a-t-il confié à l'Associated Press en se félicitant des "conditions favorables" dans lesquelles se déroule le pèlerinage. "Ca se passe très bien", a-t-il dit.

Autre moment fort de ce rituel: le message adressé par le ministre tunisien du Tourisme, Tijani Haddad, aux fidèles rassemblés à l'intérieur de la synagogue.

"Vous serez toujours les bienvenus en Tunisie qui restera, comme elle l'a toujours été, un pays de tolérance, de fraternité et de concorde", a-t-il lancé en reprenant les propos du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. AP

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Emile_Tubiana (Emile_Tubiana) le vendredi 27 mai 2005 - 18h01:

Mounira merci pour les informations concernant la Ghriba. Moi je suis du nord de la Tunisie. Sans apporter toute atteinte a La Ghriba :
"ALAHA ESASLAM" pouvez-vous me dire quand la Tunisie va elle faire autant de bruit et de la bonne publicite pour "la ZIARA" ( le pelerinage de notre saint de TESTOUR: "REBBI FRAGI"
ALIH ESALAM! Toute information a ce sujet sera la bienvenue, car tous les Juifs de la capitale et du nord de la Tunisie attendent ces nouvelles.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Braham (Braham) le vendredi 27 mai 2005 - 17h31:

Shabbat Shalom

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Davideden (Davideden) le vendredi 27 mai 2005 - 15h25:


En Tunisie, une journaliste cible d'une campagne de haine
LE MONDE | 27.05.05 | 12h48 • Mis à jour le 27.05.05 | 12h48
L'une des figures emblématiques de la lutte pour les libertés en Tunisie, la journaliste Sihem Bensedrine, 55 ans, est actuellement la cible d'une campagne obscène de la part de la presse tunisienne. Deux journaux, Achourouq et Al-Hadath, quotidiens arabophones à fort tirage, ont lancé, les 8 et 11 mai, de véritables appels à la lapidation de cette femme, présentée comme "prostituée" , "créature du diable" , "vipère haineuse" , "vendue aux sionistes et aux francs-maçons" .



Sihem Bensedrine est accusée de "louer son dos -se prostituer en pratiquant la sodomie- aux étrangers et aux sionistes" , d'avoir renié "toutes les valeurs humanitaires pour retrouver -lors de séances d'échangisme- son humidité sexuelle" , de se vendre "aux adolescents les plus séduisants et aux plus beaux jeunes hommes" .

Ce n'est pas la première fois que ces journaux mènent de semblables campagnes de haine, en toute impunité, contre les opposants et militants des droits de l'homme. En 1993, Sihem Bensedrine avait fait l'objet d'un photomontage pornographique distribué par milliers d'exemplaires à Tunis. "Ce sont quelques-unes des méthodes d'un régime qui met en avant son féminisme d'Etat mais ne tolère pas que les femmes puissent exercer leur citoyenneté, encore moins être ses adversaires politiques" , souligne l'intéressée, mère de trois enfants.

Rédactrice en chef du journal en ligne Kalima, Sihem Bensedrine est également porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu). C'est à ce titre qu'elle subit les représailles du régime et qu'elle n'a toujours pas reçu l'autorisation de publier la version papier de son journal en Tunisie. Tabassée l'année dernière, "par la police politique" selon elle, elle a fait deux mois de prison en 2001 pour avoir accusé un juge et le beau-frère du président Ben Ali de corruption.

La nouvelle affaire Bensedrine illustre ce que dénonce le Syndicat des journalistes tunisiens (SJT, indépendant) dans son premier rapport annuel. En une quarantaine de pages, le "système" mis en place par le régime Ben Ali pour contrôler les médias est mis à nu : "intimidation" , "diffamation" , "délation" , "instructions données aux patrons" de presse, articles "préfabriqués" dictés par les autorités de tutelle, "harcèlement individuel" des journalistes, etc. "Jamais, cependant, on n'avait utilisé des mots d'une telle indécence et atteint un pareil niveau de bassesse," estime Lotfi Hajji, fondateur et président du SJT.

Le SJT est né en mai 2004, peu après que l'Association des journalistes tunisiens (AJT, proche du pouvoir) eut décerné un Prix de la liberté de la presse au président Ben Ali, ce qui lui a valu d'être suspendue de la Fédération internationale des journalistes. Cette Association pro-Ben Ali continue toutefois d'exister et de sévir, avec le plein soutien du régime, à quelques mois du Sommet mondial de l'information (SMI), prévu à Tunis du 16 au 18 novembre, sous la houlette des Nations unies.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Sarel (Sarel) le vendredi 27 mai 2005 - 11h53:

DEFINIR L"IDENTITE JUIVE

Apres la naissance du peuple juif a la sortie d'egypte Moise explique les lois et tient certains discours quant a l'avenir de ce peuple
Il est donc question de suivre un mode de vie moral bien precis
{vous venez de quitter un grand pays 'un empire avec des lois etablies et vous allez vers une region en desordre et plusieurs petits rois
Ne suivez pas et ne copiez pas les lois d'egypte ni celles de CANAAN.}
Vous devrez suivre uniquement celles que vous avez accepte au mont SINAI
POur vous maintenir en vie cette condition est irreversible .Les rites EGYPTIENS etaient bases sur le sacrifice humain en vertu du dieu PHARAON
Ceux de CANAAN etaient pour la liberte sexuelle dans tous les domaines 'en famille et meme avec les animaux.
Les deux peuples pratiquaient cela sous l'egide de leur croyance .On connait la scene du president de la tribu de Simeon qui s'est accouple publiquement avec la princesse de MIDIAN en tant q'acte religieux . Le petit fils de AARON {PINHAS}s'est revolte et les a embroche d'un seul coup de sabre.
Actuellement on ne pratique plus les sacrifices ' par contre la liberte sexuelle est en partie presente et differe d'apres les pays
Durant des mullenaires le juif a lutte et paye cher pour garder son identite
Le but de tous les peuples qu'il a rencontre etait justement de lui enlever cette identite.
Il ont essaye tous les moyens et quoique ils ont martyrise et ont fait subir d'immenses degats ' ils n'ont pas reussi et le peuple est toujours la
Je ne m'arrete pas dans un tas de details que tout le monde connait 'Je prefere signaler les bornes routieres importantes dans cette histoire unique de ce peuple different
Apres deux milles ans le peuple juif aurait du etre cent millions et pourtant il n'est que de 11 ou 13millions.
Ce qui a certainement collabore a sa survie c'est sa vonlonte farouche de garder son identite a travers les lois qu;il a continue a suivre
L'etat d'israel a ete etabli et voila que survient le probleme d/identite Toutes les lois qu'il a garde dans son patrimoine n'ont plus cours .Israel est le seul pays qui n'a pas de frontieres fixes Meme les prvisoires ne sont pas reconnues par tout le peuple lui meme
Chaque homme d'etat a ses frontieres
Quoique le peuple a apporte avec lui sa Thora en retournant en israel 'il n'y a pas de constitution
Les lois en vigueur sont d'origine turque ou anglaises .Les lois votees a la KENESSET sont en realite des decrets discutables devant la haute cour de justice Et les verdicts prononces par cette instance prennent presque force de loi
Ce qui fait que le pouvoir se trouve en realite aux mains des tribunaux /
On fait de tout pour se detacher des origines et
peindre le conflit regionnal de couleurs geopolitiques {interet ' argent'territoire 'et developpement}ET la les habitants qui etaient la ont raison de signaler ceci comme une forme de colonisation.De quel droit disent t'ils L"ONU
a remis de la terre arabe a des juifs
Si on a pas d'identite ils ont raison Si on ne croit pas qu'on est retourne chez nous c'est notre probleme.
ILs y a de ceux apres avoir servi a l'armee et dans la guerre sans etre persuades de la raison pour laquelle ils ont fait cela'vont a l'etranger chercher leur identite
Ce probleme reste majeur car sans le resoudre
ISRAEL restera meconnue et incomprehensible
ET seulement en ayant une pleine conscience de ce qu'on est on pourra faire face devant le monde . On ne doit pas se derober dans des debats qui'ne pourront repondre a aucune des questions en cours .Rappelez vous que ARAFAT dans ses discours attaquait les sionistes et non les juifs Il tenait a voir en eux une force politique de nos jours et non pas un retour des juifs a sion prevu aussi dans le CORAN
Dans cet ultime moment de notre epoque ou tout est entrain de converger vers l'idee de reduire l'etat hebreu il est necessaire de s'unir et de remettre le sujet de l'identite d'origine
Et en partant de la et en etant sur de ce qu'il est le juif pourrra participer a tout debat dans le monde On ne peut etre "deux "et parler au nom d'{un".On veut montrer qu'on navigue a travers les oceans comme tout le monde mais sait qu'on est attache a notre ancre et on compte pas s/en degager.Car sans cela on n'aura pas non plus de gouvernail
J'ai donne une petite image de la realite qu'il est necessaire de savoir
Pour revenir a la theorie des {examens des resultats}le peuple juif du fait de sa survivance est la meilleure et vraie preuve de l sa force interieure inconnue .Comme toujours ceux qui auront a s'occuper de son identite passeront et s'effaceront dans l'histoire
Est ce qu'on se rappelle D ADRIEN ou VESPASIEN ?
Par contre BAR YOHAI est la et on fete sa force d'avoir tenu tete devant le grand empire
Les gens qui se trouvent au pelerinage sont sur de leur identite et prets a se sacrifier pour elle
J'espere que j'ai ete clair et je vous remercie pour votre attention

