| | Accueil | Annonces | Arts | Calendar | Cartes | Chat | Commentaires | Communautés | Coutumes | Culture | Délires | | |
| | Enregistrement | e-Souks | Forum | Fun | Galerie Photo | Genealogie | Harissatheque | Histoire | JRencontre | | |
| | Kandil | KesTuCherch | La bouffe | Links | Loterie | Medias | Musique | Objectif | Paracha | Plan du site | Portail | | |
| | Recherche | Religion | Sommaire | Sondages | Souvenirs | Telecom | Tunes Célèbres | Voyages | | |
|
|
Y aura-t-il des juifs en Palestine ? |
Y aura-t-il des juifs en Palestine ?
Par Marco KOSKAS
Voilà qui est fait : il n'y a plus un seul juif à Gaza. Cette pauvre bande de
Terre battue par les vents de sable est maintenant sous contrôle palestinien et
c'est très bien comme ça. Pourvu que la paix vienne enfin ! Pourvu que cette
embryon de compromis entre les belligérants soit suivi d'autres gestes de paix,
mutuels si possible.
Reste à savoir pourquoi chaque fois que le nationalisme arabe triomphe, il faut
que les juifs s'en aillent. Que ce soit au Maghreb ou au Machrek, il n'est pas
de pays arabe qui ait accédé à la souveraineté sans que les juifs n'en soient
chassés. Ou poussés vers la sortie. Dans tous ces pays, la présence des juifs
remontait pourtant à des temps immémoriaux. Parfois, elle précédait même celle
des arabes. Et ces juifs là n'étaient pas des "colons". Leur présence n'était
pas le fruit d'une occupation militaire. Ils n'étaient pas armés non plus, comme
ceux de Gaza. N'empêche qu'il leur fallut plier bagage.
Un million de juifs ont dû ainsi quitter les pays arabes dans les années 50 et
60. Ce fut une épuration ethnique silencieuse dont personne ne s'émut. Tout se
passa comme si la population juive des pays arabes s'était confondue avec La
France coloniale, ses fonctionnaires, ses militaires et ses Pères Blancs boutés
hors de ces pays à l'indépendance. A l'époque, pas une voix ne s'éleva pour
crier à l'amalguame. Il n'y eut pas un mot de consolation pour ceux qui durent
partir du jour au lendemain en laissant tout derrière soi.
Tandis que les palestiniens chassés de Palestine s'inventaient en exil un
nationalisme héroïque, les juifs chassés par le nationalisme arabe se
contentaient de refaire leur vie ailleurs. Qui en France, qui au Canada, et qui
surtout en Israël .... Or ce sont ces juifs là qu'on a chassés de Gaza; encore
eux, qu'on a évincés d'un (futur) pays arabe; les mêmes juifs cinquante ans
après, toujours aussi indésirables chez les arabes.
L'histoire se répèterait-elle ? Deviendrait-elle rengaine ? Alors, pendant qu'il
est encore temps, posons la question qui fâche : y aura-t-il des juifs en
Palestine ? Dans le futur Etat palestinien, s'entend. Cet Etat là sera-t-il
réservé aux seuls musulmans et à une infime minorité chrétienne, ou bien sa
population sera-t-elle mâtinée de juifs ?
A condition qu'ils soient désarmés et qu'ils respectent la légalité de ce futur
Etat, pourquoi les juifs israéliens qui s'y trouvent dèja ne pourraient-ils pas
continuer à y vivre ? A condition aussi que l'Etat palestinien assure leur
sécurité, voire qu'il leur accorde la nationalité palestinienne.... Il y a bien
un gros million de palestiniens en Israël et personne ne songerait à les
transférer de l'autre côté du Jourdain.