sarfati-sarel@bezeqint.net

sarel

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Mena (Mena) le jeudi 26 mai 2005 - 22h08:

Peut-on ne pas être « Lévinassien » ? [4] (info # 012605/5) [analyse]

Par Raphaël Lellouche © Metula News Agency



[4] Tâche, réalisation et responsibilité





Au fil des trois précédentes parties de cette étude, nous sommes parvenus au centre de la philosophie de Levinas : la notion de “relation”, la théorie de l’altérité, et l’ultime théorie lévinassienne de la « subjectivité passive ». Nous avons esquissé au passage quelques aperçus généalogiques et quelques difficultés de ces thèmes lévinassiens. Cette 4ème partie est consacrée à ce qui fait le plus problème dans la philosophie de Levinas, et où s’accuse la plus grande divergence avec un point de vue “libéral”: son éthique de la responsabilité-pour-autrui, exposée dans son dernier grand livre, Autrement qu’être (1973). Il faut se souvenir que nous sommes partis des paradoxes de l’action et de la liberté [dans la 1ère partie - lire -], qui nous ont mené, autour du noeud de la violence intersubjective, en suivant Levinas, à travers la relation de Buber [2ème partie - lire -] et la recherche de l’altérité d’autrui [3ème partie - lire -], jusqu’à la théorie de la subjectivité comme « passivité plus passive que toute passivité ».



Avec son éthique de la responsabilité-pour-autrui, point culminant de sa métaphysique de la persécution, on va mesurer jusqu’où l’abandon de la philosophie de la conscience [et de la liberté] a conduit Levinas. Jusqu’à une éthique qui, commencée dans la diaconie, s’achève dans le sacrifice, dans l’intenable “responsabilité” pour mon persécuteur ! Après avoir suggéré que Levinas trahissait le rationalisme de Husserl, je vais essayer de montrer par la suite comment l’hostilité de Levinas vis-à-vis de la philosophie hégélienne de l’histoire (comme histoire de l’État), que l’on pousse habituellement au premier plan (les soi-disant revirements du vieux Sartre), masque en réalité, malgré ses contradictions, ce qu’a de profondément anti-libéral sa philosophie, et finalement, contre toute attente, la rapproche de son malin génie Heidegger.


Heidegger est le véritable maître de Levinas. Mais aussi la figure du persécuteur. Comme d’autres philosophes juifs (Levinas, Derrida) faisant leur « voyage » philosophique à Freiburg, j’ai pataugé à mon tour, les pieds enfoncés dans la neige jusqu’aux genoux, une nuit tombante de décembre 1988, avec deux complices, pour visiter la “hutte”, dans la Forêt Noire, poursuivi par les chiens aboyant… Métaphore de la lecture de Sein und Zeit.



« …responsabilité de ce dont, dans l'ipséité, il n'y eut pas volonté : responsabilité de la persécution même qu'il subit »



(Emmanuel Levinas, Autrement qu’être, p. 193)



12. Le mot essentiel et l’acte total



Avant d’exposer l’éthique de Levinas, présentons celle de Buber afin de mesurer le contraste. Je l'ai dit, Levinas a repris à Buber sa théorie de la « relation » comme ouverture à l'altérité de l’Autre dans le dialogue Je-Tu. Mais il l'appauvrit. Levinas insiste sur le don, la sollicitude de la Fürsorge (vêtir celui qui est nu, nourrir celui qui a faim). Mais où trouve-t-on chez Levinas l'équivalent de la doctrine de la réalisation qui en est le corollaire chez Buber ? Cette réalisation qui, à travers toute la généalogie intellectuelle de Buber - Fritz Mauthner, Hugo von Hoffmannstahl, Gustav Landauer - a inspiré jusqu'aux kibboutzim en Israël (M. Buber, Utopie et Socialisme), avec sa conception subtile de l'individuation et de la « vraie communauté » (la question de Landauer)… Pour Levinas, la relation, c’est l’hétéronomie de l’être-soi blessé par l’Autre. Pour Buber, la relation est féconde : « Je deviens Je en disant Tu ». Car dans la réciprocité de la relation, la parole éthique « Tu » agit en moi. Certes - et Buber le dit - la présence qui surgit dans la parole du Tu est non seulement exigeante, mais intolérante, elle « commande » et me requiert (Je et Tu p. 29). Il n'est donc pas en reste sur l'asymétrie lévinassienne. Mais, n'étant pas action partielle entravée par ses limites, il conçoit la pneumatologie du Mot fondamental comme constituant l'acte de mon être, mon « acte essentiel ». C'est pourquoi celui qui dit ce Mot essentiel, Buber l’appelle « l'être total », que la parole réalise du même coup (la parole pleine). Et Buber avance cette idée décisive : « L'action totale ressemble à la passivité » (p. 30) - car la fusion du tout ne peut pas être opérée par moi. La réciprocité est plénitude. En elle coïncident activité et passivité. À l’inverse, il n’y a pas de plénitude de la « réalisation » dans l’éthique lévinassienne. Levinas méprise même la rencontre bubérienne en l’assimilant à une « amitié spiritualiste » éthérée (au nom du « matérialisme juif » !), et Buber lui a reproché cette bévue dans une lettre [1].



13. Éthique et métaphysique



En vérité, avant même Buber, le thème de la rencontre de l'Autre se trouvait dans l’idée de « Corrélation » du dernier Hermann Cohen (1918). Comme l'a écrit le regretté Jacques Rivelaygue : « [Cohen] quitte le sol kantien par sa conception du péché et de la personne, en montrant que l'individu se constitue en personne morale non pas tant par référence à la Loi qu'en référence à l'Autre, c'est-à-dire que l'intersubjectivité, thème marginal chez Kant, devient un moment essentiel de l'éthique. En insistant sur le rapport à l'Autre et au “Toi” divin plutôt que sur l'obéissance à la loi, Cohen soustrait de façon décisive le judaïsme à la lecture hégélienne (comme religion de la loi) parce qu'il soustrait en même temps la moralité à une lecture étroitement kantienne (comme respect de la loi morale)…» [2]. C'est l'ambiguïté de l'éthique dans le livre de Cohen, ainsi que Léo Strauss l'a montré (sa Préface à l'édition américaine de Religion der Vernunft). La personne s'inscrit dans un double concept : le 'Il' et le 'Tu'. D'abord en tant qu'individu général (Nebenmensch) il appartient au Tout éthique, et puis en tant que telle individualité irréductible (Mitmensch), c'est-à-dire le Tu que je rencontre dans la pitié et l'amour, il sort de ce Tout éthique. Dans la “corrélation” de l'homme avec Dieu, il transforme le “Il” en “Tu”. La relation au prochain anticipe la Rédemption : « La Rédemption, c'est lorsque le moi peut dire tu à un il » (Rosenzweig). Mais Buber ne confond pas la « relation » avec un sentiment : c’est le « fait métaphysique » de l’accès à l’Autre dans l’événement du dialogue, il faut éviter de le réduire à un acte psychologique. Aussi récuse-t-il aussi bien l’amour ou la pitié de Cohen que la sollicitude de Levinas. Sur ce point, Levinas renverra Buber au « formalisme » ! (NP, p. 41)



14. Le problème et la tâche : trouve ce que tu ne cherches pas



Le vrai problème, « le problème de la vie », est la constitution de la personne morale — Levinas dit « subjectivation » —. Comment devient-on une « personne »? Ou plutôt, quel sens cela a-t-il qu'il nous incombe la « tâche » de devenir une personne. Or la tâche de devenir une personne incombe à la personne elle-même qui doit « donner forme » à sa vie, lutter pour une vie plus « authentique » ou « bonne ». Voilà la question de l'éthique. La personne est à elle-même sa propre tâche, mais ce n’est pas une tâche psychique. Pour la personne il y va de son être-personne. Est-ce une « décision » ? Kafka disait : « Du bist die Aufgabe », tu es toi-même la tâche (Préparatifs de noces à la campagne). Wittgenstein posait le problème éthique ainsi : la vie est « problématique », elle pose un « problème », si bien qu'il faut toujours changer la vie pour lui « donner forme » et ainsi faire disparaître le problème (Wittgenstein, Remarques mêlées, trad. Granel, p. 84). Mais là, deux voies s'offrent. Celle de Buber et celle de Schopenhauer-Wittgenstein. Pour cette radicale Unding du « hors-monde » qu'est le sujet asymétrique que je suis selon Wittgenstein, renvoyé à la tâche que je suis pour moi-même, il me faut accepter de n’être pas l'autre de l'autre, mais ipséité sans dehors. Hors-monde, sphère d'une immanence éthique avant toute transcendance dans le monde (et non pas corrélat d'un Tu). La solution du « problème de la vie » est radicalement immanente à la vie, c’est dans la manière de vivre qu’elle se trouve, trouver une autre vie qui soit conforme à la « forme de la vie ». Ce n’est pas un problème théorique. Telle est l’éthique de Wittgenstein, ineffable, « délimitée de l'intérieur » dans le Tractatus logico-philosophicus par sa théorie de la forme logique.



Par contre, pour Buber, l'accès à la personnalité coïncide avec l’accès à l’Autre dans la « relation ». Je ne peux devenir « Je » si je ne suis pas dans la relation personnaliste — selon « l'axe » Je-Tu —. Il s'agit d'une réciprocité : c'est parce qu'il pense selon ces « axes » de corrélation distincts entre Je-Tu et Je-Cela, que Buber dit bien que le “Je” de l'axe Je-Tu n'est pas le même “Je” que celui de l'axe Je-Cela, et l'inscrit dans l’intersubjectivité pure. Ainsi, l'autre est un autre “Je” pour le Je, de même que le “Je” est un autre Tu pour le Tu. C'est dans la corrélation du Mitmensch qu’elle se « réalise ». Buber a saisi sa réciprocité dans ce fait fondamental qu’en contact avec le Tu, le Je s'accomplit. Si en effet l'action qui suppose la fusion de tout mon être ne peut être opérée par moi, pour autant « elle ne peut se faire sans moi » (JT, p. 30). L'homme, parvenant à sa plénitude, devient « totalité agissante » dans la relation. L’événement métaphysique de la rencontre ne dépend pas unilatéralement du Je (mes sentiments, mes engagements, ma décision). La rencontre où il parvient à cet accomplissement, n'est pas quelque chose qu'il puisse chercher, elle n'est trouvée que lorsque, justement, on ne la cherche pas. Et lorsqu'on ne l'attend plus, « hypertélique », au-delà du télos. La rencontre ne dépend pas de la volonté. Elle est comme tous ces résultats qu'on ne peut atteindre qu'à condition de ne pas les poursuivre directement.



Chez Levinas, l’éthique n’est pas une « tâche » personnelle, ni le miracle métaphysique de la rencontre. La part de réalisation dans la relation bubérienne échappe à Levinas. L'instauration de la dimension éthique est chez lui amputée de toute réalisation, parce qu'il la veut irréductible, « abrupte », impossibilité pour moi de réduire l'altérité de l'Autre, afin d'éviter de me l’approprier comme l'une de « mes » représentations. L'Autre lévinassien, en effet, n'est pas une connaissance. Son éthique n'instaure la « relation » qu'à rompre avec le régime théorétique. Et c'est par là que cette dimension n'est pas totalisable dans l'homogénéité du savoir, qu'elle « brise » le Tout et arrête sa continuité par la coupure d'une négation. L'Autre n'est pas là, chez Levinas, pour « nourrir » le Même (que je suis). Mais c'est justement sur ce plan éthique qu'il manque à Levinas la dimension modale du « plein » qu'on trouve dans l'éthique relationnelle de Buber. Dès sa lecture de Husserl, il réduit tout rapport de la conscience à son corrélat (noème) au schéma sujet-objet, tandis que dans le rapport à l’altérité, le « sujet » n’est plus conscience. C'était là, dés le départ, manquer l'ouverture de l'école de Husserl à la conscience axiologique, c'est-à-dire aux « valeurs » comme à des objectivités d'un autre « type ». En plus de la réalisation, c’est donc aussi la phénoménologie des valeurs (telle qu'on la trouve chez Max Scheler, Edith Stein, Roman Ingarden, ou Karol Wojtyla [3]), qui est court-circuitée chez Levinas, qui la répudie pour son « parallélisme » avec la conscience théorétique. Levinas ignore le rapport éthique entre personne et valeurs, de même - on va le voir - qu’il ignore les vertus. D'où le caractère « catastrophique » de sa conception de la relation à autrui, et de l'éthique comme rupture et traumatisme. Ce qui l’intéresse dans le « Bien » platonicien, au-delà de l'être (epekeina tês ousias), c’est moins l'axios — l'axiologique, le valoir en tant que tel — du Bien, que plutôt l'epekeina, le fait qu'il soit « au-delà ». C'est moins l'éthique qui est en rupture, que la rupture qui fait éthique !