En tous cas voilà un enjeu majeur pour l'identité de l'Etat palestinien que de
dire s'il y aura ou non des juifs dans sa population. Malheureusement, tel qu'il
se profile pour l'instant, cet Etat prend modèle sur le nationalisme arabe des
années 50, avec notamment une recomposition exclusivement arabo-musulmane de sa
population.... et "raoust juden" comme d'hab ! Ne nous fions pas à l'exemple de
Gaza car ce qui a pu fonctionner à Gaza malgrè les cris et les larmes, ne
fonctionnera pas dans le reste des Territoires vu le nombre de colons et la
dissémination des implantations. On sait que nul ne pourra chasser par la force
les centaines de milliers d'israéliens qui y sont installés, et certains depuis
plus de trente ans. Ou alors ce sera un bain de sang, un chaos indescriptible,
une horreur. Aucun dirigeant israélien ne prendra ce risque, non seulement par
conviction mais aussi parce que l'ensemble de la population israélienne est
profondément marquée par l'épuration ethnique qui a eu lieu au cours des années
50 et 60 dans les pays arabes.
Il faut que l'on comprenne enfin que l'inconscient collectif israélien est
davantage structuré par cette épuration que par Auschwitz, et qu'elle détermine
toutes les réactions de ce peuple. Tant qu'on n'aura pas appelé par son nom la
déjudaïsation des pays arabes, aucun israélien ne trouvera juste de quitter les
Territoires. Il ne s'agit pas d'une position politique extrémiste mais
l'expression d'un trauma; une plaie encore béante dans le coeur de tous les
juifs orientaux.
Voilà pourquoi les dirigeants palestiniens devraient rompre avec les pratiques
du nationalisme arabe et le dire; rompre aussi avec l'idée que les transferts de
population peuvent se faire aussi facilement que le déplacement de pions sur un
échiquier. Si on prenait au sérieux les revendications palestiniennes en la
matière (retour des réfugiés et évacuation des colonies) on retrouverait
plusieurs millions de personnes sur les routes entre La Galilée et La Mer Rouge,
comme lors de la partition de l'Inde en 1947, avec les massacres qui
s'ensuivirent. Il faut que les palestiniens se résolvent à penser autrement.
Tant qu'ils continueront à confondre la tutelle militaire d'Israël et la
présence juive sur leur territoire, il n'y aura pas de dénouement. Qu'ils
déclarent inacceptable l'occupation mais acceptable la population juive dèja
présente, et tout sera différent. Qu'ils garantissent à ces juifs les mêmes
droits que l'Etat israélien garantit aux musulmans installés dans ses
frontières, et tout deviendra possible. En bref, il faut qu'ils passent du
modèle arabe de libération nationale au modèle sud-africain. Là-bas, les
fanatiques ont dû se plier devant la nouvelle réalité parce que Mandela n'a
surtout pas imposé aux blancs la fameuse alternative du FLN algérien imposé aux
pieds-noirs : la valise ou le cercueil. Au contraire, l'idée juste et grande de
Mandela aura été de garantir d'abord à tous les habitants, blancs ou noirs, leur
droit de vivre en Afrique du Sud. Le droit du sol, en quelque sorte. C'est
pourquoi il n'y a pas eu là-bas de "remake" du drame algérien. Et le droit du
sol qui a primé en Afrique du Sud doit primer dans un Moyen-Orient pacifié dont
tout le monde rêve, à part les fanatiques.
Marco KOSKAS, Ecrivain.
| | Accueil | Annonces | Arts | Calendar | Cartes | Chat | Commentaires | Communautés | Coutumes | Culture | Délires | |
| | Enregistrement | e-Souks | Forum | Fun | Galerie Photo | Genealogie | Harissatheque | Histoire | JRencontre | |
| | Kandil | KesTuCherch | La bouffe | Links | Loterie | Medias | Musique | Objectif | Paracha | Plan du site | Portail | |
| | Recherche | Religion | Sommaire | Sondages | Souvenirs | Telecom | Tunes Célèbres | Voyages | |
Pour toutes informations, critiques et commentaires, envoyez un émail a :