Mais on va voir que son éthique n’est pas seulement appauvrie, elle pousse le paradoxe à l’inacceptable. Elle culmine dans sa problématique de la responsabilité-pour-autrui. À ce stade hyperbolique de la passivité subjective, le « tendre l'autre joue » de Jésus n’est qu’une plate médiocrité. Si je dois expier devant mon offenseur et mon persécuteur qui m'accusent, alors aucune éthique n'a jamais atteint un tel degré surérogatoire dans l'altruisme sacrificialiste (comme dit Sh. Trigano [4]). Craignant que depuis Auschwitz et la « banalité du mal », la moralité humaine ne se soit affaissée (au stalag, le dernier kantien allemand est un pauvre chien ami des hommes), il se lance dans une surenchère morale, dont il tombe lui-même la première victime. Car l'éthique de Levinas — malgré l’introduction correctrice du tiers et de la justice —, revient à l'obligation de s'offrir en holocauste à ses offenseurs ! Avec des implications vaguement antipolitiques dans la tradition d’Abravanel. Plût au ciel que le peuple juif — qui a retrouvé sa souveraineté politique en Israël — ne traduise pas une telle éthique en politique !



15. Le problème de la responsabilité



L’éthique de Levinas se présente comme « éthique de la responsabilité », bien que, par son absolutisme, elle ressemble bien plus à une éthique fanatique de la conviction — et pereat mundus ! —. Mais son concept de responsabilité est absurde. Que signifie responsabilité dans son acception classique (même étroite) ? Etre responsable suppose une connexion objective entre le sujet « propre » d'un acte - sa source -, l'acte lui-même, sa valeur, et ses conséquences. Il n'y a pas de responsabilité sans activité [5], et cela à la mesure du degré où l'acte est « propre ». L'agent n'est responsable que de ses propres actes, et les actes sont blâmables ou méritoires dans la mesure où ils sont en son pouvoir. Deux conditions sont donc inhérentes à la responsabilité : elle porte sur des actes (et non, par exemple, sur l'être de l'agent), et ses actes sont les siens : on est responsable de soi, on n'est pas responsable de l'action des autres personnes, sauf si celles-ci sont placées « sous ma responsabilité ». Les actes doivent évidemment être des actes, c'est-à-dire dépendre d'intentions (non des événements qui « m’arrivent »), le moi moral n'acceptant comme lui appartenant que ce à quoi il acquiesce, et rejetant hors de la transparence de sa maîtrise l'opacité irrationnelle des contingences du monde (les « actions » de l’animal, de l’enfant, du fou — qui « ne savent pas ce qu’ils font », le hasard, la passion, etc.). Bref, dans la conception classique, la responsabilité exclut la passivité !



Mais tout acte entraîne après lui la responsabilité de l'agent, et à ce titre, il implique un « passif ». Ainsi, tout acte entraîne dans son sillage la permanence du « poids » et de la « charge » de la responsabilité qui « pèse » bien au-delà de l'accomplissement de l'acte (de tout acte et pas seulement de l’acte coupable). Le passif suit l’acte comme son ombre (même s’il précède les suivants). En ce sens, tout agent n’est passif précisément que parce qu'il est actif. L'activité accroît la passivité, de même que le vieillissement restreint le champ des possibles à mesure même qu'il les réalise. La passivité est donc bien la « situation » fondamentale de la subjectivité, mais comme envers de l'activité. Assumer la responsabilité de ses actes, est lui-même un acte subjectif distinct qui s'ajoute à la connexion objective de la responsabilité. L'assomption de la responsabilité n'est pas la responsabilité elle-même. Elle implique la reconnaissance de ce que la faute ou le mérite de l'acte en regard des valeurs qu'il réalise ou détruit, sont imputables à l'agent, et qu'ils ouvrent un « droit », à la mesure des exigences découlant de la responsabilité. De leur côté, l'assomption - en tant que reconnaissance subjective -, de même que l'appel à « répondre » de sa responsabilité, en tant qu'acte social soumis à l'imputation de responsabilité, sont indépendants des exigences objectives intrinsèquement liées à la responsabilité de l'agent : blâme, mérite, réparation, châtiment, honneur, etc. Agir de façon responsable, c'est assumer la responsabilité qu’on porte et tendre à réaliser des valeurs positives. À l’inverse, celui qui refuse d'assumer sa responsabilité ne la diminue pas, il l'accroît, car il ajoute à la responsabilité qu'il n'assume pas (mais qu'il porte cependant) celle de surcroît de ne pas l'assumer ! Il est donc responsable par surcroît de son déni devant sa responsabilité. C’est ainsi que s’augmente le passif de la responsabilité.



Mais ce n'est pas en ce sens que Levinas parle de l'accroissement de responsabilité. Pour lui, c'est tout au contraire lorsqu'on assume sa responsabilité qu'on la multiplie ! (plus j'agis bien, plus je suis coupable). C’est qu’il réduit la responsabilité à son sens littéral : répondre pour-et-devant l’Autre, c’est-à-dire être imputé. Il ne conçoit la morale qu'au niveau de l'assomption parce qu'il propose une théorie radicalement subjectiviste de la responsabilité éthique. On pose un archi-Appel à « répondre » qui précéderait transcendantalement tout appel empirique ultérieur à répondre de ses actes (structure caractéristique de redoublement empirico-transcendantal). En toute cette théorie, Levinas — comme son maître Dostoïevski — suit une logique paradoxaliste. Il confond la passivité comme situation fondamentale de la subjectivité, avec l'essence de cette subjectivité. La passivité n'existe que comme envers de l'activité, parce que l'existence implique inévitablement l'accroissement de ce « poids » de l'enchaînement des actes accomplis. Plus j'agis et plus je suis « passif ». C'est la loi d'inertie de l'esprit, et c'est pourquoi la mort nous transit dans notre vie même et nous éprouvons le besoin de « rénovation », de « changer la vie » pour lui donner une nouvelle forme, de « renaître » à une vie nouvelle, de teshouva. En ce sens, la passivité de la charge (le poids, la coulpe) que subit le sujet précède l'acte psychique par lequel il « assume » cette charge. Mais cela ne signifie nullement - comme le prétend Levinas - que la passivité soit originairement constitutive et antérieure à toute opposition de l'action et de la passion (de l'agence/patience). La passivité - plus passive que toute passivité - la passivité originaire et hyperbolique de Levinas est un mythe qui n'a aucun fondement phénoménologique : c'est le péché originel. (Et il l’interprète comme péché originel de la créature en tant que telle, sans acte, en tant qu’elle est créature!)



Certes, la conception rationaliste de la responsabilité rejette la contingence morale. Et une conception moins puriste répond que le moi moral ne peut s'abstraire aussi simplement de la contingence. Elle est logée en son cœur, et la limite du contrôle des circonstances est infestée de mauvaise foi. Les paradoxes de l'irrationalité étant inhérents à l'action intentionnelle, la conception « tragique » de la responsabilité a abandonné l'illusion de la pureté morale des intentions. Mais la responsabilité lévinassienne est plus qu'irrationnelle et tragique. C'est une responsabilité absurde, qui ne vaut que pour les « situations extrêmes ». Chez Levinas, on passe directement aux extrêmes. Son éthique n’est taillée qu’à la mesure des saints et des martyrs. Il manque chez lui tout un domaine universalisable pour l'humanité, que ce soit quelque chose comme une morale déontique - comme chez Kant - ou une éthique des vertus - comme chez Aristote -. Il manque la mesure de l'humain pour laquelle cette « éthique » du sacrifice est démesurée, hors norme. La philosophie de Levinas aboutit à un écrasement intolérable de la liberté humaine ! Examinons son cheminement.







À suivre…







Notes



[1] « Dialogue avec Martin Buber », la lettre de Buber, in Levinas, Noms propres, Paris, Fata Morgana, 1976, p. 52-56.



[2] Jacques Rivelaygue, « Rosenzweig et l’idéalisme allemand », propos recueillis par D. Bourel, L. Ferry et O. Mongin, in Franz Rosenzweig, Les cahiers de la nuit surveillée n°1, 1982, p. 154.



[3] Je l'ai retracée dans mon article Karol Wojtyla : Derrière les apparences, un géant méconnu [lire]. L'éthique de Wojtyla, malgré sa part de thomisme, me paraît plus authentiquement phénoménologique que celle de Levinas.



[4] In Shmuel Trigano, L'ébranlement d'Israël : philosophie de l'histoire juive, ed. Seuil, Paris, 2002.



[5] Un excellent exposé philosophique du problème : Roman Ingarden, De la responsabilité, ses fondements ontiques, trad. Ph. Secrétan, Paris 1997. Voir également, Bernard Williams, La fortune morale, trad. Jean Lelaidier, Paris, PUF, 1994 ; et Marc Neuberg (dir.), La responsabilité, questions philosophiques, Paris, PUF, 1997.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Claudia (Claudia) le jeudi 26 mai 2005 - 19h05:

La tentation antisémite
Michel Wieviorka
Robert Laffont, Paris


Disons-le clairement, après la lecture de la page qui lui était consacrée par Libération, j’ai abordé ce livre avec un préjugé défavorable (l’article de Marianne où il est carrément question de manipulations et celui beaucoup plus neutre du Monde sont parus après ma lecture). Comment en effet, un sociologue pouvait-il tirer comme seules conclusions d’une enquête de deux ans que d’une part, cet antisémitisme n’étant que du ressentiment social il suffirait de s’intéresser aux problèmes de ces jeunes pour que cet antisémitisme disparaisse et d’autre part que les Juifs par leurs prises de positions exagérément favorables à Israël en seraient en partie responsables.
La première affirmation a ceci de choquant qu’elle revient à nier ou au moins à minimiser toute l’histoire de l’antisémitisme. Qu’était d’autre, en effet, que du ressentiment social habilement attisé par quelques agitateurs l’antisémitisme à l’origine des pogromes russes du XIXe siècle ou celui organisé en Allemagne lors de la « Nuit de cristal », ou même celui des noirs américains qui pillaient il y a quelques décennies les magasins juifs de leur quartier ?
La deuxième conclusion est au moins aussi inacceptable, puisqu’elle admet non seulement la doctrine selon laquelle le soutien à Israël serait en soi une opinion criminelle, mais encore qu’elle suggère l’idée que pour être acceptés dans la « communauté nationale » les Juifs, ou certains juifs devraient cesser d’exprimer leurs convictions voire se rallier à l’opinion majoritaire et politiquement correcte. D’autant que l’article entretient la confusion entre « soutien inconditionnel à Israël » et « soutien inconditionnel à la politique du gouvernement israélien », et, en dernier recours, elle culpabilise les victimes.

L’ouvrage a plusieurs mérites. Le moindre n’est pas qu’il souligne l’érosion des tabous dans l’énoncé de discours antisémites et son extension dans « dans toute la sphère sociale », permettant l’expression d’un antisémitisme sans Juifs dans certains quartiers. Il constate une globalisation et une mondialisation de l’antisémitisme pour laquelle l’une des solutions serait une responsabilisation des médias, il reconnaît une timidité à sanctionner l’antisémitisme venu des « victimes », il remarque une incapacité des institutions – et en particulier de l’institution scolaire – à y faire face (mais constatant la part d’idéologie de la part des professeurs, il ne suggère qu’une solution, la formation). L’analyse de la perte de sens de la Shoah dans un contexte de concurrence des victimes, de la globalisation de l’antisémitisme ou de celui qui nous vient des pays arabes est assez réaliste et désespérante.
On peut aussi tomber d’accord sur la non existence de projets politico-idéologiques communs entre l’extrême droite et l’extrême gauche, même si leurs discours convergent parfois, voire se légitiment mutuellement. Par contre, il est plus difficile de le suivre quand, concernant le rapprochement entre islam radical et idéologies gauchistes et tiers-mondistes, il affirme « qu’une telle hypothèse ne se vérifie que bien peu, même si elle trouve ça et là quelques éléments susceptibles de la vérifier ». En tout état de cause, les deux conclusions problématiques soulevées en introduction restent celles sur lesquelles s’appuient ses principales propositions. Le plus problématique reste son désir de rester « crédible » et de ne pas être identifié comme « sioniste » en ne versant pas « dans l’excès », ce qui l’amène à « oublier » certaines données ou à toujours chercher ce qui relativise ses observations les plus sévères.
Concernant la méthodologie, le livre est vendu entouré d’un bandeau rouge affirmant qu’il est le résultat de deux ans d’enquête. Etait-ce si nécessaire à sa légitimation ? Il faudra pourtant dépasser les 134 premières pages pour entrer dans l’enquête elle-même. De l’enquête, de sa méthodologie et d’une méthode éventuelle d’analyse de discours, nous n’aurons que très peu d’aperçus si ce n’est ici où là quelques références à une « intervention sociologique » dont nous ne saurons pas les modalités, pas plus que nous ne saurons sur quels critères ont été choisis les intervenants - ou dans le chapitre sur l’école comment ont été choisis les établissements - ni combien se sont exprimés et quelle est leur représentativité, donnant ainsi parfois l’impression que l’on se trouve plus dans le cadre d’un micro-trottoir lié à l’opportunité individuelle des terrains que dans celui d’une enquête sociologique bien cadrée suivie d’une analyse de discours.
On apprend ensuite, par la page de titre, puis par l’introduction qui rend à chacun son lieu de travail, que 12 chercheurs du laboratoire y ont collaboré. Pourtant, aucun d’eux n’a, semble-t-il, – et on peut se demander pourquoi - collaboré à la rédaction de l’ouvrage. Est-il l’aboutissement d’une réflexion collective ou l’œuvre d’un seul homme ayant utilisé les éléments apportés par son équipe ?
Deuxième remarque d’ensemble : à part quelques aperçus, parfois disséminés dans les notes, il n’y a pas ou presque pas, dans aucun des chapitres, de mise en perspective des discours par une analyse des réalités sociologiques ou géopolitiques particulières des lieux étudiés, de leurs structures sociales, des institutions, des réseaux de relations etc.. L’absence de ces observations risque de conférer une valeur de vérité aux témoignages de quelques acteurs.
Troisième remarque, et peut-être liée à la précédente, des affirmations non fondées sur l’analyse nous sont assénés à plusieurs reprises et sans précaution par l’auteur lui-même comme des vérités. Pour ne citer que celles-là : « La vigilance actuelle des pouvoirs publics, qui demandent notamment des réponses judiciaires rapides aux actes antisémites, fait des Juifs des victimes, actuelles et potentielles, mieux protégées que celles d’autres formes de racisme » (p.23) ou : « Il est vrai qu’en France, dans l’ensemble, on s’indigne plus et plus vite, parfois même dans l’excès, à propos de l’antisémitisme qu’à celui d’autres racismes » (p. 31) ou encore en conclusion du dernier chapitre de la première partie : « De ce point de vue, les radicaux et extrémistes qui prônent un soutien inconditionnel de tous les Juifs à la politique d’Israël quelle qu’elle soit, façonnent une équation Juifs de Diaspora = Israël extrêmement dangereuse, car provoquant en retour des discours antisémites qui reposent sur la même équation ». Toutes ces phrases semblent davantage reprises de la doxa du MRAP ou du politiquement correct médiatique que du travail du sociologue. Sur un autre thème, on trouvera par exemple la mort du petit Mohamed, attribuée à plusieurs reprises par l’auteur lui-même aux Israéliens, bien qu’il soit aujourd’hui admis que ce fait est loin d’être prouvé. Nous verrons d’autres exemples plus loin.

Passons assez vite sur le jugement qu’il porte dès l’abord sur les chiffres « discutables » des actes antisémites pour en venir au chapitre 2 qui pose la question de l’école. Se référant d’abord au livre d’Emmanuel Brenner Les territoires perdus de la République, il le nuance immédiatement à partir d’une enquête réalisée en 2003 par la Fondation de la mémoire de la Shoah et l’Association des professeurs d’Histoire-Géographie qui a adressé un questionnaire à 5344 de ses adhérents pour ne recevoir que 641 réponses (12%). Malgré l’impossibilité de connaître la représentativité des 12% de réponses, l’auteur conclut : « Ce rapport constitue une invitation à ne pas dramatiser à l’excès des problèmes qu’il ne s’agit pas pour autant de nier ou de minimiser […] Il note ‘qu’il s’agit bien plus souvent de « débats un peu vifs » plutôt que d’incidents. Il déplore que les médias le surestime ».
Ni dans ce chapitre, ni dans la sixième partie de l’ouvrage qui le double, n’est mentionné le rapport Obin, daté de juin 2004 (soit près d’un an avant la publication de cet ouvrage) qui porte sur une soixantaine d’établissements répartis sur une vingtaine de départements. Ce rapport pourtant aurait pu remettre en cause ses conclusions : réalisé par les autorités académiques (et donc insoupçonnable), il remarque « la montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes » mais aussi « que les manifestations d’appartenance religieuse semblent être, à tous les niveaux du système, la classe, l’établissement, l’académie, l’objet d’une sorte de refoulement, ou de déni généralisé de la part de beaucoup de personnels et de responsables : chacun commençant généralement par déclarer qu’il n’y avait pas matière à nous déplacer car il n’y avait rien à observer ou ne se passait rien dans sa classe, son établissement ou son secteur de responsabilité. […] et qu’en conséquence la conjecture la plus probable est que les observations transcrites dans ce rapport sont sans doute en deçà de la réalité des établissements observés, tant la tendance de nombre de professeurs, de conseillers d’éducation ou de personnels de direction est, en ce domaine, de celer une part de leur réalité professionnelle ».
Un constat de ce rapport au moins aurait mérité d’être repris dans cet ouvrage : « Il est en effet, sous nos yeux, une stupéfiante et cruelle réalité : en France les enfants juifs - et ils sont les seuls dans ce cas - ne peuvent plus de nos jours être scolarisés dans n’importe quel établissement ».

Dans le troisième chapitre, qui dresse un portrait alarmant des dérives de certains discours pro-palestiniens, en particulier dans les partis de l’extrême gauche, on est assez surpris de lire que l’émotion suscitée par ces dérives témoignerait « d’une formidable réactivité de l’intelligentsia dès que le soupçon d’antisémitisme peut exister ou au contraire dès que la critique de la politique israélienne semble entravée » et sidéré par cette conclusion : « les antisémites supposés sont passibles d’être poursuivis en particulier par des associations juives ». La parole de ces associations juives étant selon lui « affaiblie par l’excès, à commencer par la défense inconditionnelle de tout ce qui touche Israël ». Quelle est ici la part de l’analyse sociologique et celle du prêt à penser ? Une analyse partant d’autres prémisses peut être proposée : on peut s’inquiéter de l’étrange surdité d’une majorité de ce qu’il est convenu d’appeler l’Intelligentsia pour les dérives antisémites du discours pro-palestinien, banalisées comme « critiques d’Israël » et s’étonner de l’absence criante des associations de droits de l’Homme autres que juives dans le combat judiciaire légitime contre ce qui est défini en droit français comme un délit, absence qui renforce la stigmatisation et la délégitimation de ceux qui réagissent, perçus alors comme « excessifs » ou pire, comme « sionistes ».
Pourquoi faire à Tariq Ramadan le cadeau d’une exégèse de son discours en extrayant de sa liste d’intellectuels juifs les figures de BHL et de Alain Finkielkraut ?
Comment encore accepter le parallèle fait dans ce chapitre entre Pascal Boniface qui - parce qu’on lui a reproché un rapport douteux sur la relation entre choix de politique étrangère de la France et démographie des Juifs et des Arabes - s’est livré à plusieurs reprises et en particulier dans un ouvrage, à des attaques personnelles et diffamatoires contre certaines personnalités et François Zimeray, dont le seul tort a été de demander avec insistance une enquête sur l’utilisation de l’argent des contribuables européens par l’Autorité palestinienne.

La deuxième partie est consacrée à « l’antisémitisme du ghetto ». L’enquête nous emmène dans une cité de Roubaix. « Le mélange culturel est une réalité admise par la politique municipale ». C’est à peu près tout ce que nous saurons, et cela sans la moindre discussion, de la sociologie du lieu. Dès l’abord nous sommes plongés dans l’univers assez effrayant d’un « antisémitisme sans juifs » (notion qui n’est ici sûrement pas comparable – ce n’est pas dit - à l’antisémitisme réellement sans juif de certains pays musulmans comme l’Indonésie ou le Pakistan, dans la mesure où une grande communauté juive réside dans la ville toute proche de Lille, qu’ils y tiennent des commerces ou occupent des professions libérales que croisent forcément à un moment ou à un autre les jeunes de Roubaix).
Le tableau est effrayant à plus d’un titre. D’abord parce que cet antisémitisme de ressentiment qui nous est décrit rappelle à s’y méprendre celui des pogromistes du XIXème siècle. Eux aussi auraient probablement oublié les Juifs si un propriétaire terrien les avait reçu pour écouter leurs demandes. Mais il suffisait à l’inverse d’un provocateur pour les lancer sur les quartiers juifs. Aujourd’hui les agitateurs les recrutent pour partir en Afghanistan ou en Irak faire le Jihad, comme on l’a vu récemment dans un quartier ghetto identique de Vénissieux.
Plus effrayant encore cette impression que tous les esprits, et pas seulement celui des jeunes sont imprégnés, y compris celui de personnels d’encadrement ou celui de la municipalité.
On doit regretter à ce sujet que l’enquête se soit contentée de témoignages et ait occulté certains faits concrets. Par exemple il y a 10 ans l’affaire du gang de Roubaix, qui alliait grand banditisme et Jihad islamiste.
Il n’y a pas eu d’acte antisémite à Roubaix même, dit l’auteur, et pour cause : il n’y ni Juifs, ni lieux juifs. C’est pourtant à Roubaix, en novembre 2000, lors d’un festival de musique, que des groupes pro-palestiniens se sont réunis sur la Grand-Place pour scander des slogans antisémites à l’encontre de « ce juif [Enrico Macias] qui chante de la musique arabe » (L’Humanité, 27 novembre 2000).
Quand l’auteur affirme comme « vraisemblable mais difficile à établir » la participation de prêches antisémites à ce climat, et note la politique très pro-palestinienne de la municipalité mais conclut que les liens entre islamistes et gauchistes ne sont pas établis, on s’étonne qu’il ne se soit pas intéressé aux réseaux locaux comme par exemple cette association locale « Rencontre et dialogue », - dont d’aucuns disent qu’elle serait proche des frères musulmans. Cette association, dont toutes les manifestations sont affichées sur le site des Verts de Roubaix, avec qui elle partage plusieurs responsables et organise régulièrement avec eux), ainsi qu’avec ATTAC, avec les CCIPPP (voir sur le site du CRIF) et les Etudiants musulmans de France (proches de l’Arabie Saoudite) des rencontres régulières (par exemple le 27 avril 2003) avec Tariq Ramadan et Hassan Iquioussen qui s’est illustré par un soutien aux attaques kamikazes et par un prêche au contenu fortement antisémite diffusé par cassette (une de ces rencontres a dû être annulée à la suite du scandale provoqué par la mise à jour de cette cassette). Et ce qui est vrai au niveau local l’est aussi au niveau national.

Je ne m’attarderai pas sur le chapitre sur les prisons et ses divergences avec le rapport récent des Renseignements Généraux, et j’en arrive à Sarcelles. Dès le départ, l’auteur nous assène une vérité : « les Juifs [y] constituent une communauté puissante », et « une part considérable de la population ». Or on apprend dans le même temps que la population juive, la plus ancienne des communautés de migrants qui se sont installés dans la ville, ne représente en réalité aujourd’hui qu’environ 15% d’une population qui serait pour 22% d’origine africaine, 32% maghrébine et 15% Turque : s’il s’agit bien d’une communauté importante en regard du nombre de Juifs en France, rien ne permet de dire qu’elle est « puissante », ni qu’elle constitue « une part considérable » de la population.
Cela n’empêche pas l’auteur de nous certifier une autre vérité : leur désir de visibilité qui tranche « non seulement avec le modèle classique, républicain, du judaïsme ‘à la française’, mais aussi, et plus encore peut-être, avec la discrétion des autres religions de la ville, chrétienne, musulmane ou bouddhiste – exception faite des Assyro-Chaldéens ». Ce tableau des Juifs, seule communauté, à se « communautariser » face aux autres qui n’auraient qu’un désir, se fondre dans le modèle républicain diverge profondément de celui donné depuis quelques années par d’autres observateurs. On peut par exemple citer un article de Akram B. Ellyas paru dans le Monde Diplomatique en février 1996 sous le titre « replis communautaires à Sarcelles » (www.monde-diplomatique.fr/imprimer/5218/7ac08daea8), ou le reportage paru sur le site des étudiants de l’école supérieure de journalisme de Lille (http://www.esj-lille.fr/atelier/magan2/teo/actu.html).
On aurait aimé en outre connaître la géographie sociale de la ville et/ou que les Juifs s’expriment sur ce retrait des lieux de la multiculturalité dont il leur est fait grief : concernant leur quartier de résidence, quelle est la part de l’évolution de leur statut social ou de leur marginalisation progressive dans des quartiers où de nouvelles générations de musulmans porteurs de préjugés sont devenus petit à petit largement majoritaires ? Où habitent les autres « bourgeois » ? Concernant leur départ, bien réel, du système scolaire public : quelle est la part de leur marginalisation volontaire, de la tendance générale des « bourgeois » à éviter les écoles réputées difficiles ou de l’antisémitisme ? Concernant le reproche qui leur est fait de ne pas participer aux forums d’associations, est-ce une réalité ? Si oui, quelle est la part du pro-palestinisme agressif de certaines associations qui y participent ? Mais soit ils ne se sont pas exprimés sur le sujet, soit l’auteur n’a pas désiré reprendre leurs propos.
Comme à Roubaix, on aurait aimé que les auteurs s’intéressent à la vie de la commune et aux réseaux d’alliance, par exemple à la présence de candidats communautaires aux diverses élections. Peut-être aurait-il fallu aussi essayer de comprendre pourquoi aux Européennes, la liste Euro-palestine avec Dieudonné à sa tête (et les dérapages que l’on connaît), atteint le score record de 10,75% dans la ville voisine de Garges-les-Gonesses (en 4e position), arrive en 5e position à Gennevilliers, en 4e position à Trappes et dépasse la barre des 5% dans 40 communes de Seine-Saint-Denis (elle atteint même 19% dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie), mais n’obtient « que » 4,13% à Sarcelles ou 3,87% à Créteil où existe aussi une importante communauté juive.
Peut-être qu’en examinant ces données, l’auteur serait revenu sur l’opposition établie en hypothèse entre l’antisémitisme à Sarcelles qui serait lié à la présence d’une communauté juive « visible » et celui sans Juifs de Roubaix, qui l’a amené à conclure à un antisémitisme multiforme, pour envisager au contraire que finalement peu importe la présence ou non de Juifs, l’antisémitisme à Sarcelles est le même que celui de Roubaix : lié davantage à un juif imaginaire qu’à celui que l’on a devant les yeux, et que paradoxalement, la présence de Juifs sans complexes pourrait bien même être un rempart contre certains effets de l’antisémitisme.

Alors, relativiser, oui. Qui a d’ailleurs jamais parlé d’un « phénomène massif, généralisé, ou porté par de puissants groupes sociaux ou politiques » ? La diffusion et l’installation sous couvert de politiquement correct d’un discours peu idéologisé, aux contours pas très nets, où les limites entre le tolérable et l’intolérable s’estompent, et pas spécifiquement porté par des groupes bien identifiés (et donc facile à circonscrire) est finalement beaucoup plus pernicieux. Il ne faut pas se voiler la face.

Anne Lifschitz-Krams

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Mounia (Mounia) le jeudi 26 mai 2005 - 18h38:

Tunisie: plusieurs milliers de pèlerins juifs attendus à la Ghriba

TUNIS (AP) - Contrairement aux années précédentes, le pèlerinage juif de la Ghriba, en Tunisie, célébré jeudi et vendredi, enregistrera cette année une affluence nettement plus importante, estimée entre 3.000 et 5.000 personnes, selon les sources.

Ce rite traditionnel à la fois religieux et festif a lieu chaque année dans la synagogue de la Ghriba, située sur l'île de Djerba, dans le sud tunisien.

Considérée comme l'un des plus anciens monuments israélites au monde, cette synagogue a été construite au VIe siècle avant Jésus-Christ, à partir d'une pierre du Temple de Salomon, détruit par le roi de Babylone Nabuchodonosor le Chaldéen, selon la légende.

Ce caractère hautement symbolique a depuis donné beaucoup d'attrait au site vers lequel convergent chaque année un grand nombre de pèlerins juifs venus de divers pays.

Après avoir atteint une pointe de quelque 7.000 visiteurs en l'an 2000, ce pèlerinage a subi le coup des événements pour se réduire à quelque centaines ou tout au plus à un millier, suite au déclenchement de l'Intifada dans les territoires palestiniens, puis aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et à celui qui avait ciblé la synagogue elle-même en avril 2002. Cet attentat revendiqué par Al-Qaïda, avait fait 21 victimes.

"Pour cette année, il n'y a pas photo. C'est à un retour massif des pèlerins qu'on assiste", s'exclame René Trabelsi.

Ce patron d'un tour opérateur basé à Paris, qui organise chaque année des vols charters vers Djerba, prévoit l'arrivée de quelque 5.000 visiteurs, dont 1.500 à 2.000 venant d'Israël, alors que son père Pérez Trabelsi, président du comité de la Ghriba, estime à environ 3.000 les pèlerins attendus.

Outre les juifs de Tunisie estimés à environ 1.300 et ceux de France, d'autres viendront notamment des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d'Italie.

Il attribue cette affluence en partie à "l'effet favorable" qu'a eue l'invitation adressée au Premier ministre israélien Ariel Sharon à participer au sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) en novembre prochain à Tunis.

Il a en outre fait état de la venue d'une chorale de 10 enfants de Jérusalem, qui animera une soirée de fête placée sous le signe "Djerba la tolérante".

René Trabelsi trouve "extraordinaire" un tel engouement, surtout après les menaces d'attentats qui avaient circulé ces derniers mois. "Cela prouve que les gens ont confiance dans la Tunisie réputée pour être une terre de tolérance", en conclut-il.

Interrogé sur l'itinéraire des vols empruntés par les pèlerins israéliens, il a affirmé qu'ils devaient transiter par des capitales européennes, Paris, Rome, Istambul ou Malte. Envisagés dans un premier temps, des vols directs Tel-Aviv-Djerba ont été reportés "à une prochaine fois".

Les raisons invoquées par René Trabelsi se situent d'abord, selon lui, au niveau de la non disponibilité d'un nombre suffisant d'avions, compte tenu de la grande demande à laquelle les tours opérateurs ont été confrontés et, ensuite, à un niveau politique.

"Nous n'avons pas voulu forcer la main aux politiques", avance-t-il en espérant que "ce n'est que partie remise, dans l'attente de la réouverture des bureaux de représentation israélien et tunisien dans les deux pays". AP

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Soleil (Soleil) le jeudi 26 mai 2005 - 16h40:

Lag Ba'Omer :

A l'occasion de LAG BA OMER,

l'association Alef vous invite nombreux à la prochaine

Conférence exceptionnelle du Grand Rabbin de France
Joseph Haïm Sitruk,

qu'il donnera avec l'aide de D'., Le Jeudi 26 Mai à 20h30

Au Centre ALEF - 25, rue Garnier.
92200 Neuilly S/Seine. Métro Pont de Neuilly

Au programme :

Conférence du Grand Rabbin

Allumage de bougies

Buffet-Cocktail.

PAF : 10 euros - Info : 06 15 10 30 16 ou 01 47 45 51 47.

VENEZ NOMBREUX

(Message à diffuser très largement merci.)

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Henri (Henri) le jeudi 26 mai 2005 - 15h35:

Ce soir a la tele si vous voulez vous distraire.
Coupez le son et regardez les gesticulations de chirac l'ami du ratfat, essayez et vous verrez.
Il vous convaincra plus vite de voter N O N.
C'est la panique.

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Nao (Nao) le jeudi 26 mai 2005 - 13h19:

Sur une note plus humoristique, avez-vous remarque que les adjectifs croustillants ne manquent pas de fuser concernant le referendum?Nos hommes politiques sont forts inspires: Jospin demande aux Francais de pas etre crispes, Raffarin de ne pas etre frigides..
Et Chirac ce soir nous remet le paquet! en route pour le plus gros gadin de la Veme Republique!!
Moi je dis Francais ne soyez pas coinces! Votez NON!

Haut de la pageMessage précédentMessage suivantBas de la pageLien vers ce message   Par Nao (Nao) le jeudi 26 mai 2005 - 13h10:

L'affaire de la "profanation du Coran" à Guantanamo a provoqué un tolle dans les pays musulmans. Les Americains auraient cause un crime de lese majeste! sorry!
Amnesty International organisation tres politique et tres a gauche accuse les US de violation grave de droits de l'hommme et de torture! Soit!
Cependant les musulmans eux ne se demandent jamais si ils n'ont pas seme la tempete le 11/09/2001 et dont ils recoltent les frais aujourd'hui. Et eux ils ne torturent pas? ils ne decapitent pas? ce sont des saints? quand on voit comment les insurges font TOUT pour tuer dans l'oeuf la democratie fragile que l'on veut installer en Irak.. ils se tuent entre eux sans aucun complexe ou etat d'ame!
C'est facile de crier au scandale mais c'est plus difficile de faire son auto-critique!!
Il n'y pas de fumee sans feu. Or le feu c'est le monde arabo-musulman qui l'a allume depuis qu'ils ont remis la guerre sainte au programme des festivites!
ne nous voilons pas la face nous sommes EN GUERRE, une guerre aussi impitoyable que celle menee par Hitler et les nazis et quand on est on guerre on ne peut [as ceder aux sentiments!
Donc oui il est normal que les US reagissent et anticipent toute sorte de nouvel attentat qui pourrait tuer les siens par tous les moyens existants. Si l'administration americaine ne le faisait pas, on crierait au scandale que nos gouvernants prennent tout ca a la legere. Heureusement ils ont compris a qui nous avons affaire!

Scandaleux c'est aussi Mahmoud Abbas qui ose demander plus de moyens à Washington pour creer un etat palestinien! combien de fric doit on encore donner a ces palestiniens?? ou est l'argent entasse par Arafat???
"Nous avons besoin de plus de ressources pour conserver le contrôle a Gaza", a-t-il affirmé devant des membres de la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants.
Abbas est bien mal place de demander a Bush un engagement clair en faveur d'un etat palestinien alors que lui meme n'a donne aucun engagement clair de se liberer du hamas et autres poisons qui sevissent a Gaza!!! alors le fric je dis NIET!

Insupportables aussi les reactions de la communaute maghrebine a Perpignan apres le meurtre par des gitans (visiblement une histoire de gangs ou un reglement de comptes) d'un des leurs..
La tension était persistante mercredi soir dans le quartier populaire Saint-Jacques, où une voiture a été incendiée. 8 jeunes d'origine maghrébine ont été jugés en comparution immédiate pour leur participation mardi soir à des incidents dans la vieille ville.

Pour qui se prennent-ils? Ils vivent que cela leur plaise ou non (et si c'est non alors degagez..) dans un etat de droit et il faut le respecter. On est pas chez eux ou les vendettas sont de mise! Pas besoin de mettre la ville a feu et a sang car si toutes les ethnies faisaient ca on en finirait plus; ca serait le chaos total! Quand le jeune DJ Juif Sebastien a ete tue par son "pote" arabe d'un coup de couteau, a t'on vu la communaute juive s'en prendre a la police? et faire des barrages dans les rues? bruler des bagnoles?
J'aimerais voir comment leurs gouvernements d'origine les materaient et les traiteraient a situation egale.. Pas avec des canons a eau mais avec des balles reelles!
Ils ne se permettraient pas de faire ca la bas..
Ces gens la sont insupportables: ils se plaignent d'être mal-aimés mais ne font rien pour se faire aimer non plus!

Je sais... je sais j'entends deja certains harissiens me traiter de tenir un discours le-peniste! J'ASSUME! il faut appeler un chat un chat!
"Tant va la coupe a l'eau, qu'elle deborde!" dit le dicton

C'etaient les humeurs matinales ras le bolesques de Nao.

PS: Et encore je reserve mon venin sur l'affaire d'Avignon et les declarations de fausse grossesse! attendons et voyons qui sont les menteuses...